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Actu-Environnement

Le marché des énergies renouvelables devrait peser plus de 40 milliards de dollars d'ici 2010.

Selon les projections de l'Évaluation de l'énergie mondiale réalisée par le Programme des Nations Unis pour l'Environnement, le marché mondial des énergies renouvelables devrait atteindre entre 40 et 78 milliards de dollars par an d'ici 2010.

Energie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Les énergies renouvelables, ENR, (hydraulique, éolien, photovoltaïque, solaire thermique, géothermie, biomasse, biogaz et pile à combustible) sont placées, depuis quelques années, au centre des débats portant sur l'environnement, et plus généralement le développement durable. Les atouts en matière de protection de l'environnement de ces sources d'énergie sont indéniables : elles n'émettent en effet que peu ou pas du tout de rejets polluants gazeux durant leur phase d'exploitation.
Le marché des ENR est actuellement tiré par l'éolien et le solaire. Les capacités de production d'électricité à partir de ces deux technologies augmentent d'environ 30 % par an en moyenne depuis une dizaine d'années. Selon les projections de l'Évaluation de l'énergie mondiale réalisée par le Programme des Nations Unis pour l'Environnement (PNUE), le marché mondial des énergies renouvelables (ENR) devrait atteindre entre 40 et 78 milliards de dollars par an d'ici 2010. Le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) estime les marchés mondiaux des technologies liées à l'efficacité énergétique à 87 milliards de dollars sur les trente prochaines années. Ce marché contraste donc singulièrement avec les autres marchés énergétiques qui évoluent globalement au rythme de l'économie.

Le potentiel du marché français :

Avec un fort potentiel hydraulique et géothermique, la première forêt d'Europe occidentale et le deuxième gisement éolien, la France est le premier producteur et le premier consommateur d'ENR d'Europe devant l'Allemagne, l'Espagne et le Danemark. La production française d'énergies renouvelables s'est élevée en 2004 à 18,3 Mtep. Les énergies renouvelables contribuent aujourd'hui à satisfaire près de 7 % de notre consommation finale d'énergie.
En effet, la production d'électricité d'origine renouvelable a progressé de 1,4% en 2004 et représente 12,9% de la production totale d'électricité en France. L'hydraulique fournit 92% de la production, devançant de loin les déchets urbains solides (4,7%), le bois et les déchets de bois (2%). La part des autres énergies (éolien, biogaz, solaire) reste marginale, au total 1,5% de la production malgré la forte croissance de l'éolien (+ 46%).
La production thermique d'origine renouvelable a, quant à elle, progressé de 2,5% en 2004. Le bois et ses déchets ont constitué 82,3% de la production. Viennent ensuite : les déchets urbains solides (7,7%), les biocarburants (4,3%) qui ont progressé de 11%, les pompes à chaleur (3%) et la géothermie (1,2%). La part de chacune des autres énergies est restée inférieure à 1%.

Le marché français de l'énergie s'élevait à 135 Md€ en 2004 avec une croissance de 7,2% par rapport à 2003 dont 1,2Md€ pour les énergies renouvelables. Mais malgré les efforts consentis, le développement des énergies renouvelables reste en France bien inférieur à son potentiel. Le coût des ENR expliquerait en partie cette réticence. En effet, la répartition des coûts entre les énergies classiques et les ENR est différente. Les énergies classiques sont exploitées depuis plusieurs années et leur coût intègre le retour d'expérience et les économies d'échelle réalisées. Pour les ENR, l'investissement de départ représente l'essentiel du coût surtout à cause du coût de fabrication des machines. En revanche, contrairement aux énergies classiques les coûts d'installation et d'exploitation des ENR sont relativement peu importants. De plus, le coût du kWh issu des ENR est relativement stable, avantage significatif dans un contexte où le cours des énergies fossiles ne cesse de varier.
Le développement des ENR est également freiné par les procédures d'autorisation administratives souvent trop longues et la difficulté d'accès au réseau électrique. L'agence Européenne de l'Environnement a démontré que les pays qui avaient levé les barrières administratives étaient logiquement ceux où le développement des ENR était le plus important.

Au vu de toutes ces problématiques, il semblerait que, seule l'énergie éolienne offre des opportunités à courts termes pour rivaliser avec les centrales classiques. Toutefois, les puissances exploitables sont nettement différentes. Le coût de production des autres ENR resterait très nettement supérieur à celui des énergies classiques repoussant la diffusion rapide de ces technologies.

Entreprises et investissements du secteur :

Les sociétés leader sur le marché, toutes ENR confondus sont les sociétés Iberdrola (Espagne), Suez Energie (France), Shell Renewables (Angleterre), EHN (Espagne) et Siif (France).
Dans le domaine du solaire photovoltaïque les sociétés SHARP (Japon), BP Solar (Angleterre) et Total Energie (France) sont à la tête du marché. Pour l'éolien, les sociétés Vestas (Danemark), Gamesa Eolica (Espagne), Enercon (All), Siemens Wind Power Bonus Energy A/S (Danemark), GE Wind (USA), JEUMONT SA (Français) et Vergnet (France) sortent du lot.

Les principaux investisseurs mondiaux dans le domaine de l'énergie sont les Etats-Unis et le Japon avec respectivement 1400 M€ et 1000 M€. Les deux pays investissent des montants très élevés comparables dans le domaine des ENR (250 M€/an) ainsi que dans celui de l'efficacité énergétique (500 M€/an) et de l'hydrogène/pile à combustible (200 M€/an). Le seul secteur qui les différencie nettement est celui des énergies fossiles qui mobilise aux États- Unis 500 M€ par an contre 100 M€ par an au Japon.
La filière « hydrogène-pile à combustible » est privilégiée par ces deux pays. Les États-Unis comptent privilégier deux voies de production de l'hydrogène : l'une à partir du charbon l'autre à partir de nucléaire. Le Japon est, quant à lui, axé sur la technologie des cellules photovoltaïques, secteur dans lequel il dispose d'une position mondiale forte mais mise également sur la pile à combustible pour réduire sa dépendance énergétique.

Au niveau européen, les efforts financiers engagés par les Etats Membres en matière de recherche sur l'énergie (hors nucléaire) s'élèvent à 950 M€ par an. La demande de brevets européens dans le domaine de l'énergie suit depuis 1998 une nette progression qui résulte en partie de l'augmentation de nombre de demandes dans les domaines des piles à combustibles (421 demandes en 2002, contre 281 en 2001) et de l'hydrogène (166 contre 131).

Au niveau national, la recherche du secteur privé consacre près de 500 M€ aux activités de recherche fondamentales et technologiques dans le domaine de l'énergie et de l'environnement. Cinq domaines sont concernés : le programme hydrogène-pile à combustible, la séparation et le stockage du CO2, l'électricité solaire photovoltaïque, la maîtrise de l'énergie dans les bâtiments et les bioénergies.

Innovations technologiques :

Ces investissements en recherche et développement entraînent des innovations technologiques qui portent principalement sur les énergies renouvelables.
Dans l'éolien, les innovations concernent surtout l'optimisation des aérogénérateurs en termes de puissance.
Les évolutions dans le solaire photovoltaïque portent sur les matériaux polymères et l'intégration des générateurs photovoltaïques à l'enveloppe des bâtiments.
La géothermie, quant à elle, voit ses méthodes et ses équipements évoluer pour permettre l'inventaire des zones favorables, l'amélioration des techniques de forage et l'optimisation des pompes à chaleur.
Les axes de recherche sur la biomasse se portent d'une part sur la contribution à fournir de l'énergie (électricité, chaleur, carburants) en accroissant la productivité et d'autre part sur de nouveaux produits pour la substitution des matières premières chimique.
Enfin il ne faut pas oublier la filière de l'hydrogène qui, même si elle n'a pas encore dépassé le stade de l'émergence, est une voie très étudiée dans les transports. Actuellement une des rares applications réellement industrielles de l'hydrogène-énergie dans le transport est la propulsion spatiale à travers les moteurs cryogéniques alimentés en hydrogène et oxygène liquides d'Ariane 5. Mais depuis l'expérience du GPL les consommateurs sont peu favorables à une énergie explosive de type hydrogène liquide et les services des mines ne délivrent pas de certification d'immatriculation pour ce type de moteur. Dès lors les nouveaux développements se portent principalement sur un moteur nouvelle génération (pile à combustible combiné à de l'alcool). L'hydrogène est ainsi produit lors de la combustion au sein même du moteur par catalyse chimique et n'est donc pas stocké dans un réservoir de la voiture.

Source : synthèse « Le marché de l'énergie » du service marketing de Pollutec
POLLUTEC 2005 : 29 NOVEMBRE - 2 DECEMBRE - PARIS NORD VILLEPINTE

Réactions1 réaction à cet article

 
merci

des informations globales intéressantes qui font sens et qui nous donnent une photo de la situation.
Claude - un intéressé !

cameleon | 26 mars 2008 à 18h01
 
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