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Actu-Environnement

L'hydrogène énergie poursuit son développement

Que ce soit pour sa production, son transport ou son stockage, l'hydrogène constitue un sujet de recherche très prometteur. Les applications se développent mais certaines ne seront réellement commercialisées que dans 15 ou 20 ans.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Depuis l'essor du moteur de fusée à hydrogène durant la seconde moitié du XXème siècle, l'hydrogène continue à séduire la recherche et dans un contexte actuel de réchauffement climatique et d'énergie fossiles chères et limitées, ses propriétés sont appréciées. L'hydrogène énergie est plus que jamais étudiée sous tous les angles.

Gaz non toxique dont la combustion est très énergétique, l'hydrogène n'existe pas à l'état libre dans la nature mais seulement à l'état combiné dans l'eau et les hydrocarbures par exemple. Il est intéressant dans le sens où il permet de produire de la chaleur par combustion directe mais aussi de produire de l'électricité dans les piles à combustible (PAC), avec comme seul résidu de l'eau.

L'hydrogène est produit à partir de combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon), à partir de l'eau par électrolyse, photoélectrolyse ou dissociation thermochimique. Actuellement les hydrocarbures assurent plus de 90% de la fabrication traditionnelle de l'hydrogène avec la prédominance du gaz naturel mais ces techniques entraînent la libération de CO2. Elles ne sont donc valables sur le plan environnemental que si le CO2 est stocké. De nombreuses recherches sont donc menées pour améliorer la technique en vue de diminuer les émissions de CO2 et de développer les modes de stockage.
En ce qui concerne les autres modes de production, les techniques sont encore à l'étude et les conditions de mise en œuvre dépendent de nombreux facteurs. L'électrolyse par exemple représente aujourd'hui moins de 1% de la capacité totale de production de l'hydrogène et n'est utilisée que si l'électricité est bon marché et/ou si une pureté élevée de l'hydrogène produit est requise.

L'hydrogène est actuellement et principalement utilisé dans l'industrie, tout particulièrement dans le raffinage des hydrocarbures et dans les industries chimiques et pétrochimiques. L'Agence Internationale de l'Energie estime la production mondiale à 45 Mt par an soit 1,5 % de la production mondiale d'énergie primaire dont 5,85 Mt pour l'Europe.
D'autres utilisations de l'hydrogène sont possibles et font l'objet de nombreuses recherches. Il pourrait être utilisé directement dans des moteurs à combustion dans les secteurs de l'industrie ou des transports. Mais pour le secteur industriel son prix est encore trop élevé (4,65 c€/kWh) par rapport au gaz naturel (2,6 c€/kWh ) ou à l'essence (2,8 c€/kWh). Les constructeurs automobiles sont quant à eux de plus en plus intéressés mais la technologie nécessite encore des progrès en termes de rendements des moteurs. De plus, sur le plan environnemental, il n'y a aucun avantage puisque comme toute combustion celle de l'hydrogène entraîne le rejet d'oxydes d'azote (NOx) dans l'atmosphère.

Les piles à combustibles restent donc le domaine de prédilection de l'utilisation de l'hydrogène et peuvent s'appliquer dans l'électronique portable, les transports (automobile, bateaux, avions) ou les bâtiments. Associée à l'électrolyse (fabrication d'hydrogène à partir d'eau et d'électricité), elle permet également d'envisager une forme de stockage de l'électricité en particulier celle issue des énergies renouvelables.
Dans le secteur de l'électronique, les recherches ont considérablement avancé. En 2007, les premières PAC miniatures pour téléphones et ordinateurs portables vont être commercialisées. Alimentées en méthanol ou en hydrogène ces piles de faible puissance permettent d'augmenter l'autonomie des appareils.
Dans le bâtiment, les installations sont disparates et la première démonstration française a eu lieu en 2000 dans la ville de Chelles. La pile à combustible alimente 200 équivalent logement en électricité. L'hydrogène est produit sur place à partir de gaz naturel du réseau de la ville. La chaleur dégagée par la pile est récupérée et alimente le réseau de chauffage urbain de 100 logements.
Dans le transport, plusieurs technologies sont en cours de développement et différent selon si l'hydrogène est produit ou non à bord du véhicule. En 2005, plus de 600 piles à combustibles mobiles étaient en circulation dans le monde, tout type de transports confondus (deux roues, véhicules, sous-marin scientifiques, etc).
Mais si l'hydrogène était amené à devenir un vecteur énergétique largement répandu, sa production future serait un problème majeur. Dans le domaine des transports par exemple, l'Europe compte actuellement 800 millions de véhicules. Avec sa production actuelle d'hydrogène (20 milliards de m3 par an) elle ne pourrait en alimenter que 10 millions et devrait donc considérablement augmenter sa production. Adopter l'hydrogène comme vecteur énergétique demande donc un certain nombre de progrès tant au niveau de sa production, de son transport et stockage, de sa distribution, de la sécurité de son utilisation et enfin au niveau des piles à combustibles.

D'autre part, les sites d'utilisation de l'hydrogène n'étant pas les mêmes que ceux de production, le transport de l'hydrogène est inévitable. Actuellement l'hydrogène est transporté sous sa forme gazeuse sous pression par un réseau de pipeline. L'Europe de l'Ouest possède le plus grand réseau, environ 1500 km à comparer aux 900 km existants aux USA. Les principaux pays européens utilisant des pipelines d'hydrogène sont la France, l'Allemagne et le Benelux. Ce mode de distribution s'avère être le plus économique et sera probablement amené à connaître une forte croissance dans les années qui viennent. Selon certaines études, une adaptation des réseaux actuels de distribution de gaz naturel au transport de l'hydrogène semble être possible dans certaines conditions.
L'hydrogène peut être également transporté sous forme cryogénique. L'abaissement de la température permet de liquéfier l'hydrogène qui est alors transportable par route ou par mer.

Avant toute utilisation l'hydrogène doit être stocké sous forme de gaz sous pression ou sous forme liquide. De nombreuses études sont en cours pour faciliter les conditions de stockage et assurer la sécurité des sites.
Cette notion devient une problématique majeure dans le cadre de l'utilisation d'hydrogène en tant que carburant pour véhicule. Le passage d'une utilisation industrielle à une utilisation domestique est un enjeu crucial. Le principal risque lié à l'utilisation de l'hydrogène est le risque d'explosion. Lorsqu 'il est mélangé à l'air dans des proportions comprises entre 4 et 75% du volume, l'hydrogène est explosif et l'énergie nécessaire à l'inflammation du mélange est extrêmement basse. Il faut donc éviter tout risques de fuite et d'accumulation dans un milieu confiné au niveau du stockage. L'INERIS mène depuis plusieurs années des études sur le sujet et plus particulièrement sur la résistance des réservoirs destinés aux véhicules à hydrogène.

Utiliser l'hydrogène à grande échelle sous-entend également le distribuer. À l'instar de ce qui existe aujourd'hui pour les carburants pétroliers, la distribution de l'hydrogène devra rendre ce carburant disponible en tout lieu, en toute sécurité, d'une manière commode et à un prix abordable. Cela impose donc des exigences au niveau de la production, du stockage, du transport, et de l'installation de distribution proprement dite. Une station-service à hydrogène présente l'avantage de pouvoir être alimentée directement sur place puisque l'hydrogène peut en principe être obtenu en tout lieu à partir de toute énergie qu'elle soit renouvelable, nucléaire ou provienne de combustibles fossiles.
Déjà une centaine de stations-service existent dans le monde notamment aux Etats-Unis où l'état de Californie a lancé un grand projet d'autoroute équipée de station-service à hydrogène. En mars 2005, déjà 16 stations étaient installées pour 95 véhicules. En 2010, 2000 véhicules sont prévus avec 100 stations-service.


Ainsi, beaucoup d'incertitude persistent et de nombreux points doivent encore être définis, testés et approuvés pour voir la filière hydrogène énergie se développer. Que ce soit en Amérique du nord, en Europe ou en Asie, des travaux de recherche fondamentale, appliquée et de développement sont en cours. Les Etats-Unis ont prévu d'investir 4 milliards de dollars, l'Europe 50 Millions de dollars par an et la Chine 85 millions de dollars pour le développement des piles à combustible.
À court terme, les perspectives de développement sont concentrées dans l'électronique portable avec une commercialisation d'ici 2 à 3 ans. En revanche, les autres applications seront effectives à moyen ou long terme. On estime, par exemple, que l'utilisation de l'hydrogène dans les transports publics ne verra réellement le jour que dans 10 ans et 15 ou 20 ans pour les véhicules particuliers.

Réactions23 réactions à cet article

 
illusion PC, téléphone mobile, internet ?

Ecrire "illusion hydrogène" aujourd'hui, c'est un peu comme écrire "illusion ordinateur personnel" en 1980, "illusion téléphone mobile" en 1985, ou "illusion internet" en 1990... Même s'il faut aussi se garder de provoquer une bulle spéculative, l'excès de scepticisme peut empêcher de prendre en compte les progrès tangibles notamment sur la pile à combustible, à l'aune des investissements réalisés. L'article indique bien que le methanol sera probablement le 1er vecteur hydrogène pour la PAC (2006-7), et il serait fort surprenant que la production d'hydrogène d'origine renouvelable à coût acceptable ne coïncide pas avec la montée des coûts économiques & environnementaux du fossile et la généralisation de la PAC (2015-2025?). Ce qui est navrant, en revanche, c'est de voir que ce n'est pas encore trop bien parti en France. "Impossible n'est pas français"? A lire certaines réactions, on en doute... Allez, le pire n'est jamais certain, donc ne nous désespérons pas tout de suite.
P.H.

Patrick Hubert, FinÆnviro
 
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Re:Technique méritant d'aller plus loin

Oui ! combien ça coute !
Une sujétion bien complexe...

Sans rentrer dans le paramètre "emploi" .
Le seul paramètre "santé publique" et répercussion , le trou de la sécu , les arrêts maladies multiples dûs à certaines industries polluantes , lourdes de conséquences sur ce plan là.

Mais de toutes manières : nous allons où comme ça ?

roger-mariner

roger-marine
 
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économie hydrogène = zéro !

Je ne souscris absolument pas à la vision de Jeremy RIFKIN et à celle de cet article.
Effet de mode et de désarroi, l'hydrogène, ce chérubin de la matière, ne pourra nous empêcher tôt ou tard de faire face aux réalités.
La décroissance est la seule voie à suivre pour l'instant : imagine-t-on faire tourner des semi remorques avec H2 sous prétexte que cela ne pollue pas ?
Les rendements et les possibilités de cette toute petite molécule ne sont pas infinies.

Pierrre | 22 décembre 2005 à 10h48
 
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Technique méritant d'aller plus loin

merci de cet article à l'auteur.

Bonne maîtrise du sujet avec les données d'aujourd'hui.

Je voulais dire que l'hydrogène a, son coté revers de médaille et qu'en temps que combustible utilisé il va dégager comme les autres d'ailleurs plein de dioxide d'azote.
Mais en relisant l'article je vois que l'auteur en parle et qu'il y a pensé.
Donc acte

citoyen lamda Francais-moyen e | 22 décembre 2005 à 10h50
 
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Re:économie hydrogène = zéro !

Décroissance quand tu nous tiens....

L'hydrogéne n'est pas une énergie, mais un VECTEUR d'énergie, ce qui n'est pas la même chose.

L'importance est donc son mode de fabrication. Si ce dernier est propre, pourquoi ne pas l'envisager comme une solution ?

Dérrière cette décroissance se cache plus une lutte des classes contemporaine qu'une avancée écologique.
Vos considérations ne sont pas celles de notre société.

Cordialement

M.G | 22 décembre 2005 à 13h07
 
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illusion Hydrogène

l'hydrogène n'existe pas dans la nature. Avant de fabriquer de l'électricité à partir de l'hydrogène, il faudra fabriquer de l'hydrogène à partir de l'électricité.
A ce jour, 95% de l'H2 fabriqué l'est à partir des produits fossiles, ce qui ne résout pas le problème.
S'il faut fabriquer l'H2 à partir des centrales nucléaires, et compte tenu des rendements, il faudrait tripler le nombre de centrales nucléaires!...
En effet, d'après les documents officiels MINEFI-DGEMP (direction générale de l'environnement et des matières premières), la consommation finale d'énergie électrique était en 2000 de 34 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole).
De même source, sur le graphique"consommation énergétique par secteur, on peut mesurer en 2000, 50 Mtep consommés par les transports.
On voit tout de suite que, même à rendement identique et sans tenir compte de l'énergie nécessaire pour la compression et l'acheminement de l'H2, un doublement des centrales nucléaires serait loin de pouvoir fournir l'H2 nécessaire aux transports.
Ne bercez pas vos lecteurs et, plus grave, vos élus d'illusions! Nous allons vers une crise majeure à laquelle il faut se préparer sans se cacher la tête dans le sable comme les autruches!
Sincèrement
Bernard THIERRY, ingénieur ICAM, président de DARLY

b.thierry | 22 décembre 2005 à 13h53
 
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Re:économie hydrogène = zéro !

Il faut soutenir toutes les voies de développement énergétiques...

L'hydrogène a sans aucun doute des avantages (comme sa grande disponibilité partout sur la planète) et des inconvénients (comme le fait qu'il rejette du CO2) mais il reste une voie qui offre de bonnes perspectives à long terme et dont la maîtrise peut promettre un bon confort énergétique.

En effet ces domaines d’application touchent absolument tous les secteurs : de l’électronique aux transports en passant par l’habitat et l’industrie. Il n’y a pas de limites, des fusées marchent bien à l’hydrogène. Le problème des semi-remorques est que nous voulons absolument faire évoluer l’hydrogène dans nos anciens moteurs dont le principe (le moteur à explosion) remonte à … très longtemps ! Il faut arrêter de raisonner avec cette approche « end of pipe » (ou mesures en fin de chaîne, évidentes dans la gestion de nos déchets) et penser plus en amont de nouvelles technologies…

L'hydrogène restera peut-être un complément aux autres énergies mais tous les compléments sont bons à prendre pour ne pas surexploiter d'autres ressources.
La multiplication des sources énergétiques sera sûrement à l'origine de notre effective maîtrise énergétique. Il faut en premier lieu promouvoir les ressources locales qui restent la solution la plus intelligente de gestion de notre environnement naturel et continuer à soutenir toutes les voies de développement énergétiques.

Etudiant en MEE

Fruitox | 22 décembre 2005 à 16h45
 
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Re:économie hydrogène = zéro !

Je partage votre analyse Fruitox.

Mais pour corriger, l'hydrogéne ne dégage pas de CO2, hormis dans sa phase de production, si celui-ci est fabriqué à partir d'énergies fossiles ou nucléaire.

A partir d'une électricité d'origine photovoltaïque, éolienne, voire d'hydraulique je ne vois pas pourquoi cet hydrogène générerait du CO2 ?? Ou alors y'a quelque chose qui m'échappe !?

G.M | 22 décembre 2005 à 17h05
 
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Re:illusion Hydrogène

Peut-être est-il également possible de récupérer l'électricité produite de nuit par ces mêmes centrales nucléaires et ainsi la convertir en un vecteur de stockage.

Que fait-on de toute cette électricité produite et non consommée entre 22:00h et 06:00h, si ce n'est réchauffer les câbles électriques et nos voisins européens ? :

La sobriété pourrait-elle alors se faire sur des usages non spécifiques ou encore l'éclairage public, les cumulus électriques, veilles, etc, chauffage ?

G.M | 22 décembre 2005 à 17h07
 
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Re:économie hydrogène = zéro !

Effectivement G.M,

une PAC par exemple ne rejette que de la vapeur d'eau mais par contre l'énergie utilisée pour sa production est pour l'instant issue de combustibles fossiles.

L'énergie grise est un problème qu'il faut savoir mettre de coté pour faire le point sur les avantages des nouvelles énergies mais qu'il faut garder en conscience dans la mesure où une débauche d'énergie pour produire un système ne serait absolument pas une solution. Mais nous n'en somme pas là heureusement, et à part quelques voies de PAC assez polluantes les autres le sont moins que les systèmes conventionnels ( fioul, essence...) surtout si on y ajoute la pollution au cours du fonctionnement...

Bref longue vie à l'hydrogène!
et qu'il fasse tout ce qu'il peut pour sauver notre planète

fruitox | 22 décembre 2005 à 17h30
 
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Re:économie hydrogène = zéro !

Un des problèmes de base est de réfléchir à la mobilité tant vantée depuis trente ans.
Que l'on soit mobile dans sa vie professsionnelle, ou à l'occasion de loisir exceptionnels, cela peut s'entendre.
Mais la mobilité quotidienne, est un non sens au regard de l'Histoire : les embouteillages à l'américaine des années 70 se sont généralisés à la planète entière.
C'est merveilleux car les combustibles brûlés en pure perte participent à la croissance économique !

Foin de l'ITER et de l'hydrogène, la véritable révolution énergétique à venir serait de maîtriser davantage encore les matériaux supraconducteurs 'et de pouvoir développer les transports à sustentation magnétique.

N'ayons pas des attitudes typiquement françaises. Regardons les choses en face. Les trente glorieuses s'éloignent sans re.tour.
Bien à vous

Pierre | 22 décembre 2005 à 17h55
 
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Re:illusion Hydrogène

Effectivement B. Thierry a malheureusement raison : le rendement de l'usage de l'hydrogène pour propulser des véhicules est ridiculement faible, donc très coûteux car :
- il faut produire cet hydrogène,
- il faut le stocker,
- il faut le livrer au point de vente,
- il faut :
+ le compresser (dans des réservoirs qui pèsent 20 fois le poids de l'hydrogène contenu) ou,
+ le liquéfier (ce qui va consommer 30 % de l'énergie que cet hydrogène pourra produire) pour que son volume soit compatible avec la place disponible dans le véhicule;
- et il faut assurer la sécurité de son usage : ce qui n'est pas le moindre problème.
Tout cela consomme de l'énergie. et le rendement final de l'usage de l'hydrogène en incluant les opérations citées ci-dessus est prohibitif.

On estime aujourd'hui que l'unité d'énergie hydrogène sera 10 fois plus chère en 2050 que l'unité d'énergie par carburant liquide (hydrocarbure ou de synthèse)

Donc sauf rupture technologique majeure l'usage de l'hydrogène semble limité à des niches : moteur de fusées, piles pour satellites.

Et il est DRAMATIQUE de voir certains responsables "politiques" et autres ne pas comprendre ce constat de bon sens.

Jean Ogier, ingénieur ECAM.

ogier.jean | 22 décembre 2005 à 18h51
 
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Re:économie hydrogène = zéro !

@ fruitox :

J'approuve une fois de plus votre point de vue, à la différence que dans le cas de l'énergie nécessaire à la production d'une Pile A Combustible je le rapproche à celle nécessaire à la production d'un moteur thermique ou d'une chaudiére.

Malgré tout cette énergie doit être supérieure dans le cas de la fonte pour un moteur thermique comparativement à la production d'une PAC.

G.M | 22 décembre 2005 à 18h57
 
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Re:Technique méritant d'aller plus loin

Soyons positif, l'article est plutôt assez complet.

Toutefois lorsque l'on parle d'hydrogène il ne faut pas masquer les difficultés et les limites actuelles : une énergie d'origine est toujours nécessaire... du renouvelable ce serait bien mieux que du pétrole, mais C + cher.

Raphaël | 23 décembre 2005 à 20h20
 
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Re:Technique méritant d'aller plus loin

Plus cher plus cher, nous avons toujours ces mots là à la bouche.......

Il faut voir ce qui est comptabilisé dans le prix effectif d'un produit....
La pollution est loin d'être prise en compte, ca pourrait l'être dans les assurances de voiture au pétrole mais ca ne l'est pas...

Et puis calculé le coût de la dépollution........ c pas mal tout ca.

Freddau | 03 janvier 2006 à 17h10
 
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Re:illusion Hydrogène

J'approuve entièrement les critiques qui montrent que l'hydrogène est une illusion.

Et encore le tableau décrit est optimiste.

Ne serait-il pas temps d'apprendre à faire un écobilan berceau-tombe, voire simplement un rapport énergie produite/ énergie investie sur toute une filière avant de s'ébaubir sur des solutions juste bonnes pour politiciens en mal de popularité ?

Il y a une différence de taille entre un téléphone portable voire un ordinateur portable quand à l'énergie nécessaire, en quantité et en intensité, à leur fonctionnement, et une voiture. Il n'y a aucune commune mesure entre propulser une tonne à 100 km/h contre le frottement de la route et de l'air et envoyer des micro-ondes d'antenne à antenne pour relayer de l'information numérique. D'un côté il faut propulser la tonne de matière à chaque seconde, de l'autre il faut faire transiter un signal sur le bruit.

Jusqu'à nouvel ordre, les lois de la thermodynamique s'appliquent toujours.

Ainsi, même si on est dans un paradigme de croissance continue, donc infinie, dans un monde fini, donc impossible mais on aime ca et c'est assez le style de ce site, pourquoi devrait-on se fatiguer à produire de l'électricité pour produire de l'hydrogène pour produire de l'électricité pour produire du mouvement? Parce qu'on peut stocker l'hydrogène ? Et on ne peut pas stocker l'électricité ? Pas bien je vous l'accorde, mais à priori pas plus mal que l'hydrogène... et le rendement du moteur électrique, ca vaut celui de n'importe quel autre moteur. Donc question filière je demande à voir!

En vertu de quelle loi thermodynamique devrait-on donc préférer un circuit long à un circuit plus court ? Même un collégien armé du Second Principe vous démoli cela en quelques arguments. Alors pourquoi ? Parce que ça fait bien ? Parce qu'il ne faudrait point nous traumatiser par une rupture avec le temps où on "faisait le plein" ?

Je n'ai pas dit que le moteur électrique allait nous en sortir. Je n'y crois pas plus. Le moteur électrique fait partie d'une filière, l'électricité aussi, et dito le photovoltaïque, le biodiesel etc. Il faut faire l'écobilan berceau-tombe d'une filière avant d'en parler. C'est là qu'on s'aperçoit qu'on nage en pleine illusion. Et que nous sommes dopés au pétrole à un point inimaginable. Que la filière qui est la plus productive pour l'instant, c'est l'efficacité. Je le vois dans mon travail de tous les jours, car tuer de la consommation, c'est mon travail.

Je suis désolé, mais les temps à venir s'annoncent très mal pour une certaine conception de la civilisation et de la mobilité.

Salutations cordiales et bonne chance à nous tous. Pascal

Pascal Cretton, ingénieur EPFL | 10 janvier 2006 à 02h59
 
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Re:illusion Hydrogène

Bonjour à tous,

Au vue de nombreuses réactions à cet article, nous estimons nécessaire de prendre la parole. Il apparaît en effet que si certains ne sont pas convaincus par l'hydrogène énergie, il ne demeure pas moins que nous ne soutenons pas cette solution plus que d'autre comme certains le laisse entendre.

Notre site se veut un site d'actualité générale sur l'environnement, ouvert et dont les articles relatent le monde environnemental tel qu'il est ou qu'il évolue sans partie prit ni connivence. Cogiterra qui édite Actu-Environnement est une société privée et indépendante de toute affiliation politique, idéologique ou industrielle et n'a aucun intérêt direct à promotionner une solution technique plus qu'une autre. Dès lors, nous estimons regrettable que certains pensent qu'il existe des sujets dont il ne faudrait pas traiter (Hydrogène en l'occurrence, nucléaire etc…). Si Actu-Environnement devenait un site aux contenus orientés tel qu'anti-nucléaire, anti-incinérateur, anti-industriel, anti-capitaliste etc… il deviendrait un outils de propagande vide de tout intérêt.

Cordialement

La rédaction.

David Ascher & Carine Seghier | 10 janvier 2006 à 12h25
 
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PC, téléphone mobile, internet & voiture...

Pour rebondir sur les propos de P.Cretton, nous sommes d'accord, la filière la plus porteuse de potentiel immédiatement utilisable, c'est la maîtrise énergétique. Il n'y a pas besoin d'être ingénieur pour s'en rendre compte un peu partout.
Mon propos sur les PC, tél. mobiles et autres internet tenait plus à l'émergence de technologies ou filières, qu'à leur consommation énergétique : j'aurais pu aussi parler de l'automobile dont l'excentricité amusait les badauds en 1900. Vingt ans plus tard, les voitures à cheval étaient en voie de disparition.
Donc oui, aujourd'hui recherchons l'efficacité énergétique. Mais non, aujourd'hui ne nions pas le potentiel réel que va progressivement nous offrir l'hydrogène (qui pourra être combiné au stockage batterie si le rapport poids/énergie de ces dernières continue de s'améliorer... à coût acceptable). Le taxer d'illusion c'est se priver d'un des composants les plus propres du futur bouquet énergétique, lequel sera forcément diversifié.
Ce n'est pas de chance dont on a besoin, mais de vision, et d'ambition pour l'atteindre.

Patrick Hubert, FinÆnviro | 10 janvier 2006 à 14h21
 
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Re:Re:économie hydrogène = zéro !

Je réagis quand à votre erreur en ce qui concerne la production de Co2 avec l'hydrogène..Vous raisonnez encore comme ceux qui produise ce gaz à partir d'hydrocarbure. Effectivement aujourd'hui la manière autonome de produire de l'hydrogène consiste a "craquer" du propane...Mais si vous partez d'une énergie renouvelable et non polluante comme la force hydraulique, ce n'est pas la cas! Ceci j'ai même entendu un reponsable del'ADEME me dire que l consommation de l'hydro. contribuait à l'effet de serre...comme quoi...!
Mon père et moi avons déposé un brevet d'une unité autonome de production d'hydrogéne...Je vous assure qu'il y a de l'avenir avec ce gaz, mais il ne pourrat pas se subsituer aux hydrocarbures en totalité...
Amicalement

Erouan | 03 juin 2006 à 22h58
 
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Invitationà la réflexion...hydrogène OUI

Messieurs, j'ai bien lu vos articles et réactions...
L'hydrogène sera un des éléments énergétiques de demain, c'est incontournable! Mais je suis fortement étonné de voir que la plupart raisonnent encore "hydrocarbure" pour la production d'hydrogène! Je vous rappelle que le site le plus gros producteur actuellement est le barrage d'Assouan et cet hydrogène est destiné à la fabrication d'engrais!!! Nous avons dans notre la pays, la France, une inombrable mine de site non exploité pour la fabrication d'hydrogène. Comme on a redécouvert les moulins à vent pour les éoliennes, demain on ré-utilisera les moulins à eau! Mon père et moi nous y avons travaillé et déposé le brevet d'un système autonome qui produit de l'hydrogène sous pression (150 bars) avec les petits cours d'eaux secondaires qui n'intéressent pas EDF. Pour un débit de 323 litres à la sconde sous une chute de 3m, nous produisons 1 mêtre cube d'hydro. à l'heure, sans réseau avec une énergie renouvelable et sans pollution!...Pour ceux qui voudront plus de détails, je suis à leur disposition!

Erouan | 03 juin 2006 à 23h11
 
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Re:PC, téléphone mobile, internet & voiture...

Je suis un peu surpris des diverses réactions en particulier de celles d'ingénieurs à une volonté de réfléchir sur la filière "hydrogène".

Les combustiles fossiles vont avant de se raréfier coûter de plus en plus cher, et le nucléaire pose encore un problème de déchets que ce soit ceux connus pour la fission (flière uranium voire thorium...) que pour la fusion souvent qualifiée de propre alors que les neutrons ultra-énergétiques posent problèmes...

Certes actuellement se pose la production d'hydrogène base, le coût de sa transformation pour l'acheminer sur les lieux de consommation, et les modes d'utilisation (aquapile essentiellement aujourd'hui).

Il existe une diversité de moyens de produire de l'hydrogène base (gaz basse pression) qui sert en fait de mode de stockage pour d'autres énergies (je pense au solaire photovoltaïque, à l'éolien ou autres turbines comme celles des tours solaires... qui se trouveraient éparpillés dans des lieux ad hoc -plein océan déserts...-) avec bien sûr une perte de rendement (calculable) qui prend en compte la maintenance du parc productif.

Ensuite conditionner cet H2 et le transporter va mobiliser sans doute près de 50% de cette énergie (30% pour la liquéfaction, mais on peut aussi méthaniser) au pire. Il faut donc savoir si cela est possible et quel investissement, réparti sur plusieurs décennies, va permettre d'en assurer la production.

Si cet hydrogène base doit être dérivé de l'énergie solaire reçue annuellement, on peut calculer si cela est possible (en tenant compte du prélèvement photosynthétique planétaire assurant la vie... et de la chaudière atmosphérique pour le brassage de l'air). On pourra aussi calculer l'incidence ce cette production sur l'équilibre climatique planétaire qui est un bilan thermique, en ces temps d'alarme relative au réchauffement et à l'effet de serre ce n'est pas négligeable...

Enfin sur le plan de l'utilisation l'aquapile (pile à combustible H2 + O) est certes incontournable mais il est faux de penser que la combustion va produire de l'oxyde d'azote dès lors que l'on peut créer une combustion exclusive hydrogène oxygène ce qui peut se faire dans de grosses centrales thermiques qui produiront de l'électricité (très facilement adaptable à la demande selon le nombre de turbines) et de la vapeur d'eau chaude récupérable... qui finira par donner de l'eau douce !

Les véhicules frêt longues distances (camions, bateaux, avions...) peuvent être équipés de moteur turbine-jet à impact limité sur l'environnement. Le transport par train devra se développer comme les transport en commun. Les véhicules personnels courtes distances peuvent eux fonctionner sur le principe du moteur "Nègre" (air comprimé) qui a l'avantage de filtrer l'air des villes (et cela évite de rejeter de la vapeur d'eau brouillard préjudiciable à l'architecture et aux poumons...) et de pouvoir être rechargé dans des stations électriques peu coûteuses...

Voilà le principe général. Sur le plan géopolitique la production d'hydrogène base peut devenir planétaire et n'être donc plus un enjeu géostratégique quasi militaire(cela restera un enjeu économique et environnemental). Arriver à mettre en place un tel cycle (blue cycle) me semble être plus important que fonder ses espoirs sur l'ITER (larguer des calories in fine réchauffe la planète en plus de celles reçues du Soleil...).

Merci de votre patient intérêt !

Charles Valot

Charles Valot | 22 juin 2006 à 02h31
 
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Re:Invitationà la réflexion...hydrogène OUI

Votre intervention va tout à fait dans le sens de ce que je pense depuis assez longtemps sur le plan de la diversifications des lieux de production d'hydrogène-base (par exemple à 150 bars).

Charles Valot | 22 juin 2006 à 02h37
 
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Re:Re:Invitationà la réflexion...hydrogène OUI

Nous sommes surtout confrontés à manque "d'imagination" et de connaissances des intervenants dans ce domaine! Croyez moi, à force de tenter de contacts avec tous les intervenants éeconomiques et techniques de ce pays, c'est à pleurer! Le manque de compétences ou d'ouvertures sur ce sujet est patent. Sur un salon j'ai rencontré récemment les spécialistes, de l'energie, du développement durable et des énergies renouvelables, dans différentes sociétés ou organisme et pour ne pas les citer: l'ademe, véolia, areva, total, psa, etc...Ce qui domine dans ce pays c'est toujours l'esprit "de centralisation" et de concentration...Alors que la multitude des sources et la diversification de nos énergies et la seule solution à terme! Depuis les années 50, et à raison pour l'époque, on a rassemblé les producteurs d'électricté dans EDF, les compagnies de chemin de fer dans SNCF, les brasseurs dans Européenne de Brasserie, on pratiqué le remembrement (un désastre partiel au résultat), et vous pouvez chercher et multiplier les exemples... Non mais surtout il est impossible de rencontrer physiquement les reponsables pour leur exposer notre idée, ils risqueraient d'être convaincus et devraient être obligés changer de façon de penser...ce qui leur occasionnerait un surcroit de travail... sic
On est pas sorti de l'auberge, et dans ce domaine nous allons encore nous faire doubler par d'autre pays!

Anonyme | 22 juin 2006 à 12h29
 
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