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L'union de conservation de la nature donne une raison supplémentaire de protéger les coraux

Une étude de l'Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) démontre que les récifs de corail sains et entretenus ont protégé les côtes adjacentes du Tsunami de décembre 2004 et rappel la nécessité de les protéger.

Biodiversité  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
L'union de conservation de la nature donne une raison supplémentaire de protéger les coraux
   
Depuis 1999, une cinquantaine de scientifiques issues de 11 pays de l'Océan Indien central et occidental collaborent dans le cadre du programme international sur la dégradation des barrières de corail dans l'Océan Indien (CORDIO) et cherchent à évaluer la dégradation des récifs de corail et les moyens de réduire les dommages.
Le rapport de ce projet vient d'être publié par l'Union International de Conservation de la nature (UICN) et démontre que les récifs coralliens sains et entretenus ont limité les impacts du Tsunami qui a dévasté les côtes de l'Océan Indien en décembre 2004. En revanche, les récifs déjà endommagés ont particulièrement souffert du raz-de-marée et peinent depuis à se reconstituer.
Les conséquences du tsunami ont été moins sévères, pour les coraux et les populations, là où les barrières avaient été gérées avec soin, constate Jerker Tamelander, coordonnateur des recherches de l'UICN-CORDIO pour l'Asie du sud et un des auteurs du rapport. Il précise que ce fut le cas notamment au Sri Lanka dans le secteur marin protégé de Hikkaduwa mais également pour la Bar Reef, alors qu'elle avait été considérablement endommagée par le phénomène climatique El Nino en 1998. Grâce à une gestion avisée, elle a pu se relever des dégâts subis beaucoup plus rapidement qu'ailleurs, explique-t-il.

Karl Gustaf Lundin, chef du programme marin global de l'UICN, estime quant à lui, que ces résultats mettent en évidence l'importance des secteurs protégés et des coraux en bonne santé. Ils peuvent alors jouer leur rôle de tampon face aux catastrophes naturelles. Ce rôle n'est pas négligeable sachant qu'un tiers de la population mondiale (2,2 milliards d'humains) vit à moins de 100 km d'une barrière de corail et qu'en Asie du Sud-est, plus de 70% de la population réside dans une zone côtière.

Outre l'intérêt sécuritaire, ces récifs revêtent une importance économique, sociale et culturelle majeure. En effet, ils sont la principale source de nourriture de nombreux îliens et la pêche est une activité vitale dans plusieurs des collectivités de l'Outre-mer et sont le support d'activités touristiques et de loisirs essentielles à l'économie des collectivités. L'UICN rappelle que les barrières coralliennes rapportent près de 30 milliards de dollars par an de bénéfices nets grâce notamment aux activités touristiques et de pêche qu'elles engendrent.
Internationalement reconnu comme l'un des écosystèmes les plus importants, l'écosystème corallien est, avec la forêt tropicale, le plus diversifié et le plus complexe de la planète. Avec plusieurs milliers d'espèces, il est l'un des écosystèmes dans lequel la diversité spécifique est la plus élevée au plan national. C'est également l'un des écosystèmes les plus productifs, en production brute, et les récifs coralliens sont souvent considérés, dans le milieu océanique tropical particulièrement pauvre, comme des oasis dans un désert.

Malheureusement, ce sont des écosystèmes très fragiles et de nombreuses menaces pèsent sur ces récifs : réchauffement climatique, pollution issue des côtes, pêche intensive, maladies, etc. Le directeur du programme marin de l'UICN, Carl Gustav Lundin, estime que le réchauffement climatique est la principale menace à l'échelle mondiale.
En 1998, la dernière manifestation d'El Niño, phénomène climatique périodique propre au Pacifique, a entraîné une augmentation de la température des eaux tropicales. L'Afrique, le Pacifique, l'Indonésie et les Philippines ont été affectés. Partout, les couleurs de récifs se sont estompées, laissant place à une étrange teinte d'os. El Nino avait alors entraîné la mort de 90 % des coraux de l'Océan Indien.
Cette catastrophe laisse présager les conséquences désastreuses que pourrait avoir une augmentation de la température des océans.

Face à ces menaces, les pays se mobilisent dont la France qui est concernée à travers ses départements et territoires d'outre-mer. Au total, sur l'ensemble des DOM-TOM, les surfaces récifo-lagonaires couvrent environ 55.000 km2 soit 10% de la surface mondiale de récifs. La Polynésie regroupe près de 20% des atolls coralliens du monde et la Nouvelle-Calédonie possède la seconde plus grande barrière récifale du monde. Toutes les actions et mesures prises en faveurs des récifs coralliens français sont menées par le comité interministériel de la mer à travers l'Initiative Française sur les Récifs Coralliens (IFRECOR). La dernière en date est menée dans le sud de la Nouvelle-Calédonie où une opération de restauration récifale est en cours.
Déléguée à la société SOPRONER, cette restauration passe par une intervention humaine visant à faciliter la régénération du récif dégradé en renforçant ou en augmentant les processus naturels. Ce projet a été initié par la Direction des Ressources Naturelles de la Nouvelle-Calédonie qui a imposé à la société d'exploitation minière Goro-Nickel de réhabiliter une surface de 2000 m2 de récif dégradés par la construction de leur port.
Ce type de mesure est la première imposée en Nouvelle-Calédonie et sera par ailleurs systématiquement prescrite pour tous les projets littoraux dommageables pour les récifs avoisinants comme cela l'est déjà en Polynésie Française.

Au niveau mondial, 70% du volume de récifs coralliens est endommagé, détruit ou menacé.

Réactions1 réaction à cet article

 
Faune et flore

Une seule réaction.

Cette étude démontre que chaque espèce animale ou végétale est utile pour la survie de notre terre que l'on détruit petit à petit et de plus en plus vite depuis le dernier siècle.
N'est-il pas trop tard pour l'espèce humaine, tout ce gâchis. La terre s'en relèvera tôt ou tard. Mais nous ?

Alanca | 22 décembre 2005 à 04h15
 
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