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Le centre de traitement des déchets d'Issy les Moulineaux sera l'un des plus grand en zone urbaine du monde

Situé à Issy-les-Moulineaux au sud de Paris, le projet Isséane sera l'un des plus importants centres de tri et de valorisation des déchets du monde en zone urbaine. Il prend en compte les 14 cibles de la HQE.

Déchets  |    |  Françoise Ascher Actu-Environnement.com
   
Le centre de traitement des déchets d'Issy les Moulineaux sera l'un des plus grand en zone urbaine du monde
   
Aujourd'hui en fin de première phase de construction, le projet Isséane permettra de traiter les déchets de près de 1,3 million d'habitants*. C'est-à-dire la préparation au recyclage de 55 000 tonnes de collectes sélectives et d'objets encombrants chaque année, ainsi que la valorisation énergétique de 460 000 tonnes de déchets ménagers. La vapeur issue de cette combustion doit entraîner un groupe de 50 mégawatts de production électrique utilisés pour les besoins du centre. Tandis que l'excédant de vapeur produite servira à couvrir les besoins de chauffage (CPCU) de 79 000 équivalents-logements. Notons aussi la disparition du panache blanc de vapeur d'eau dans l'atmosphère grâce à ce dispositif, l'intégration des cheminées dans le bâtiment, et le système de traitement des fumées qui garantira en continu des rejets atmosphériques inférieurs de 50 % aux seuils définis par la réglementation européenne. Soit l'épuration des différents polluants de type chlore, dioxyde de soufre, mercure, cadmium, dioxyde d'azote, dioxines, et un dépoussiérage des gaz de combustion à plus de 99 % !
Ce centre va également générer quelques 108 000 tonnes de mâchefers destinés aux remblais routiers et une économie de près de 110 000 tonnes équivalent pétrole (fuel, gaz, charbon).

Même s'il n'existe aucune certification pour ce type de bâtiment industriel, Isséane répond à des critères de qualité environnementale poussée. Le bâtiment qui prend en compte les 14 cibles du référentiel de Haute Qualité Environnementale (HQE), est enfoui à 31 mètres de profondeur et n'émergera qu'à 21 mètres au-dessus du sol. De fait, la partie souterraine favorisera l'installation des équipements bruyants et donc l'absence de nuisances sonores, ainsi que la mise en dépression de la fosse de réception des déchets destinée à supprimer les odeurs. Tandis que pour mieux s'intégrer à l'environnement, la partie en superstructure avec ses 8000 m2 de bureaux, va bénéficier d'un traitement paysager avec toiture végétalisée et façades ponctuées d'espaces boisés. Enfin, la charte de qualité environnementale signée par le président du Syctom et le maire d'Issy-les-Moulineaux a conduit les entreprises à garantir les conditions de qualité, de sécurité et de protection de l'environnement mises en œuvre, non seulement tout au long des travaux mais aussi durant les quarante années d'exploitation prévues.

D'une conception proche des technologies employées dans le secteur nucléaire, la boîte étanche qui va abriter le cœur du process industriel, se déroule sur une emprise au sol de 380 m x 125 m. Elle a nécessité la réalisation d'une paroi moulée de 80 000 m2 ancrée jusqu'à 51 mètres de profondeur, ainsi que la mise en œuvre de 123 pieux préfondés atteignant 35 mètres de longueur pour une verticalité inférieure à 1 %. Ces travaux complexes et délicats ont généré 600 000 m3 de déblais qui ont été évacués par voie fluviale, évitant ainsi le trafic de 56 000 semi-remorques.

Afin de respecter les grands enjeux environnementaux, l'alimentation en eau d'Isséane sera assurée par le réseau d'eau de ville pour les usages domestiques, et par la Seine pour l'eau industrielle. Pour le rejet en égout, cette eau passera au préalable par une station de traitement des effluents au sein du centre. De même, l'eau puisée dans la Seine pour refroidir le groupe turboalternateur, sera restituée au fleuve avec une élévation maximale de la température de 6°C et un maximum de 28°C correspondant aux conditions réglementaires. De manière générale, les effluents liquides feront l'objet d'un autocontrôle de la part de l'exploitant, ainsi que de contrôles extérieurs de la part du Syctom et des autorités publiques.

Côté qualité de vie et respect des riverains, Isséane assurera une réduction de la circulation routière de l'ordre de 25 % du trafic quotidien des camions d'ordures ménagères grâce au transport fluvial. Soit, plus de 6 000 camions gros-porteurs évités chaque année, sans compter les encombrements, dangers et pollution atmosphérique qui en résultent ! Et pour prévenir les nuisances, elle sera équipée de capteurs de bruit et d'un système de mesure des vibrations, avec les mesures correctives à mettre en place le cas échéant.

Conformément au plan départemental d'élimination des déchets (PDED) des Hauts-de-Seine, Isséane remplacera l'actuelle usine située Quai Stalingrad, dès sa mise en fonction en 2007.

*Sont concernés 17 communes des Hauts-de-Seine, 3 communes des Yvelines et 3 arrondissements parisiens.

Réactions8 réactions à cet article

 
Rendement energetique.

Quel est "l'équivalent-logement" ?

Si 500000t de dechets à 2900 kWh/t ont un potentiel de 1 450 000 MWh /an,
et que 79 000 logement à 10 000 kWh/logement (est-ce bien l'ordre de grandeur ?) correspond à une energie de 790 000 MWh / an,
alors le rendement est de 790/1450 = 54%.

Avec une tep à environ 10000 kWh, c'est environ 79 000 tep qui sont économisés.

Les 50MW d'electricité sont consommés par le centre lui même, donc à priori à ne pas inclure dans la valorisation energétique.

Y a-t-il une erreur dans mon raisonnement ?

Laurent
 
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Précisions

Les chiffres cités en début d'article n'ont de sens que s'ils sont accompagnés d'une unité de temps, enfin il me semble...
Ex : 100 000 T (/jour ou / mois ou / an ????)
Sinon il s'agit d'un beau projet pharaonique!!

Loïc | 02 février 2006 à 12h50
 
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Il doit y avoir une erreur : une élévation de température de l'eau de la Seine de 6 à 28° n'est ni tolérable, ni réglementaire. Et puis, qu'appelez-vous "valorisation énergétique"? Est-ce le nom déguisé d'incinérateur?

Niels Pay | 02 février 2006 à 20h59
 
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Les salariés

Projet pharaonique, certes, mais quelqu'un peut-il m'apporter des précisions en ce qui concerne les salariés : y aura-t'il des salariés travaillant dans la partie souterraine? si tel est le cas, le côté social du DD n'est pas trop pris en compte (bureaux avec intégration paysagère et baies vitrées à l'étage supérieur, et l'"enfer" en sous sol?) cela dit c'est un projet environnemental phénoménal

Tatielaetie | 03 février 2006 à 12h35
 
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Re:Rendement energetique.

Le rendement energétique serait à considérer par rapport à l'énergie ayant été necessaire à la frabrication de ce qui est mis dans les ordures.
TOUS ces Objets et emballages jettables , appartenant à notre société basée sur le gaspillage vont donc être necessaire à perdurer pour entretenir ce type d'usine.
Ceux-ci necessite de l'energie pour leur fabrication qui n'est déjà pas denuée de pollution dés ce stade.
L'énergie globale nécessaire à la fabrication des plastiques, par exemple, est supérieure à celle récupérée par leur combustion.
Le bilan energétique sera donc négatif.

De plus , à quoi sert d'abaisser les normes de pollution au metre cube de fumée (qui on souvent beaucoup de mal à être respectées (cf l'incinérateur de Mulhouse) si en parallèle on augmente de façon démesurée les quantités. La pollution totale sera similaire.

Comment peut-on oser évoquer une Haute Qualité Environnementale pour un tel édifice ,quand malgré les filtres, les normes permettent de répendre dans l'environnement des quantités encore non-négligeables de polluants (en raison du volume de fumées très important); rien que pour la dioxine, ces quantités dépassent celle de la dose journalière admissible (DJA) de plusieurs millions d'enfants.

Les mâchefers à mettre sous le réseau routier: là-encore belle mascarade: les tests de lixivation pratiqués sont trop courts pour être représentatifs des risques. Tous les polluants n'y sont pas dosés.
De cela, ils sont interdits d'utilisation sur tout le territoire alsacien et le Pr Narbonne (pourtant devenu un grand défenseur de l'incinération auprès des élus) considère qu'il faut s'en débarasser, comme les REFIOM, par l'emploi de torche à plasma.

Donc , devant l'impossibilité de rendre ce type d'installation véritablement non polluant malgré des techniques complexes et des financement énormes aux boins soins de la collectivité et le BILAN ENERGETIQUE GLOBAL NEGATIF,
il devient plus qu'urgent de s'orienter vers d'autres choix plus respectueux de l'environnement, moins chers,
basés sur la réduction des déchets à la source:en réduisant les emballages objets jettables et en intégrant dés leur conception, la fin de vie des objets: en augmentant leur durabilité et en choisissant des matériaux permettant une récupération matière plus efficiante (en préferant les monocomposés par exemple).
Cette autre orientation est déjà débutée dans de nombreuses collectivités en France et à l'étranger (Canberra, Toronto) avec succès .
Les investissements financiers et les pollutions sont moindres , mais voilà cela nuit aux bénéfices des actionnaires des grandes sociétés de fabrication ou de traitement des déchets (qqfois, ce sont les mêmes)

Arrêtons de nous laisser polluer par les Dioxines et Furanes, mais aussi par les informations faussements rassurantes.

philippe | 03 février 2006 à 15h32
 
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Re:Les salariés

Phénoménal dans le sens du coup certe quand à l'effecacité, vous refferer à ma réaction sur le bilan énergétique qui est négatif si on considère l'énergie nécessaire à sa fabrication pour une durée de vie estimée à 40 ans et l'énergie nécessaire à la production de plastiques indésirablesqui y seront bruler

philippe | 03 février 2006 à 15h38
 
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Re:Précisions

pharaonique à quel prix pour la collectivité et à l'efficiance discutable , tant sur le bilan énergétique que sur l'environnement.
Vous refferer à mes autres réactions concernant cet article

philippe | 03 février 2006 à 15h43
 
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Re:Les salariés

Merci Philippe pour les précisions concernant les données énergétiques, vous aviez raison je parlais de phénoménal pour le coup, le fond reste encore à discuter. Qu'en pense les habitants par exemple, on ne sait pas (ou du moins j'ai peut être mal lu

Tatielaetie | 03 février 2006 à 17h20
 
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