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Actu-Environnement

Trois entreprises sont lauréates des Public Eye Awards

Sur les vingt entreprises sélectionnées par les ONG, trois d'entre elles ont reçu les Public Eye Award pour leur comportement irresponsable sur les plans environnemental, social et fiscal. En revanche aucun prix positif n'a pu être décerné…

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Alors que s'ouvre le Forum économique mondial (FEM) 2006, la Déclaration de Berne et Pro Natura ont distingué pour la deuxième année consécutive les entreprises les plus irresponsables. Cette année, les prix sont allés à Chevron Corp., The Walt Disney Company et Citigroup Inc., distinguées à titre d'exemple pour toutes les entrepises dont les comportements posent problème sur les plans environnemental, social, et fiscal.

Dans la catégorie « environnement », l'ONG Amazon Watch a décerné le prix à la société Chevron Texaco. L'ONG l'accuse d'avoir pollué durant près de 30 ans, de grandes régions amazoniennes du Nord de l'Equateur. Afin d'économiser de l'argent, l'entreprise adoptait des méthodes d'extraction du pétrole sommaires. Raison pour laquelle les populations indigènes établies dans ces régions ont vu leurs conditions sanitaires se dégrader de façon dramatique. Tout un groupe a même complètement disparu, justifie-t-elle.
De 1964 à 1992, ChevronTexaco, aujourd'hui Chevron Corp., a extrait du pétrole de la région amazonienne du Nord de l'Equateur. Durant cette période, l'entreprise aurait déversé 70 milliards de litres d'eaux usées polluées dans les ruisseaux, fleuves et marais. Les dépôts qui en résultent contiendraient des métaux lourds et des produits chimiques cancérigènes comme du benzène, de l'arsenic, du plomb, du mercure et du cadmium.
Concrètement, Amazon Watch demande à Chevron de financer et de réaliser des mesures d'assainissement de grande envergure dans les régions dont les ressources naturelles ont été exploitées, de dédommager les communautés locales dont les conditions d'existence ont été détruites et de favoriser l'accès à des soins convenables et à l'eau potable pour les populations concernées.
En août 2002, Amazon Watch a lancé la campagne « Clean Up Ecuador » pour soutenir activement la lutte des communautés indigènes et paysannes victimes des actes de ChevronTexaco, afin qu'elles obtiennent réparation. En réponse à l'atteinte à l'environnement et à la situation de détresse sanitaire dans les régions du Nord de l'Equateur, 30 000 personnes ont déposé plainte contre l'entreprise en mai 2003. Pour la première fois une compagnie pétrolière multinationale américaine doit accepter d'être jugé par un tribunal étranger, équatorien en l'occurrence. Un premier procès a débuté en février 2004 mais pour l'instant la procédure suit son cours. Plusieurs enquêtes ont été menées en 2005 et un premier verdict devrait tomber en 2006.

Dans la catégorie « fiscalité », l'ONG The Tax Justice Network a souhaité « récompenser » Citibank, filiale de Citigroup. Elle estime que cette banque a aidé des individus et des entreprises fortunés, des dirigeants corrompus et des criminels à soustraire discrètement leurs avoirs au fisc en le faisant sortir de leur pays.
Pour la Tax Justice Network, un comportement éthique supposerait que Citigroup cesse son aide à ceux qui cherchent à se soustraire aux impôts ou à blanchir de l'argent. Cette banque est représentée par d'innombrables filiales dans les paradis fiscaux comme les Bahamas, les Iles Cayman ou encore au Luxembourg et en Suisse. Un premier pas vers l'adoption d'une attitude éthique correcte serait, pour la Tax Justice Network, que l'entreprise renonce dans le futur à ouvrir des filiales dans de tels paradis fiscaux.

Dans la catégorie « droit social », l'ONG Students and Scholars Against Corporate Misbehavior (SACOM) basée à Hong-Kong a récompensé The Walt Disney Company. Selon elle, de graves violations des droits humains et du travail dans les fabriques des fournisseurs de Walt Disney ternissent l'image innocente que le géant du divertissement tente habituellement de transmettre avec ses films et ses personnages. L'entreprise ne publie pas les noms de ses fournisseurs en Chine, empêchant ainsi le contrôle des conditions de travail par des inspecteurs indépendants, explique l'ONG. SACOM demande donc à Walt Disney de donner les noms et lieux de tous ses fournisseurs, d'indiquer le fabricant sur les produits, d'exiger de ses fournisseurs qu'ils fassent inspecter leurs fabriques par des ONG indépendantes et d'encourager des comités de travailleurs à faire respecter les droits du travail.
Walt Disney a rédigé et traduit un « code de conduite pour fabricants » mais l'ONG estime que le fait de traduire ce code dans les langues les plus diverses ne garantit pas qu'il soit mis en œuvre dans les fabriques qui fournissent ses marchandises à Walt Disney. Walt Disney doit exercer une plus grande pression sur ces fournisseurs afin qu'ils respectent le code, ajoute SACOM.


Pour la première fois cette année, le Public Eye a voulu accorder un prix « positif ». Des recherches ont été menées pour distinguer une entreprise qui aurait pu recevoir un tel prix, mais finalement les organisations partenaires se sont refusées à proposer un gagnant. Elles ont néanmoins reconnu que des progrès avaient été accomplis ces dernières années. Le chemin est encore long jusqu'à ce que nous puissions considérer le comportement d'une entreprise comme exemplaire quant au respect des droits humains et de l'environnement, ont-elles expliqué.
Les ONG ont toutefois voulu accorder un prix positif et féliciter les actions de certaines d'entre elles. Considérant que les multinationales améliorent leur comportement quand elles sont mises sous pression par des groupes locaux ou des campagnes internationales, les ONG ont souhaité honorer des acteurs de la société civile qui auraient mené une action efficace contre le comportement irresponsable d'une entreprise. Le premier prix « positif » revient donc au syndicat mexicain SNRTE et aux ONG allemandes Germanwatch et FIAN (Food First Information & Action Network). Collaborant étroitement entre elles, ces trois organisations ont protesté contre la fermeture arbitraire de la fabrique Euzkadi de la multinationale du pneu Continental à El Salto au Mexique. Grâce à leur coopération et le dialogue mené avec Continental, elles ont réussi non seulement à faire rouvrir la fabrique, mais également à permettre aux travailleurs de devenir eux-mêmes co-propriétaires de l'usine.

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