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Élus et associations se mobilisent en faveur des paysages

Un manifeste pour les paysages a officiellement été présenté à l'Assemblée Nationale. Il lance un cri d'alarme face aux mutations brutales et non maîtrisées des paysages et au gaspillage de notre consommation de l'espace.

Aménagement  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
   
Élus et associations se mobilisent en faveur des paysages
   
Initié par la Fédération nationale des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) et de la Fédération des conservatoires d'espaces naturels, un manifeste pour les paysages a officiellement été présenté à l'Assemblée nationale mercredi soir.

Fruit d'un travail réalisé par une quarantaine d'organismes et soutenus par plus de 200 structures venant d'horizons différents : métiers du paysage, organismes de préservation du patrimoine, acteurs de l'agriculture et de la gestion de l'espace et Collectivités territoriales, ce manifeste lance un cri d'alarme face aux mutations brutales et non maîtrisées des paysages et au gaspillage de notre consommation de l'espace.

Ils dénoncent l'absence de projets coordonnés concernant les paysages, une surenchère des propositions d'aménagement sans lien entre elles et l'irruption d'infrastructures hors d'échelle ou mal positionnées.

Pour les signataires du manifeste, l'étalement urbain s'accompagne le plus souvent d'une consommation déraisonnable du capital foncier qui constitue pourtant une ressource non renouvelable avec un doublement des surfaces urbanisées depuis 1945 et une augmentation de 17% des surfaces artificialisées ces dix dernières années alors que la population ne s'est accrue que de seulement 4%.

Indiquant que ce mode de développement n'est pas durable car il repose sur un renchérissement du coût des sols, une surconsommation d'énergie, une perte irréversible et un mitage des terres agricoles et des espaces naturels, une dégradation de l'environnement, les auteurs estiment qu'il entraîne un accroissement des charges d'aménagement pour la collectivité. Ces modèles d'aménagement conduisent à une banalisation des territoires, créant de nouveaux espaces sans repères, ni qualités propres.

Le manifeste souhaite ainsi placer le paysage, la maîtrise foncière, la qualité des interventions sur l'espace au cœur des projets d'aménagement à tous les niveaux territoriaux.
Ce texte ne réclame pas de mesure nouvelle. Nous avons un arsenal important allant des lois de 1906 sur le patrimoine à celle de 1993 sur le Paysage
, explique André Thevonot, Président de la FNSafer. Ce qu'il faut, c'est l'utiliser à bon escient dans le cadre de projets de territoire mobilisant l'ensemble des acteurs d'un territoire pour le valoriser sur le long terme, ajoute t'il.

Le manifeste souhaite mettre en commun les différentes actions entreprises afin d'organiser en février 2007 les états généraux du paysage qui devraient se tenir au Palais d'Iéna sous l'égide du Conseil économique et social.

Le secteur du paysage est d'ailleurs un secteur économique important puisque les entreprises du paysage créent chaque année plus de 4 000 emplois en solde net et le nombre d'entreprises du secteur a progressé de 9 % sur les trois dernières années, selon l'Union Nationale des Entrepreneurs du Paysage (UNEP).
Comptant aujourd'hui 13 200 entreprises employant plus de 65 000 personnes, dont 80 % en CDI, ce secteur montre un bon dynamisme : 40 % des entreprises du secteur ont été créées ces dix dernières années, et elles investissent chaque année plus de 6 % de leur chiffre d'affaires.

Réactions7 réactions à cet article

 
Site Internet du Manifeste

Excellente initiative que ce manifeste. Il y a en effet beaucoup de travail pour garder et retrouver l'identité paysagère des territoires. La prise de conscience existe mais les actions concrètes pour prendre en compte les paysages à toutes les échelles sont encore trop peu nombreuses.

Grégory Aymond
Ingénieur Paysagiste - En recherche d'emploi

Grégory Aymond | 23 mars 2006 à 15h42
 
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Re:Site Internet du Manifeste

Je trouve très bien que l'on s'intéresse maintenant aux paysages, mais apparemment on s'en préoccupe plus en tant que concept culturel, c'est à dire sur la beauté subjective qui nous entoure, qu'en tant que concept écologique, c'est à dire le paysage en tant que mosaïque d'habitats pour les organismes vivants.
Il ya encore du progrès à faire de ce côté par les entreprises de paysagisme.
Johanna Villenave - Ecologue paysagiste en recherche d'emploi

Johanna Villenave | 23 mars 2006 à 16h53
 
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aucun

Enfin! !
J'ose espérer que ce projet ne sert pas à justifier une démarche pol.. car si nous sommes en France toujours en retard d'un train sur les actions de bon sens qui sont profitables à l'ensemble du vivant, il n'en n'est pas de meme pour ce qui concerne l'égo de nos dirigeants politique.
Espérons cette démarche fortement intérressante soit accompagné et traité avec tout le sérieux quelle mérite.
Lionel concepteur paysagiste.

lio. | 23 mars 2006 à 21h01
 
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Témoignage !!!

Bonjour,

je travaille dans le domaine du paysagisme en Bretagne et j'assiste avec effarement à une dégradation en règle de nos paysages (maisons HLM émergeant un peu partout dans nos bourgs bretons, défigurant à jamais ce splendide patrimoine).

Les impacts visuels des nouvelles constructions (maisons, bâtiments agricoles, entreprises ...) sont désastreux.

Les entrées de ville sont toutes calquées sur le même modèle : zones industrielles, zones commerciales, panneaux publicitaires, enseignes lumineuses..... bref la zone !!!!!

Il est temps de réagir très vite (mais le mal est déjà immense !) car faire marche arrière semble diificilement possible !!!!

Mesdames, Messieurs les élus (signataires des permis de construire) la balle est dans votre camp. Il y a urgence !!!!!!!!

Kenavo du 22

Tim 2006

tim | 23 mars 2006 à 21h24
 
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ça parait une bonne idée

Il est assez intéressant d'en venir enfin à prendre en compte le paysage. C'est presque inespéré tant c'est une notion difficilement conjugable avec nos outils de réflexion rationnels et plus ouverte à des impressions, des goûts et des nuances, toutes choses qui font la vie mais se résument mal sur papiers, missives, et proclamations d'intention. L'essentiel de notre vie publique laisse habituellement de côté ces véritables aspects qui font la joie et la nourriture de chacun faute de savoir les tourner en équations. Le pastel et l'aquarelle n'ont pas la préférence dans nos modes de communication. Le feutre gras sur paper-board ou banderolle semble encore la seule fioriture admise au débat public, et encore est-ce souvent tracé d'une main malhabile. Dès lors il n'y a plus qu'à aller tous diner à la taverne Kanterbrau ou à mourrir dans nos cités. La lutte contre l'alcoolisme n'est plus nécessaire lorsque la fluxion de cerveau devient le préambule au débat social. Il est encore surprenant dans ce contexte que tant de personnes s'adonnent à des goûts si divers comme l'oenologie où la visite des monuments historiques. Alors donc la micro nuance de cépage ou de cuvée, l'apparence d'un donjon ou d'une chapelle pourrait avoir une quelconque importance? Tant de raffinement laisse pantois. Il devrait laisser supposer qu'on en peu trouver un peu ailleurs. Mais non, nous sommes sur un autre terrain: Le plaisir est une affaire privée et familiale qui est un privilège durement acquis pour soi-même en échange du monde où l'on travaille. Bénie soit la propriété privée qui nous mets à l'abri des conséquences de notre vie publique. D'autres traiteront nos déchets. Peut-être même celà nous fournira-t'il un emploi? Il faudra bien ouvrir de nouveaux marchés pour secourir les souffrances que nous créons.
Il faudrait aujourd'hui accepter de sortir des idées sans avoir l'impression de déchoir parce que l'on doit nommer quelqu'un par son nom, untel aime ça, untel n'aime pas ça. Ce grand contournement ne permet pas d'appréhender la vie dans son entier. En matière de paysage, c'est nécessairement une affaire de sensibilité. Moi je n'hésiterais pas à dire je préfère ça que ça et à entendre l'un plutôt que l'autre selon mon goût. Est-ce de l'arbitraire? Sans doute. Le malheur est qu'il faudrait toujours étayer ses raisons les plus gracieuses de gros arguments. L'intelligence de cette rouerie prive les plus unis et les plus braves de la parole. Nous sommes dans un monde qui apprivoise et réduit nos gens à devenir stupides faute de savoir les voir à moins qu'ils nous offrent eux-mêmes une image travaillée. Qui peut avoir ce talent sans tricher? L'idée de considérer le paysage ouvre la voix à considérer la nuance dans l'être humain et ce n'est pas mal pour la France. Sinon nous parlerions tous anglais.

Sixte | 24 mars 2006 à 04h25
 
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Re:Site Internet du Manifeste

On a exactement la même évolution désolante en Bourgogne...
Il me semble que dans les petites communes, les élus manquent de connaissances et de compétences pour prendre en compte les paysages. Pour concevoir les PLU par exemple, même s'ils se font entourer de professionnels, au final ce sont souvent des interêts économiques ou personnels qui décident de l'emplacement d'un lotissement ou d'une zone industrielle.

koala | 24 mars 2006 à 22h31
 
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Sans sujet

Pas de message

Anonyme | 18 mai 2006 à 15h26
 
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