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La FAO étudie les liens complexes entre forêts et changement climatique

Comme les forêts se situent au cœur de la problématique du climat, y jouant alternativement le rôle de puit ou d'émetteur de carbone, la FAO publie un dossier visant à préciser la complexité des liens qui les rattachent au changement climatique.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
   
La FAO étudie les liens complexes entre forêts et changement climatique
   
Alors que les forêts subissent déjà les conséquences de la modification du climat de la planète, les forêts et le bois qu'elles produisent piègent et stockent le dioxyde de carbone, jouant ainsi un rôle essentiel dans l'atténuation du changement climatique. Mais lorsqu'elles sont détruites ou surexploitées et incendiées, les forêts peuvent devenir des sources de gaz à effet de serre et contribuer ainsi au réchauffement de la planète et au changement climatique.

D'après les études de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), les forêts et les sols forestiers mondiaux stockent plus de mille milliards de tonnes de carbone, soit deux fois plus que le volume présent dans l'atmosphère. Aussi, la destruction des forêts injecte près de six milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère chaque année. Empêcher ces stocks de carbone d'être relâchés est important pour le bilan du carbone et vital pour la conservation de l'environnement, explique l'Organisation des Nations Unies.

Selon la FAO, les forêts pourraient être mieux utilisées dans la lutte contre le changement climatique non seulement en empêchant l'abattage mais aussi par des programmes de boisement (nouvelles plantations) et de reboisement (replantation des zones déboisées). Nous devons assurément arrêter la déforestation et accroître la superficie des terres émergées boisées, affirme Wulf Killmann, qui préside le groupe de travail interdépartemental de la FAO sur le changement climatique.

Rappelant que les forêts peuvent stocker jusqu'à 15 tonnes de carbone par hectare et par an dans leur biomasse et leur bois, la FAO propose pour répondre à l'urgence de reboiser en premier lieu sous les tropiques où la végétation pousse vite et absorbe donc le carbone plus rapidement. L'organisation propose également de remplacer les combustibles fossiles très polluants par des biocarburants comme les combustibles ligneux de forêts gérées rationnellement afin de réduire les apports de carbone d'origine fossile. Le bois et la biomasse qui brûlent relâchent effectivement du dioxyde de carbone dans l'atmosphère, mais si ces combustibles viennent d'une forêt gérée dans une optique durable, les émissions de carbone peuvent être compensées par de nouvelles plantations d'arbres, indique l'organisation. D'ailleurs, si elles sont bien gérées, les forêts peuvent fournir une énergie biologique quasiment sans apport de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, ajoute t'il. L'organisation des Nations Unies estime enfin que le bois récolté constitue également un puits de carbone puisque, utilisé dans l'industrie du bâtiment ou en ameublement, il stocke le carbone efficacement des pendants plusieurs siècles. À l'opposé, la fabrication des matériaux de construction comme le plastique, l'aluminium ou le ciment requiert des quantités importantes d'énergie tirée le plus souvent de combustibles fossiles. Leur remplacement par du bois constituerait pour la FAO, un avantage certain en termes de réduction des émissions de carbone. Nous devrions aussi utiliser plus de bois dans des produits durables pour éliminer le carbone de l'atmosphère pendant des périodes plus longues, estime Wulf Killmann.

Par ailleurs, pour la FAO, la hausse des températures modifiera la répartition des forêts. Selon une de ces études, les essences forestières tendent à se déplacer vers les plus hautes latitudes et altitudes. Les habitats des arbres dans l'hémisphère nord peuvent s'étendre à 100 km au nord, tandis que leurs frontières méridionales pourraient reculer du même ordre de grandeur pour chaque degré dépassant les températures régionales actuelles. Outre le déplacement vers le nord, les essences forestières pourraient grimper plus haut pour échapper au réchauffement de la planète. Cette tendance rendrait de nombreuses essences plus vulnérables aux pressions génétiques et environnementales, fait remarquer la FAO qui met en garde sur le fait que le changement climatique pourrait l'emporter sur la capacité d'adaptation de certaines espèces et conduire ainsi à leur extinction.

Une autre conséquence du changement climatique touchant les forêts est l'accroissement des phénomènes climatiques extrêmes, qui peuvent causer des pertes d'arbres importantes. En dehors de ces impacts directs (arbres endommagés par des ouragans), les inondations et les tempêtes peuvent également modifier les écoulements d'eau dont dépendent les arbres, nuisant à la santé des forêts, souligne l'organisation. De plus les changements de températures peuvent également favoriser les infestations d'insectes et les Feux de forêt. Les responsables forestiers devraient évaluer la vulnérabilité de leurs forêts et la sensibilité des essences aux conditions météorologiques extrêmes, selon Dieter Schoene, un expert de forêts et de changement climatique de la FAO.

Dans les pays en développement, les évaluations de la vulnérabilité forestière peuvent être effectuées dans le cadre des Plans d'action nationaux d'adaptation lancés par la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique. Les forêts ont d'ailleurs été à l'ordre du jour de la 15ème session de la Commission des forêts et de la faune sauvage pour l'Afrique (CFFSA)* qui s'est déroulé à Maputo, au Mozambique, du 29 mars au 1er avril dernier. À cette occasion l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture a tenu à souligner, qu' en Afrique, le taux de pertes nettes de forêts est le deuxième du monde après l'Amérique du Sud. Dans l'ensemble, l'Afrique a subi une perte nette annuelle de plus de 4 millions d'hectares de forêts entre 2000 et 2005, essentiellement due à la conversion de superficies boisées en terres agricoles. Ainsi le couvert forestier est tombé de 655,6 à 635,4 millions d'hectares durant cette période. Le continent détient par ailleurs le record de fréquence des feux de forêt, pratique traditionnelle consistant à utiliser le feu pour convertir les terres boisées à l'agriculture ou aux pâturages. La fréquence des feux est particulièrement élevée au nord de l'Angola, au sud de la République démocratique du Congo, dans le Soudan méridional et en République centrafricaine, estime l'organisation. En dépit de ces problèmes, la FAO admet que l'Afrique a accompli toutefois de gros progrès dans l'amélioration des politiques et programmes forestiers même si leur mise en œuvre et leur application reste faible : au cours des quinze dernières années, plus de la moitié des pays africains ont instauré de nouvelles politiques et lois forestières, et les deux tiers ont mis en place un programme national de gestion forestière actif.

Réactions5 réactions à cet article

 
Compléments...

En lisant cette article plusieures questions me viennent à l'esprit;

Tout d'abord il me semble avoir lu dans un précédent article sur l'impact de la végétation sur le récahauffement où des chercheurs auraient mis en avant le fait qu'avec la sécherresse de ces dernières années les végétaux par un phénomène de stress auraient libérés plus de CO2 qu'ils n'en auraient captés... Découverte qui selon l'article changerait nombrte de prévisions!!

Ainsi j'aurai souhaité savoir si déjà ce phénomène était bien avéré; et d'autre part si ces recherches avaient avancée et quelles en étaient les conclusions.

Ensuite; si les forêts absorbent du CO2 selon le peu de connaissances que je peux en avoir les océans (via les récifs coraliens ) absorbait du CO2 voire même plus que les forêts! Est ce réellemnt vrai? Et si oui peut on à l'instar des forêts lancer des prgm pour les récifs coraliens?

Enfin et dernière chose dans l'article, la FAO évoque les pays africais qui lutte de plus en plus contre la déforestation! Alors que ces pays exploitent le peu de ressources qu'elle peut avoir! En france n'oublierai t on pas la forêt Guyannaise quiu est exploitée et même sur exploitée légallement et surtout illégalement!! Alors chez nous qu'atendon nous pour nous aussi réagir!!


Alors si certaines personnes peuvent me donner des compléments d'info je suis prenneur...

Merci

djouss | 06 avril 2006 à 11h03
 
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Re:Compléments...

Bonjour,

En fait, ce n'est pas directement des végétaux qui déstockent du CO2 en période de sécheresse mais le sol qui contient l'humus.

En effet, par forte chaleur, les plantes, stressées, se développent moins et absorbent moins de CO2. A l'inverse, les bactéries du sol sont plus actives quand la température augmente. Elles dégradent l'humus plus rapidement et émettent donc plus de CO2 que de normale.
Le bilan global sol + plante devient alors négatif, du CO2 est globalement rejeté.

Si la hausse des températures se poursuit, il est donc possible qu'on atteigne à un moment un point de rupture à partir duquel le sol dégagera sur l'année plus de CO2 que les végétaux n'en absorbent. Le système pourrait alors s'emballer car cela augmentera à nouveau les températures et que les quantités de CO2 du sol sont énormes. La hausse des températures qui pourrait alors en résulter pourrait conduire à rendre la Terre inhabitable.

Espérons que nous saurons modifier notre mode de vie avant et que ce point de basculement possible n'est pas les 2 ou 3 degrés d'augmentation minimum prévus pour ce siècle (qui seront beaucoup plus si l'on ne se remet pas fondamentalement ne question).

Maintenant, assez parlé, agissons pour commencer à notre niveau car faisons vite, ça chauffe. Alors un petit truc pour commencer :

Pensez à activer la mise en veille de votre écran (et non pas l'économiseur), à éteindre votre écran quand vous quittez votre poste de travail, à éteindre votre PC tous les soirs et à le brancher sur une multiprise à interrupteur que vous éteindrez après avoir éteint le PC : sinon un PC/écran/imprimante/haut parleur éteints mais branchés c'est l'équivalent d'une ampoule de 10 à 30 W allumée en permanence.

JL | 06 avril 2006 à 14h52
 
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Arrêtons de brûler les forêts

Il est assez connu que, lors de l'exploitation illégale des forêts tropicales, beaucoup plus d'arbres sont brûlés inutilement qu'exploités.

Un phénomène plus récent mais qui, ces dix dernières années, a pris des proportions alarmantes est la destruction de la forêt amazonnienne pour planter du soja - transgénique, bien sûr.

Je propose, donc, les trois mesures suivantes pour réduire ces dégâts:

N'achetons que du bois et du papier certifiés FSC ou recyclé. Ceci n'est pas facile mais, pour que les magasins fassent l'effort de stocker ces produits, il faut que beaucoup de clients fassent la demande.

Boycottons les viandes d'animaux nourris au soja - en achetant bio ou, au moins, en évitant les marques identifiés par Greenpeace ou autres comme utilisateurs de soja OGM.

Exigeons l'incorporation dans les quotas de CO2 les quantitées qui sont générées par la destruction par le feu des forêts (ainsi que des savannes et des terres cultivées).

Nick Rose | 06 avril 2006 à 18h00
 
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reboison à grande echelle

bonjour!
un grand bravo pour l'article publié dans ce numéro "les forêts se situent au coeur de la problématique du climat" auquel on pourrait ajouter "problématique du réchauffement de la planète"

nous sommes une association civile qui pronons un reboisement à agrande echelle et pourquoi pas le Sahara Africain?
vous savez très bien que le Sahara Africain est situé au sud de L'Europe qui connait de nos jours les innondations inhabituelles qui selon les convictions de l'association sont dues au dérèglement climatiques du fait précisement du réchauffements de la planète
aider nous à faire reboiser le sahara
écrivez-nous à reboiserlesahara@yahoo.fr
souhaitons entretenir relations avec vous sur ces questions
A+

DAOUD | 09 avril 2006 à 16h29
 
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Re:Arrêtons de brûler les forêts

Bonjour,

je suis d'accord avec vous mais il ne faut pas limiter son choix aux seuls bois FSC! d'autres labels comme le PEFC permettent de répondre à ces exigences et surtout la première qui est de plutot se fournir en bois local plutot que tropical...

cordialement,

guillaume

Guillaume | 10 avril 2006 à 13h52
 
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