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Actu-Environnement

Genève accueille la Convention de Stockholm sur les POP

La deuxième Conférence des Parties à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (Convention sur les POP) se tient depuis le 1er mai et ce jusqu'au 5 mai à Genève.

Risques  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Les Polluants Organiques Persistants (POP) comprennent des produits chimiques industriels comme les BPC, des pesticides comme le DDT, le chlordane et le toxaphène, ainsi que des contaminants et des sous-produits comme les dioxines et les furannes. Iles POP s'accumulent dans les organismes vivants, persistent dans l'environnement et présentent des effets toxiques à long terme sur la santé humaine et la faune. Ils pénètrent chez les humains par la chaîne alimentaire et passent d'une mère à son enfant par le placenta et le lait maternel. De plus, les POP étant des composés chimiques semi-volatils, après leur rejet dans l'environnement, ils circulent en passant par plusieurs cycles d'évaporation, de transport atmosphérique et de condensation. Appelé effet sauterelle, ce processus permet aux POP de parcourir rapidement de grandes distances.

Dans le cadre de la Convention de Stockholm, entrée en vigueur le 17 mai 2004, 122 pays ce sont engagés à réduire la pollution de l'environnement par les polluants organiques persistants en interdisant ou limitant strictement la production et l'utilisation de 12 produits parmi lesquels des insecticides (l'aldrine, le chlordane, le DDT, la dieldrine, l'endrine, l'heptachlore, le mirex et le toxaphène), un fongicide (l'hexachlorobenzène), des produits chimiques issus de la production d'autres substances chimiques ou de l'incinération des déchets : les dioxines et les furanes et un ensemble d'hydrocarbures chlorés utilisés dans des applications industrielles comme l'isolation de transformateurs et de condensateurs, les additifs aux peintures et aux plastiques : les PCB.

Trois types de mesures sont obligatoires aux termes du protocole, selon la nature des substances : en éliminer la production et l'utilisation, en limiter considérablement l'utilisation et, dans le cas des substances formées de façon non intentionnelle au cours d'opérations d'incinération ou de traitement, en réduire les émissions totales annuelles. Le protocole prévoit un mécanisme permettant d'ajouter des substances ou de modifier les obligations à mesure que de nouvelles données sont connues.

Après celle tenue l'an dernier en Uruguay, la seconde Conférence des Parties à la Convention de Stockholm sur les Polluants organiques persistants (CDP-2 sur les POP) s'est ouverte lundi 1er mai, à Genève, en Suisse. Quelque 130 pays sont attendus à Genève à cette deuxième réunion de la Conférence des Parties à la Convention (COP 2), auxquels viendront s'ajouter plus de 50 représentants de la communauté de l'industrie, de l'environnement et des ONG.

Les participants y étudient les possibilités d'améliorer la coopération entre les secrétariats des Conventions sur les déchets et les produits chimiques établis à Genève, pour accroître l'efficience internationale de la politique en matière de produits chimiques. Il est temps de concrétiser les promesses de la Convention de Stockholm en mettant en œuvre des activités, des politiques et des instruments spécifiques nationaux ou communautaires, a déclaré Shafqat Kakakhel, responsable en chef et Directeur exécutif adjoint du Programme des Nations Unies pour l'environnement, organisme sous les auspices duquel ce traité a été négocié. Cette réunion est une occasion d'examiner les premières preuves concrètes pour vérifier si la Convention permet effectivement de réduire les POP, a-t-il ajouté. De manière à réduire efficacement ces polluants, Shafqat Kakakhel rappelle la nécessité d'appuyer une reconstitution complète et suffisante des ressources du Fonds pour l'environnement mondial, compte tenu de son importance pour la Convention de Stockholm et d'autres accords internationaux.

La Convention de Stockholm oblige les parties contractantes à présenter un plan national de mise en œuvre contenant des objectifs précis. Ce plan doit être mis en œuvre dans les deux ans qui suivent son adhésion. C'est le cas de la Bolivie, le Burundi, l'Égypte, le Japon, la Lettonie, la Moldavie, l'ex-République yougoslave de Macédoine, l'île de Niue et la Roumanie. La Suisse présentera son plan à l'occasion de la conférence. Les États doivent ensuite rendre compte tous les deux ans des progrès accomplis dans le sens des objectifs ainsi fixés.

L'objectif de cette réunion consiste notamment à adopter des décisions concernant l'évaluation du besoin continu du DDT pour le contrôle des vecteurs de maladies (paludisme) et des stratégies alternatives pour le remplacer. Même si, à terme, la Convention prévoit l'élimination du DDT, elle prévoit que les gouvernements pourront continuer d'utiliser le DDT quelques années encore à des fins de santé publique, indique le PNUE.

La conférence sera aussi l'occasion d'évoquer l'ajout de 5 nouveaux POP aux 12 substances déjà concernées. La première série de 5 nouveaux produits fait actuellement l'objet d'un examen technique et la décision finale sera prise dans 2 ou 3 ans, souligne le Programme des Nations Unies pour l'environnement. Le 9 mars dernier, le Conseil européen s'est déjà exprimé en faveur de cette mesure mais l'accord international ne devrait aboutir qu'en 2007.

Autres points à l'ordre du jour : le renforcement d'un réseau mondial de surveillance des niveaux de POP dans l'environnement ; l'efficacité de la Convention ; l'assistance technique ; les ressources financières ; le premier examen du mécanisme financier ; les méthodes de réduction des rejets de dioxines et de furanes ; le non-respect et la responsabilité.

Soulignant qu'il existe des produits de remplacement à la plupart des POP, dont l'adoption se heurte toutefois souvent aux coûts élevés, à la sensibilisation insuffisante du public ou au manque d'infrastructures et de technologies adaptées, le PNUE estime qu'il reste donc à trouver des solutions qui correspondent aux propriétés et aux utilisations spécifiques de chaque produit, et qui tiennent compte des conditions socio-économiques et climatiques de chaque pays.


Pour en savoir plus :

Convention de Stockholm

Dossier sur les POP et dioxines

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