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Le projet ADVANCE publie ses premiers résultats

L'enquête européenne ADVANCE vient de publier ses premiers résultats sur l'efficacité écologique de 65 entreprises européennes décrite en termes financiers en comparant la création de valeur de l'entreprise à son impact environnemental.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
L'enquête ADVANCE est un projet international soutenu par le programme européen LIFE Environnement. Elle a pour but d'évaluer en termes financiers les performances environnementales de 65 entreprises européennes en utilisant la méthode de la « valeur durable ». Selon ce concept, une entreprise crée de la valeur durable lorsqu'elle utilise ou produit une ressource environnementale de manière plus efficace que les autres entreprises. Menée par l'IZT de Berlin (institut des études prospectives et d'évaluation technologique) et le centre écossais SDRC (centre de recherche pour le développement durable), cette étude a permis de calculer l'efficacité de chaque entreprise à utiliser les matières premières et l'a comparée à la moyenne européenne. Par exemple, l'équipementier italien Pirelli a émis 1,37 millions de tonnes de CO2 en 2003 en créant 2,03 milliards d'euros de valeur ajoutée soit un ratio de 1,475€ par tonne de CO2 émise. Or les entreprises européennes étudiées ont globalement été plus « efficaces » puisqu'elles ont en moyenne créé 2,701€ pour chaque tonne de CO2 émise. Aux vues de ces émissions, le groupe Pirelli aurait dû créer 3,7Md d'€ de valeur s'il avait été aussi efficace que les autres soit une différence négative de 1,67Md d'€. Le groupe Pirelli a donc créé une valeur durable de -1,67Md d'€ en ce qui concerne les émissions de CO2.

Les valeurs durables ont été calculées de cette manière pour 7 impacts environnementaux de chaque entreprise : consommation d'eau, émissions de CO2, émissions de NOx, émissions de SOx, émission de méthane, volume de déchets, volume des effluents industriels. Ces calculs ont abouti à l'établissement d'un ratio bénéfices/coûts pour pouvoir comparer les entreprises entre elles. Un ratio plus grand que 1 indique que l'entreprise rapporte plus par unité de ressource que la moyenne des 65 entreprises européennes étudiées et inversement. Par exemple, en considérant les 6 paramètres étudiés, Pirelli a un ratio de 1,3 : 1 en 2003 ce qui signifie que cette entreprise utilise ces ressources 1,3 fois plus efficacement que l'Europe en moyenne.

Selon les résultats de l'étude entre 2001 et 2003, 29 entreprises sur les 65 étudiées ont crées de la valeur durable. Ces compagnies ont utilisé leurs ressources plus efficacement que l'Europe en général. Le classement effectué à partir des ratios présente à sa tête le groupe européen Airbus qui est ainsi 4,5 fois plus efficace que l'Europe en moyenne sur la période étudiée. L'entreprise la moins efficace est la société hongroise MVM fournisseur d'énergie avec un ratio de 1 :188,3. Les résultats des autres groupes français étudiés sont plutôt mitigés. PSA Peugeot-Citroën est en dixième position avec un ratio de 3 :1 et Renault se classe à la 20ème place avec un ratio de 1,9 :1. Le groupe Suez est quant à lui à la 54ème position avec un ration de 1 : 8,9. Une analyse détaillée par secteur met en évidence une efficacité accrue pour les entreprises issues du domaine automobile, pharmaceutique alors que les entreprises des secteurs de la papeterie, du pétrole et du gaz sont moins écologiquement performantes. Cependant des disparités existent également au sein d'un même secteur ce qui met en évidence selon les chercheurs l'importance des politiques de management en termes de pratiques et de technologies.

L'étude ADVANCE représente ainsi la première application à grande échelle de la notion de valeur durable. Les acteurs du projet sont très satisfaits de ces premiers résultats. Ils estiment que cette approche peut être mise en œuvre avec succès et qu'elles pourraient être intéressante pour le reporting environnemental. Selon eux, elle permet d'associer l'écologie et les marchés financiers en traduisant des données environnementales dans le langage des investisseurs.
Certaines entreprises tentent déjà de l'intégrer dans le rapport de développement durable par exemple. Le groupe BMW lui a consacré deux pages dans son dernier publié en septembre 2005 à l'approche Valeur soutenable. Le groupe estime que cette nouvelle méthode peut être très utile pour l'analyse des investissements socialement responsables et pourrait devenir à terme l'élément de base d'un audit de durabilité.

Le fait de développer une méthode utilisable dans toutes les entreprises permettrait de résoudre le problème des indicateurs mis en avant dans les rapports de développement durable mais qui bien souvent ne sont pas ou peu représentatifs de l'activité de l'entreprise ou de ces impacts environnementaux. Dans cette enquête, seuls sept paramètres ont été pris en compte ce qui semble peu. Les responsables de l'étude n'ont pas évoquer une possible extension à d'autres paramètres environnementaux, économiques ou sociaux qui pourraient par exemple prendre en compte tout le cycle de vie des produits fabriqués.

Réactions3 réactions à cet article

 
Quid des impacts indirect ?

Créer de la valeur en consommant moins de ressources, c´est le concept même du découplage entre croissance économique et impacts environnementaux. Donc cette étude est intéressante si elle montre qu´on peut augmenter les profits en réduisant l´empreinte écologique des entreprises. Pourtant si effectivement les impacts indirects ne sont pas pris en compte, notamment via les ressources incorporées dans les produits finaux ou consommées tout au long de la supply chain, quelle est la validité d´un tel indice ? Avec un tel critère de performance environnementale, les entreprises européennes seront incitées à reporter le fardeau écologique sur les fournisseurs, surtout si ceux-ci viennent de pays ou les normes de développement durable sont plus « flexibles ».

pascale | 18 mai 2006 à 12h22
 
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Re:Quid des impacts indirect ?

Excellent point pascale. On néglige bien trop souvent les effets indirects. Et en effet ou doit-on s'arreter? au fournisseur?au fournisseur du fournissuer?
Evidemment aussi, quand on voit qu'Airbus reçoit une bonne note et quand on pense à l'impact du transport aérien sur la pollution atmosphérique et sur la consommation énergétique, il y a de quoi se grater la tete. Toutefois il ne faut pas brulker les étapes et il s'agit d'un progrés considérable d'avoir un outil de mesure de la perfomance durabilité des entreprises qui soit potentiellement reconnu par tous. Rien n'empeche de l'améliorer dans le futur. En attendant c'est un bon outil de sensibilisation et une façon simple d'aider les entreprises a prendre en compte leur performance écologique

JFG | 18 mai 2006 à 20h25
 
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Re:Quid des impacts indirect ?

Les entreprises à forte valeur ajoutée technologique sont forcément privilégiées dans un tel classement....

Comment mettre sur le même plan une cimenterie et un constructeur automobile. Pourtant, nous avons tous besoin à la fois de nous déplacer et de nous loger...

Quid de la comparabilité et du benchmarking des impacts environnementaux (et de la performance économique) dans un même secteur concurrentiel.... les vrais questions n'apparaissent pas.

Cette approche me semble biaisée et peu flatteuse pour les universitaires.

Erwan

Erwan | 19 mai 2006 à 12h51
 
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