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Les saumons peuvent désormais emprunter la passe à poissons de Gambsheim

Complétant celle d'Iffezheim inaugurée en 2000, la passe à poissons du barrage hydro-électrique de Gambsheim inaugurée récemment permet de nouveau aux saumons, truites et autres poissons de remonter le Rhin.

Biodiversité  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
Jusqu'au 18ème siècle, le Rhin était le plus grand et le plus important fleuve salmonicole d'Europe et le saumon était un produit alimentaire de base. Mais la pollution du Rhin par les eaux usées domestiques et industrielles a contribué à chasser saumons, truites de mer et autres poissons migrateurs. Il y a plus de cent ans, les voies de migration empruntées par les poissons étaient déjà interrompues par de nombreux barrages de moulins. Toutefois, les ouvrages n'étaient pas aussi hauts et sophistiqués et certains poissons réussissaient à les traverser. C'est également à cette époque que sont apparues les premières passes à poissons. Malgré tout, le nombre de poissons migrateurs rejoignant leurs zones de frai s'est amoindri au fil du temps. Au cours du 19ème et du 20ème siècle, les cours d'eau ont été aménagés pour faciliter la navigation, protéger les riverains contre les inondations et produire de l'énergie hydraulique. Par leur mouvement rotatif, les turbines des usines hydroélectriques blessaient de nombreux poissons dévalants. L'impact négatif de ces travaux sur l'équilibre naturel a longtemps été sous estimé mais aujourd'hui des passes à poissons de nouvelle génération font depuis peu leur apparition avec des résultats encourageants.

Dans le cadre du programme d'actions fixé par la Commission Internationale pour la Protection du Rhin (CIPR), une nouvelle passe à poissons sur le barrage hydro-électrique de Gambsheim situé à 15 km au Nord-Est de Strasbourg a été inaugurée jeudi dernier. Ce dispositif complète la passe à poissons d'Iffezheim, située à 25 km en aval, qui permet depuis l'an 2000, à quelques 20.000 poissons, dont une centaine de saumons et près de 300 truites de mer de remonter le fleuve chaque année.

Le principe des passes à poissons est simple : il s'agit d'aider le poisson à remonter le fleuve. Plusieurs types de passes à poissons peuvent être aménagés en lien avec les capacités physiques des espèces migratrices. Par exemple la passe à bassins successifs, constituée d'une succession de petites chutes d'eau formant des bassins divise la hauteur à franchir tandis que l'ascenseur à poissons permet de remonter les poissons, piégés dans une cuve, et de les déverser en amont de l'obstacle.

La passe à poissons à Gambsheim est composée d'une succession de bassins en béton dont le nombre et les dimensions ont été calculés très précisément en fonction du débit du fleuve et des espèces de poissons. Un débit d'eau fourni par une microcentrale hydroélectrique attire les poissons au pied de la chute d'eau leur indiquant la direction qui leur permettra de franchir la passe sans encombre. Les poissons les plus rapides franchissent les bassins en une journée, les plus lents parfois en une semaine. Équipée de baies vitrées immergées permettant de voir les passages de poissons dans le but de comptabiliser les populations de migrateurs, cette passe à poisson de nouvelle génération permet de fournir des données indispensables pour les gestionnaires des cours d'eau. Un effort particulier a été entrepris pour accueillir le public et notamment pour permettre à des groupes d'observer les poissons lors de leur remontée.

L'ouvrage de Gambsheim compte parmi les plus grandes passes à poissons d'Europe en termes de débit (11 à 15 m3/s) et de coût (environ 10 millions d'euros répartis entre la France et l'Allemagne et complétés par les fonds des électriciens allemand EnBW et français EDF). Un suivi scientifique est assuré dans le cadre de la convention par des experts français et allemands pendant plusieurs années pour veiller à la poursuite du suivi biologique sur les 2 barrages. Depuis le début des comptages, le 12 avril dernier, plus de 23 000 poissons ont été recensés sur cette station de contrôle, indique l'association Saumon-Rhin qui a pu noter que deux saumons ont déjà franchi cet ouvrage ainsi que 24 lamproies marines.

Mais pour le CIPR, d'autres passes doivent suivre sur les retenues du Rhin supérieur et du haut Rhin pour que les poissons migrateurs aient à nouveau la voie libre dans le Vieux Rhin et vers la Suisse.

Les hauts représentants de la politique de gestion des eaux dans les Etats riverains du Rhin se sont d'ailleurs retrouvés à l'occasion de cette inauguration pour fixer les prochaines étapes de leur coopération. Au programme notamment : l'organisation en 2007 d'une conférence ministérielle sur le Rhin au cours de laquelle seront tirées les conséquences de l'évaluation de la mise en œuvre de la directive cadre sur l'eau et du programme « Rhin 2020 ».

Réactions2 réactions à cet article

 
Génial

Je suis heureuse que les choses avancent et que le saumon revienne en plus grand nombre dans le Rhin.
Plus il y aura de bonnes volontés plus les choses avanceront vite au service de l'environnement.

BICHIQUE | 29 juin 2006 à 16h11
 
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pitié

jsuis désolé mais jvois pas en quoi c'est bien les saumons. Ya une personne sur 10 qui aime et tu me parle. Et l'écologie dans tout ca ? Tfacon moi jdis trop pitié

jabbanane | 23 octobre 2008 à 13h54
 
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