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Le Comité du patrimoine mondial adopte une stratégie sur le patrimoine et le changement climatique

Outre son impact reconnu sur les écosystèmes, le réchauffement climatique menace également certaines perles du patrimoine mondial. Une menace que le comité du patrimoine mondial entend bien combattre.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
La plupart des écosystèmes naturels et des sites du patrimoine mondial, qu'ils soient terrestres ou marins, risquent d'être affectés par le changement climatique. En effet, ce phénomène concerne les glaciers, les barrières de corail, les mangroves, les forêts boréales et tropicales, les écosystèmes polaires et alpins, les zones humides et les prairies. Mais le changement climatique représente également un risque pour les sites culturels. Par exemple, la montée du niveau de la mer met les sites côtiers en péril, la désertification menace des sites tels que les Grandes Mosquées de Tombouctou au Mali. Enfin précipitations et hausses de température peuvent provoquer l'effondrement de certaines structures et les mouvements de population dus au changement climatique risquent de se traduire par l'abandon de certains sites tandis que d'autres s'en trouveront trop sollicités.

C'est dans ce contexte, que lundi, le Comité du patrimoine mondial a adopté les recommandations relatives aux moyens à mettre en œuvre pour lutter contre cette menace. Pour la Présidente du Comité du patrimoine mondial, Ambassadrice et Déléguée permanente de la Lituanie auprès de l'UNESCO, Ina Mariulionyt, il s'agit du début d'un long processus, un processus important car il attire l'attention sur des questions à long terme. Il est clair que les causes et effets du changement climatique ne peuvent pas être résolus en se limitant aux biens du patrimoine mondial. Mais nous avons le devoir de faire ce qui est en notre pouvoir pour protéger ce patrimoine puisque nous sommes responsables de la mise en œuvre de la Convention. C'est ce que nous essayons de faire en lançant plus d'études et en partageant notre expérience, ajoute-t-elle.

Le Comité a demandé aux Etats parties et à tous les partenaires impliqués de mettre en œuvre la Stratégie afin de protéger la valeur universelle exceptionnelle, l'intégrité et l'authenticité des sites du Patrimoine mondial des effets néfastes du changement climatique. Il a décidé que les sites affectés par les changements climatiques pourront être inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril, au cas par cas, et demandé qu'une étude soit réalisée sur d'autres solutions pour ces sites.
Il a également encouragé le Centre du patrimoine mondial, les organisations consultatives (notamment le Conseil international des monuments et des sites, l'ICOMOS, et l'Union Mondiale pour la Nature, l'UICN), et les Etats parties à faire des propositions pour développer des projets pilotes concernant certains biens spécifiques du Patrimoine mondial, notamment dans les pays en développement, afin de définir les meilleures pratiques pour la Stratégie. Par ailleurs, le Comité a demandé au Centre du patrimoine mondial de préparer un document d'orientation relatif à l'impact du changement climatique sur les biens du Patrimoine mondial. Élaboré en consultation avec les experts, les conservateurs, les organisations internationales et de la société civile, ce document devrait être présenté au Comité du patrimoine mondial en 2007. Il devrait traiter de la synergie entre les différentes conventions portant sur ce sujet, identifier les besoins en matière de recherche, et évaluer le rôle que peut jouer la Convention du patrimoine mondial, sur un plan juridique, pour répondre au changement climatique. Il devrait aborder la question des liens entre les organismes internationaux et agences des Nations Unies traitant de ces questions.

D'autre part, une préservation renforcée a permis au Comité du patrimoine mondial de retirer aujourd'hui la Cathédrale de Cologne (Allemagne), le Parc national des oiseaux du Djoudj (Sénégal), le Parc national de l'Ichkeul (Tunisie) et l'Ensemble monumental de Hampi (Inde) de la Liste du patrimoine mondial en péril. Abritant un million et demi d'oiseaux, notamment le pélican blanc, le héron pourpre, la spatule africaine, la grande aigrette et le cormoran, le Parc national du Djoud qui a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2000 à cause de la prolifération de la fougère aquatique Salvinia molesta, a été retiré de la liste car un contrôle biologique a permis aux gestionnaires du parc d'éliminer la menace que représentait l'invasion de cette plante. Pour l'Ensemble monumental de Hampi qui s'étend sur 25 km2 et qui comprend de riches temples et palais construits entre le XIVe et le XVIe siècle, c'est la réduction du trafic routier et la décision de modifier l'implantation d'un futur centre commercial qui ont permis au Comité de considérer également qu'il n'était plus en danger. Quant au Parc national tunisien de l'Ichkeul, menacé par une augmentation de la salinité de ses eaux, il a bénéficié de la décision des autorités de mettre fin à l'utilisation agricole des eaux du lac. Cette décision a réduit la salinité, permettant le retour dans ce parc de nombreuses espèces d'oiseaux, a souligné le Comité.

En revanche, le Comité du patrimoine mondial a décidé mardi de placer le paysage de la Vallée de l'Elbe à Dresde (Allemagne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril en réaction à un projet de la municipalité visant à construire un pont sur ce site. Il envisage également de retirer le site de la liste du patrimoine mondial en 2007 si le projet de pont voit le jour ». Jusqu'à présent, aucun site n'a jamais été retiré de cette liste. Celle-ci compte 812 sites ayant une « valeur universelle exceptionnelle » selon les termes de la Convention de l'UNESCO sur la Protection du patrimoine mondial culturel et naturel. Cette liste devrait être complétée lors de la 30e session du Comité du patrimoine mondial qui se tient actuellement et ce jusqu'au 16 juillet à Vilnius.

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