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Actu-Environnement

L'union européenne veut s´assurer de l´utilisation correcte des pesticides

La Commission européenne a adopté une nouvelle stratégie visant à améliorer les modalités d'utilisation des pesticides dans l'UE et qui complète la législation communautaire en vigueur concernant le contrôle de leur mise sur le marché.

Agroécologie  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
L'UE a pour obligation fondamentale de veiller à ce que l'utilisation des pesticides ne soit pas susceptible de mettre en péril la santé publique ou l'environnement, a déclaré le membre de la Commission à l'environnement, Stavros Dimas alors que la Commission vient d'adopter une nouvelle stratégie visant à améliorer les modalités d'utilisation des pesticides dans l'UE. Objectif : s'assurer que ceux-ci sont utilisés de manière adéquate afin de réduire leur impact sur la santé humaine et sur l'environnement.

Les pesticides, produits visant à la destruction de certains organismes vivants jugés nuisibles (animaux, végétaux, micro-organismes) sont utilisés depuis de nombreuses années dans différents domaines, comme l'agriculture, bien entendu, mais aussi la voirie pour l'entretien des infrastructures routières et ferroviaires, le traitement du bois ou bien encore divers usages privés (jardinage, traitement des locaux…). Toutefois, en cas d´utilisation incorrecte (y compris la surutilisation), ils peuvent détériorer la qualité des eaux, de l'air et du sol et nuire à l'environnement et à la santé humaine.
Ils peuvent en effet avoir des incidences néfastes sur les végétaux, la faune sauvage et entraîner plus généralement une réduction de la biodiversité. Et être à l'origine de troubles de santé chroniques ou aigus, suivant le niveau et la durée d'exposition. Des concentrations indésirables de certains pesticides sont régulièrement détectées dans le milieu naturel (en particulier dans le milieu aquatique) et des résidus dépassant les limites autorisées sont parfois décelés dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux, souligne l'Union Européenne.

Avec l'objectif avoué que les Européens d'aujourd'hui et de demain ne voient pas leur santé compromise par l'utilisation de pesticides et puissent jouir d'un environnement sûr, propre et d'une grande richesse naturelle, explique Stavros Dimas, cette nouvelle stratégie, qui complète la législation communautaire en vigueur concernant le contrôle de la mise sur le marché des pesticides, prévoit notamment des plans d'action nationaux, des actions de formation à l'intention des utilisateurs professionnels et des distributeurs, la certification et le contrôle du matériel d'application des pesticides, la protection du milieu aquatique et la restriction voire l'interdiction de l'utilisation des pesticides dans des zones spécifiques.

Elle fait partie des sept stratégies thématiques présentées par la Commission dans le cadre du sixième programme d'action pour l'environnement de l'UE. Les autres stratégies concernent la pollution atmosphérique, l'environnement marin, la prévention et le recyclage des déchets, les ressources naturelles, l'environnement urbain et les sols.

Décrite dans un communication, accompagnée d'une proposition de directive-cadre fixant des objectifs et des exigences communs, mais qui laisse aux États membres une certaine souplesse dans la mise en œuvre en fonction de leur situation géographique, agricole et climatique, elle contient en particulier deux nouvelles propositions législatives : des exigences essentielles en matière de protection de l'environnement que devront respecter les nouveaux équipements d'application des pesticides mis sur le marché et un nouveau règlement concernant les statistiques sur les produits phytosanitaires. Par ailleurs, elle encourage l'utilisation de méthodes phytosanitaires de remplacement ayant une moindre incidence sur la santé et l'environnement. Un nouveau débouché commercial sera ainsi créé pour les sociétés les plus novatrices dans le secteur de la fabrication des produits phytosanitaires chimiques et non-chimiques, estime l'institution européenne. Enfin, elle préconise le passage à une nouvelle génération de pratiques agricoles respectueuses de l'environnement, contribuant ainsi à la modernisation du secteur agricole. Se limitant pour l'heure aux produits phytosanitaires, son champ d'application pourrait être étendu aux produits biocides : désinfectants, produits de protection du bois et peintures antisalissures par exemple.

La nouvelle stratégie européenne crée dès lors un cadre commun au sein duquel chaque État membre établira un plan d´action national. En France, le gouvernement a présenté récemment un plan pour réduire leurs usages. Fruit d'une collaboration entre les ministères de la santé, de l'environnement, de l'agriculture et de l'économie, ce plan prévoit de diviser par deux d'ici trois ans la quantité de pesticides les plus dangereux mis en vente. Rappelons qu'avec 76100 tonnes de substances actives commercialisées en 2004, la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le 3e consommateur mondial derrière les Etats-Unis et le Japon.

Réactions2 réactions à cet article

 
Pesticides, en vrac

Quelques remarques...
- Si l'UE a pour objectif de "s'assurer que ceux-ci (les pesticides) sont utilisés de manière adéquate afin de réduire leur impact sur la santé humaine et sur l’environnement", en utilisant le verbe « REDUIRE » on ne peut mieux dire pour reconnaître que ces impacts existent !
- Il est vrai que l'agriculture n'est pas la seule utilisatrice de pesticides mais avec 90% des quantités utilisées, elle est en France malheureusement championne toutes catégories des usages.
- Associer les mots "surutilisation" à « détérioration des eaux » (en fait non des eaux elles-mêmes mais des êtres vivants qui les utilisent ou qui y vivent) c'est quasi suggérer que c'est la mauvaise utilisation qui est responsable des contaminations. Non, Mille fois non ! En réalité, même parfaitement utilisés aux doses prescrites, l'essentiel des produits n'atteint pas sa cible. Il se retrouve dès lors pour une grande part sous forme de résidus liés au sol comme les travaux à Montreuil sur Epte du BRGM le montrent (4 ans après l'interdiction de l'atrazine, le taux est quasi tjrs le même dans la nappe !)
- « Limites autorisées ». Un leurre ces seuils ! Un leurre qui n'a aucun fondement scientifique ni sanitaire (propos de Yves Lévy expert Eau de l'AFSSA), et qui ne protégent bien entendu en rien les consommateurs. C'est quasi une manie de considérer qu'en dessous d'un seuil on SERAIT protéger. En fait on n'en sait rien. Ou plutôt si. Si les seuils nous protégeaient... il n'y aurait pas d'impacts sur l’environnement ni sur la santé humaine ! Un leurre donc car ils ne tiennent pas compte des cocktails de pesticides, des devenirs des pesticides, des effets croisés, des bioaccumulations, des effets de perturbations endocriniennes à très faibles doses notamment au cours de la grossesse. Aux EU, des seuils différents existent pour l’adulte, la femme enceinte, les enfants.
- « Formations des professionnels... » Pour l'heure la formation est laissée aux marchands de pesticides eux-mêmes. Leurs avis sont bien entendus totalement désintéressés comme on peut s’en douter. Comment en sortir ? Il faudra certainement du réglementaire (comme au Danemark) pour en arriver à un réel changement sur le terrain...
- J'ai lu trop vite peut-être... mais je n'ai pas cru voir de propositions chiffrées de réduction d’usage des pesticides comme les pays du nord l’ont fait... Bon, c'est promis, je suis déjà vieux et ai besoin de renouveler sans doute plus souvent mes lunettes... Promis, je m’en occupe dès que possible....

Christian Pacteau (LPO 85 – MDRGF)

Anonyme | 22 juillet 2006 à 23h25
 
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Re:Pesticides, en vrac

Si il est vrai quand France l'agriculture est la première utilisatrice de pesticides, et de loin, les risques de contamination sont nettement plus importants au niveau des collectivités territoriales, des particuliers et des entreprises (notamment la SNCF). Même si des efforts sont faits, les transferts de pesticides sur des surfaces imperméables ou proche de réseaux d'écoulement d'eau (voirie, fossé ou réseaux hydrographiques) sont nettement plus importants que sur des surfaces cultivées. Je ne remet nullement en cause le fait qu'il y est des contaminations dues aux pratiques agricoles mais que la contribution à la contamination générale du milieu n'est pas proportionnelle aux quantités utilisées et que le poids des autres pratiques est important.

Les seuils en France et en UE sont simples et basées sur une réalité historique qui est maintenant dépassée (seuil de détection de l'époque). Par rapport aux EU, ils sont généralement largement en dessous et donc plus strictes. Ces seuils le sont moins pour des nouvelles molécules dont les doses d'utilisation sont faibles car les effets sont plus "efficaces" (pour ne pas dire "dangereux") à moindre dose. En tout cas je comprends la phrase " ... en cas d´utilisation incorrecte ils peuvent détériorer la qualité des eaux, ..." comme quoi les utilisations incorrectes (surdose, traitements des fossés, vidange de cuve, ...) favorisent grandement le risque de détérioration. Ce qui est vrai et ne contredit pas n'ont plus qu'une utilisation de pesticides quel qu’il soit est un risque de "détérioration" des milieux.

Quand à la formation des professionnels, je rejoins votre opinion. Je dirais même que puisque les pesticides sont des matières dangereuses, il faut les contrôler et les utiliser de la même manière que toutes substances dangereuses.

Si on ne sait pas encore clairement ce qui se passe en dessous de ses fameux seuils, il faudrait appliquer le principe de précaution ... est ce viable ? Je pense que le but de ce programme va dans le bon sens. On ne peut pas aller plus vite que la musique mais on peut faire des efforts pour l'améliorer.

FT

Anonyme | 28 juillet 2006 à 13h22
 
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