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Actu-Environnement

Air Liquide teste la séquestration du CO2 grandeur nature

Le centre de R&D d'Air Liquide situé à Countryside (Illinois) travaille depuis 2003 sur un projet de séquestration de CO2. Aujourd'hui la nouvelle phase de ce projet consiste en six tests grandeur réelle d'injection de CO2.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Dans le cadre du protocole de Kyoto obligeant les pays développés à réduire de 5,2 % en moyenne leurs émissions de GES sur la période 2008-2012, la capture et la séquestration des émissions de CO2 issues des énergies fossiles constituent une voie de recherche importante.

Ce procédé consiste à capturer le CO2 à la source c'est-à-dire les grands sites de production d'électricité et d'industrie lourde puis à les enfouir dans les couches souterraines profondes de la Terre.

Déjà partenaire de plusieurs projets de recherche dans ce domaine, notamment en Pologne et au Canada, la filiale américaine Air Liquide Industrial US LP vient d'annoncer avoir étendu sa collaboration avec le Midwest Geological Sequestration Consortium (MGSC) dans le cadre d'un projet de séquestration du CO2 soutenu par le Département américain de l'énergie et l'Illinois Office of Coal Development. Alors qu'il se poursuivra jusqu'en 2009, ce projet s'ouvre aujourd'hui sur une nouvelle phase avec six tests grandeurs nature d'injection de CO2.

Bien que déjà réalisées dans plusieurs endroits dans le monde, la capture et la séquestration des émissions de CO2 issues des énergies fossiles demande encore un certain nombre de validations pour garantir sa faisabilité technique, son rapport coût/efficacité et la pérennité du stockage souterrain, indique Air Liquide dans un communiqué.

Air Liquide mettra en œuvre l'injection de 19.000 tonnes de CO2 liquide lors de ces tests, fournira les réservoirs de stockage de CO2 ainsi que son expertise dans le dispositif d'injection et son assistance dans l'exploitation des résultats pour s'assurer que le CO2 enfoui restera piégé dans les couches géologiques profondes.

François Darchis, membre du Comité Exécutif d'Air Liquide, voit en ce partenariat une illustration de notre capacité à mettre en oeuvre la chaîne complète de séquestration du CO2 en développant les technologies de concentration, séparation, transport et injection du CO2 dans les couches profondes de la Terre afin de les piéger définitivement.

Réactions14 réactions à cet article

 
Attention:

Enfouir du CO2 dansles couches profondes de la terre n'est il pas dangereux pour les générations qui vont nous suivre?
Je n'ai pas la réponse mais j'ai l'impression qu'on se voile la face et que l'on cherche à résoudre le problème en créant un autre problème.
Tout ceci me fait penser aux ménages surdendettés qui pensent s'en sortir en empruntant toujours plus mais sans réduire leur train de vie.

Pat | 31 août 2006 à 11h19
 
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catastrophe à long terme ?

Ne risque-t-on pas avec cette solution, de provoquer à très long terme une catastrophe qui libèrerait des millions de tonnes de CO2 en une ou plusieurs fois dans l'atmosphère ? Et, à plus court terme, cela va-t-il nous inciter à réduire ces fameuses émissions de GES ?

Anonyme | 31 août 2006 à 13h33
 
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C'est fou ça

Un grand merci, comme ça on ne changera pas nos habitudes (et surtout celles des américains), on continuera de consommer toujours plus et toujours plus fort, et en plus on va encore faire supporter à notre bonne vieille terre la conséquence de nos actes, déja qu'elle supporte pas mal de nos déchets de toutes sortes (dont le nucléaire), voilà que l'on va lui injecter du CO2 liquide.


Je suis quand même sidérée que les instituts de recherche américains ne concentrent pas toute leur énergie et leur argent à développer la voie des énergies renouvelables et de la sensibilisation.
Si quelqu'un en sait plus à ce sujet, je voudrais bien être éclairée.
Merci à tous

Laets | 31 août 2006 à 13h51
 
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Developpement temporaire ou durable?

Je lis dans le complement d'info "Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, la séquestration du CO2 apparaît comme une solution temporaire mais efficace."
J'avoue que j'ai du mal a comprendre comment les gouvernements et grands groupes trouvent le temps et l'argent necessaire a developper des solutions "temporaires mais efficaces", dont nous ne connaissons pas les consequences a long terme, a l'heure ou le "durable" est une preoccupation majeure, et necessaire.
Je rejoins les autres reactions en me posant ces questions : tout ce CO2 va-t-il en effet rester dans les couches profondes de notre planete, sans reagir aux mouvements internes, ou va-t-il se liberer tout-a-coup, tuant tout organisme vivant a des centaines de kilometres a la ronde?
Et ne devrait-on pas utiliser cette energie, temps et argent a trouver des solutions DURABLES...?

charcholle | 31 août 2006 à 16h46
 
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L'impossible combat

Votre parallèle est intéressant. Je pense comme vous que l'effort doit porter sur la réduction des emissions. Or, l'enfouissement demande énormément d'energie.

A force de se voiler la face, nous risquons un jour de nous apercevoir de notre inconscience passée. Le problème majeur, c'est que le combat contre le réchauffement climatique n'est pas global et centralisé. Il est donc peu efficace, d'autant plus qu'il est loin de représenter une priorité dans la politique des gouvernants de cette planète.
Et comme les médias n'appuient pas assez sur les cris d'alarme des scientifiques, on ne changera pas rapidement...

M. MARTIN

M. MARTIN | 31 août 2006 à 19h57
 
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On marche sur la tête !

C'est vrai que planter des arbres ou mieux booster la production photosynthétique du phytoplancton océanique c'est trop simple pour les honorables technocrates d'AL !
Ce sont les même qui désespèrent de pouvoir allumer un soleil à Cadarrache (projet ITER). Dès fois qu'on manquerait de chaleur en ce moment. On devrait imposer aux centraliens et autres polytechniciens des stages de fin d'études...sur terre. avec de vrais humains.; des réfugiés climatiques par exemple.

Bison Debout | 31 août 2006 à 20h33
 
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Re:On marche sur la tête !

Le polytechnicien que je suis a eu le même réflexe que vous. Mais réflexion faite, je pense que les deux démarches (biomasse et séquestration) seront complémentaires.
La biomasse est plus interessante comme substitut pérenne au pétrole (carburant, matéraux, chauffage) que comme mode de stockage du CO2 (ça ne marche qu'une fois, en pourissant ou brulant, production de CH4 ...)
La séquestration du CO2 n'est pas encore au point (voir La Recherche de septembre 2006, p12 "Les failles du piégeage du CO2" (experience dans le golfe du Texas dans un aquifère salin)

B38 | 01 septembre 2006 à 14h04
 
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Re:Re:On marche sur la tête !

J'en convients. Au fait je n'ai rien contre les "bons" élèves des grandes écoles; plaisir rhétorique, tarte à la crème des lieux commun de la plèbe.
L'océanologue que je suis qu'en terme de stabilisation durable (rappel : rien n'est durable à l'échelle des temps astronomiques) on pourrait stocker utilement du carbone dans un sol reconstitué mélant sable saharien et alluvions fluviales. C'est néguentropique à souhait car permettrait de freiner l'avancée du désert (processus de vieillissement naturel de notre planète). L'ancien gazier que je suis aussi (curieux mélange non ?) tique sur l'énorme dépense énergétique que suppose la liquéfaction dudit CO2. Votre état dubitatif sur la boucle courte de la méthanisation de la biomasse devrait s'estomper avec la consultation des récentes avancées de la technologie GTL :
CO2 = biomasse via photosynthèse
biomasse = CH4 via méthanisation
CH4 donne CH3-OH via GTL
méthanol = biocarburant très efficace (1/2 moins de CO2 émis à puissance mécanique égale).
Conclusion : recours moindre aux hydrocarbures fossiles.

Bison Debout | 01 septembre 2006 à 14h41
 
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Ce n'est pas si simple

En réponse à tous ces commentaires négatifs, c'est toujours dommage de constater des réactions épidermiques et idéologiques, or:
1. Compte tenu de la population humaine actuelle, il n'est pas possible de dire non à toutes les énergies sauf à la biomasse, au solaire ou à l'éolien, sans dire tout aussi clairement qu'on dit non au développement du tiers monde et oui à la régression des niveaux de vie du monde développé ... à moins qu'on n'accepte de militer pour une forte réduction de la population humaine sur Terre (ce dernier point étant le grand non-dit de l'écologie en politique: on n'a pas tous les courages ... Cousteau avait pourtant un peu déliré sur ce thème à la fin de sa vie)
2. Il faudra donc accepter un éventail de solutions, dont bien sûr la biomasse, le solaire et l'éolien, mais aussi les barrages, le nucléaire, le méthane des chlarates et le charbon; ce qui ne nie évidemment pas que la part des trois premières est loin d'être optimisée et qu'elle doit l'être
3. La séquestration du CO2 pour des centrales thermiques au charbon est faisable aussi bien en termes économiques qu'énergétiques: ça représente un coût de l'ordre de 20% dans les deux cas. On peut faire confiance à vos polytechniciens pour savoir faire ce type de calculs; après tout, ce sont tous des descendants de Carnot!
4. La durabilité de la séquestration est effectivement une question essentielle ... et c'est bien pour ça que des projets expérimentaux ont lieu! En même temps que du CO2, certains rêvent même d'injecter des microorganismes (bactéries) aptes à accélérer une transformation de ce CO2 en carbonates. Là, tout le monde serait content car on aurait fixé le CO2 sous forme de roche sédimentaire; on oublie en effet trop souvent que les calcaires sont des roches d'origine organique (comme les hydrocarbures et le charbon) dont la formation est le résultat d'une action biologique.
Conclusion: la civiliastion technique et sa culture du toujours plus nous mettent en crise écologique aujourd'hui, mais c'est en réorientant le progrès technique (et en refondant certaines valeurs sociales) que l'on trouvera la solution et non pas en cassant cet outil extraordinaire qu'est le progrès technique, soutenu par le désir de développement des hommes: on ne peut pas alerter sur les catastrophes à venir et se contenter de faire la morale et de recourir à des solutions dérisoires (j'éteindrai quand même mon ordinateur ce soir mais je reste partisan d'un ordinateur pour tous!)

HJM | 01 septembre 2006 à 17h05
 
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Re:Ce n'est pas si simple

Je ne suis pas vraiment en accord avec votre façon de voir les chose; à mes yeux, enfouir ce n'est que repousser le probleme une fois de plus et oui la technologie est en progression chaque jour alors n'y a t'il pas des solutions des vrai???

viana | 05 septembre 2006 à 11h49
 
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soyez terrifiés!!!!

le géologue paysan que je suis vous le dit bien fort soyez terrifiés à l'idée qu'un des plus prestigieux institut de recherche de géophysique du monde récement bradé dans le cadre d'une privatisation largement étouffée par les médias se trouve soudainement doté d'un budget de recherche colossal su le thème de l'enfouissement profond du CO2. Soyez rassurés cependant les pétroliers et gaziers pensent à vos interêts en effet la mise en charge des gisements pétroliers en perte de vitesse avec du CO2 va permettre d'extraire des fractions non disponibles à l'heure actuelle de ces gisements...
donc vous allez payer les pétroliers qui vont enfouir votre C02 dans leurs puits épuisés qui vont rentrer à nouveau en production et produire le pétrole que vous allez consommer qui va produire le CO2 pour qui vous allez payer pour l'enfouir qui va permettre d'extraire des fractions du gisements qui n'étaient pas accessible qui vont produire le pétrole que vous allez consommer que vous allez conso que vous allez cons ... cons... cons... cons...cons...cons...
ne changez rien enfouissez nous nous occupons de vous... parceque le BRGM n'a pas reçu un seul centime pour étudier avec l'argent du contribuable comment vous porriez émettre moins de gaz carbonés parce que votre CO2 les interesse parce que aprés les pétrodollars viendront les COdollards !!!!
désolé de ce petit nuage d'hydrocarbure sur votre tasse de dioxyde carbonaté...

roseaux 007 | 15 septembre 2006 à 02h18
 
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Les bras m'en tombent !

Je suis sidéré que lorsque l'on parle de stockage géologique profond de déchets nucléaires, cela émeut les écologistes de tout poil, alors que l'on parle de quelques milliers de tonnes de matériaux confinés (solides), et que dans le même temps, personne ne s'inquiète de la perspective de stocker des dixaines de millions de tonnes de CO2 dans le sous-sol (non confiné). Qui peut garantir qu'il ne remontera jamais ? Rappelez-vous des dégâts que peuvent faire un dégazage de CO2 dans un lac volcanique ...
Présenter la séquestration du CO2 comme une solution à l'émission de GES est donc une vaste escroquerie !

nobody | 24 septembre 2006 à 17h30
 
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Re:Les bras m'en tombent !

Pas sur ... il est prévu que le CO2 soit injecté à la place d'hydrocarbures prélevées à grande profondeur ; or, ces "reservoirs" d'hydrocarbures datent de plusieurs millions d'années et on donc fait la preuve qu'ils étaient stables et ne laissaient pas s'échapper leur contenu : cela veut dire qu'ils sont à l'abri de séismes et autres éruptions volcaniques qui pourraient engendrer des fuites.

La question est de savoir si il existe suffisament de ce genre de reservoirs pour pouvoir accueillir la totalité de notre CO2.

Moi je vois un autre problème : ne peut on pas envisager que ce genre de fuites de CO2 ne soient provoquées de façon volontaire , par implantation d'explosifs (dynamite, nitro), engendrant un dégagement massif de CO2 dans l'atmosphère ?

Loïc | 28 mars 2007 à 17h00
 
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Re:Re:Re:On marche sur la tête !

Bonjour,

Concernant la méthanisation, le principal problème est que dédier des terrains à la biomasse destinée à la méthanisation se fera :
- soit au dépends de zones actuellement utilisées pour l'agriculture, ce qui est difficilement envisageable vu que les besoins en nourriture de la planète vont continuer à croitre avec la population (11 miliards en 2050 selon les prévisions).
- soit par déforestation, mais en terme de récupération du CO2 ca ne sert pas a grand chose de remplacer des arbres par des arbres
- soit, et c'est la seule solution restante, dans certains pays qui en disposent, en cultivant les zones de jachère qui sont capables d'accueillir ce type de culture.

Ce qui signifie qu'e la méthanisation ne peut etre envisagée comme une solution a mettre en oeuvre seule. Mais je suis d'accord qu'elle peut être combinée à d'autres (et en particulier la séquestration et le stockage du CO2 à haute profondeur) pour réduire les émissions de CO2

Pour ce qui est du cout de sequestration du CO2, j'ai lu qu'actuellement on en était à 50/60 euros / tonne séquestrée, et qu'un programme avait été lancé pour réduire ces couts à 20/30 euros/tonne, ce qui le rendrait économiquement viable. Ca ne parait pas si invraisemblable d'y arriver ...Pour info , l'étape la plus chère est effectivement la liquéfaction. Le transport coute 8euros/tonne et le stockage 1 à 8 euros/tonne.

Je n'ai pas très bien compris comment vous pensez stocker du carbones dans le sol reconstitué sans le liquéfier auparavant
: vu la masse volumique du CO2 gazeux, le transport de grandes quantités de CO2 implique forcément la liquéfaction ...

Enfin, concernant ITER, c'est loin d'etre une expérience farfelue et sans espoir : des réacteurs de fusion de puissance une dizaine de fois plus faible que ITER on déja fonctionné. Et si ITER arrive a des résultats concluants ( ce qui est tout à fait possible), on aura une solution unique de fabrication d'énergie qui résoudra la quasi totalité des problèmes (émissions CO2, ressources finies, quantité de déchets radioactifs ) des modes de production d'énergie actuels

Loïc | 28 mars 2007 à 17h20
 
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