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Le traitement bio-mécanique des déchets prend de l'essor en Europe

Aux côtés de l'incinération et de la mise en décharge, une nouvelle stratégie de traitement des déchets se développe dans plusieurs pays européens : le traitement bio-mécanique, afin de limiter la mise en décharge des déchets fermentescibles

Déchets  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
   
Le traitement bio-mécanique des déchets prend de l'essor en Europe
Usine TBM – SMITOM Launay-Lantic
   
La directive 1999/31/CE concernant la mise en décharge des déchets impose aux Etats membres de l'Union Européenne de réduire la quantité de déchets biodégradables mis en décharge afin de limiter les émissions de biogaz en provenance des centres de stockage. Pour répondre à cette directive, les pays ont développé des stratégies basées sur des techniques et des outils réglementaires différents. En France, l'importance de la filière incinération doit permettre de respecter facilement les objectifs européens, mais plusieurs pays ont décidé de développer la filière du traitement biomécanique (TBM).
Le procédé biomécanique au sens large traite les déchets en isolant mécaniquement certaines parties et en traitant biologiquement d'autres. Les TBM regroupent donc plusieurs types de procédés mécaniques et biologiques, qui peuvent être combinés de plusieurs façons en fonction des résultats attendus. Les traitements mécaniques permettent une séparation des différentes fractions contenues dans le déchet en des fractions potentiellement réutilisables et/ou qui peuvent subir un traitement biologique : séparation des fractions hautement calorifiques ou des matériaux recyclables ou encore broyage des déchets fermentescibles. Les traitements biologiques transforment quant à eux la partie biodégradable en compost et/ou en biogaz et/ou en fraction stabilisée biologiquement. Ce peut donc être des traitements aérobies de type compostage ou anaérobie comme la méthanisation. Les deux types de traitement biologiques peuvent être utilisés seuls ou en combinaison.

Les TBM ont pour objectif d'augmenter les taux de valorisation des ordures ménagères et de diminuer les volumes à éliminer par incinération ou enfouissement et les impacts environnementaux qui en découlent. Les installations de traitement biomécanique peuvent accueillir des ordures ménagères brutes ou des ordures ménagères résiduelles résultant de la collecte sélective. Les équipements sont en conséquence adaptés au type de déchets entrants. Tous les traitements sont effectués sur un même lieu et permettent, selon les filières de traitement retenues, d'isoler des matériaux recyclables, une fraction hautement énergétique qui peut servir de combustible, du biogaz, du compost ou un résidu stabilisé destiné à l'enfouissement qui ne produira plus de biogaz. La gamme des matières possibles est donc assez variée et les technologies TBM doivent donc être choisies en fonction de celles que l'on souhaite obtenir. Il est important de noter que, sur le plan juridique, tout déchet transformé par TBM garde son statut de déchet.
Sur le plan économique, la disparité des techniques utilisées conduit à des coûts très variables. Les coûts d'investissements s'échelonnent de 150 à 400 €/tonne/an et les coûts de fonctionnement de 45 à 90 € la tonne mais dépendent fortement de la qualité des déchets entrants et des débouchés.

Actuellement 80 usines de traitement biomécanique sont opérationnelles dans le monde, soit une capacité de traitement de plus de 8,5 millions de tonnes par an. 43 usines sont en projet ce qui devrait porter la capacité de traitement à 13 millions de tonnes par an en 2006. L'Espagne, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne font partie des pays les plus avancés sur les TBM. La capacité des unités de TBM en place est comprise entre 10.000 t/an et 250.000 t/an, avec une majorité d'usines de capacité inférieure à 100.000 t/an. Aucune installation n'a été construite à une échelle comparable à celle des plus grands incinérateurs (plus de 500.000 t/an).
Il existe très peu d'installation de TBM en France où l'incinération est la technique qui a été privilégiée pour répondre à la directive 1999/31/CE concernant la mise en décharge des déchets. Mais face à une grogne de plus en plus exprimée par la population envers ce type de traitement, les TBM pourraient faire l'objet d'un regain d'intérêt.
Selon une étude du MEDD, les collectivités qui ont retenu la solution TBM mettent en avant son avantage économique par rapport à l'incinération en cas de faibles tonnages : les unités de TBM sont plus petites et plus flexibles et elles peuvent supporter des variations saisonnières de quantités de déchets entrants. Par ailleurs, le pré-traitement biologique, qui vise à une stabilisation des déchets avant enfouissement, permet d'une part une perte de masse due à une diminution de la matière organique et de la teneur en eau et d'autre part d'augmenter la densité des déchets enfouis. Ainsi, le volume à enfouir peut être réduit de 50 à 60 %. La durée de vie des sites de stockage peut ainsi être prolongée, d'où une économie pour la collectivité. De plus, le pré-traitement biologique peut traiter les boues de station d'épuration en même temps que les déchets résiduels. Cela peut notamment être très intéressant dans les régions où l'épandage des boues ou de composts de boues est difficile.
Enfin, le recours aux TBM en vue de fabriquer du compost peut permettre d'avoir des taux de valorisation supérieurs à ceux que l'on aurait obtenus sur des biodéchets collectés séparément, avec également un coût moins important dans le cas où on a déjà des installations de compostage en place qu'il suffit juste d'optimiser.

Cependant, malgré ces différents avantages, la mise en place de traitement TBM connaît encore quelques freins. Le risque principal vient de la difficulté à obtenir des marchés stables et de long terme pour les fractions issues des TBM, ce qui dissuade les sociétés privées de développer le secteur. Les combustibles issus des TBM par exemple ne sont pas homogènes, ils contiennent des métaux lourds et il y a parfois des problèmes d'odeurs dus à leur dégradation pendant le stockage, ce qui les rend plutôt impopulaires. La réglementation est également une source d'incertitudes que ce soit sur la définition du déchet stabilisé, sur la protection des sols par rapport au compost ou encore sur la frontière juridique entre le statut « déchet » et le statut « produit ».
D'autre part, il ne faut pas oublier que les TBM ne sont pas une solution finale pour les déchets : une filière de type enfouissement ou incinération reste nécessaire pour la partie résiduelle, ce qui peut représenter un surcoût important qui peut dissuader les collectivités. Au même titre que les autres modes de traitement des déchets résiduels, les TBM s'avèrent complémentaires à la prévention et au recyclage. Ce dispositif récent peut être utilisé, dans le cadre d'une approche globale et multifilière, sur des déchets en amont de la décharge ou de l'incinération, afin de limiter ou d'optimiser le recours à ces techniques.

En tout état de cause, les traitements bio-mécaniques s'insèrent dans une nouvelle approche de la gestion des déchets, davantage tournée vers la valorisation. Les TBM sont autant une technologie de production (de combustible, de compost, d'énergie…), qu'une technologie de traitement de déchets. L'importance que revêtent les débouchés traduit très clairement cette nouvelle approche.
La variété des technologies TBM leur permet de s'insérer dans différents contextes locaux. Les choix stratégiques de la collectivité, la situation des exutoires locaux et l'existence de débouchés sont autant de paramètres essentiels dans l'analyse locale de la pertinence des TBM.

Sur le même sujet

Textes Réglementaires

Directive européenne du 26/04/1999 - 1999/31/CE

Glossaire

Méthanisation Compostage

Réactions1 réaction à cet article

 
Commentaire sur le choix de la France .

Monsieur Laby , la France n'est pas une référence quant au choix du traitement des ordures ménagères par l'incinération . ( Lire le livre de Dany Dietmann titre : Déchets Ménagers sous titre : Le Jardin des Impostures
éditeur :L'harmattan . ) Ce procédé , même si on le nomme "revalorisation énergétique " est incompatible avec le développement durable , crée des pollutions supplémentaires ( malgré les normes en vigueur ) et n'est pas porteur d'emplois .L'incinération est en déclin à l'échelle planétaire .Hier , Mercredi 06 Septembre 2006 s'est déroulée la journée mondiale anti incinération. Certains élus ,scientifiques et une partie de la population s'opposent à ce procédé en proposant des alternatives .

Le plus important dans le dossier de traitement des déchets n'est pas assez souvent évoqué : ce n'est pas le mode de traitement , ce n'est pas le recyclage ,c'est la DIMINUTION DES DECHETS A LA SOURCE . Il faut commencer par là : Le meilleur déchet c'est celui que l'on ne crée pas .Le plus gros de nos efforts devrait être concentré dans ce domaine .

DD | 07 septembre 2006 à 06h34
 
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