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Lyonnaise des Eaux lance une Charte de 12 engagements pour une gestion durable de l'eau

Spécialiste des services aux collectivités pour la gestion de l'eau, la Lyonnaise entend s'engager pour le développement durable autour d'une charte de 12 engagements pour une gestion durable de l'eau. Une initiative soutenue notamment par la FNE.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Les changements climatiques, la croissance démographique, ou encore la pollution de l'environnement engendrent des tensions sur les ressources en eau. Les Français ont conscience de ces phénomènes, puisque, interrogés pas TNS Sofres les 6 et 7 septembre dernier, 43% estiment qu'aujourd'hui la problématique environnementale prioritaire est celle de la qualité et de la quantité de l'eau, devant la pollution de l'air (38%) ou les déchets nucléaires (33%).

C'est dans ce contexte que Lyonnaise des Eaux a lancé récemment une Charte d'engagements pour une gestion durable de l'eau. Ces actions s'articulent autour de 3 axes : préserver les ressources et respecter l'environnement, être un partenaire local du développement des territoires et dialoguer et agir avec tous les publics de l'entreprise. L'enjeu pour Lyonnaise des Eaux, explique Bernard Guirkinger, président-directeur général de Lyonnaise des Eaux, est d'aller au-delà de ses obligations contractuelles ou réglementaires pour anticiper les attentes des différentes parties prenantes de l'entreprise et ensemble de concevoir les grands objectifs de gestion durable.

L'un des engagements concerne la prévention des pollutions. En France, l'ensemble des réseaux d'eau potable utilise l'équivalent de 1,5 % des pluies annuelles moyennes ce qui correspond pour exemple à 10 % du débit du Rhône. Comme cette ressource est souvent menacée et ''abîmée'', Lyonnaise des Eaux s'est engagée à développer un plan de préservation de la ressource et de prévention de la pollution. Les solutions sur lesquelles nous nous engageons, souligne Bernard Guirkinger dépendent bien sur des spécificités locales : conventions avec les agriculteurs pour limiter les pollutions diffuses sur les champs captants, périmètres de protection des points de prélèvement d'eau ou encore techniques de neutralisation des pollutions avant qu'elles n'atteignent les nappes souterraines. Concrètement à Marsannay-la-Côte (Côte d'Or) par exemple, le procédé de régénération de nappe utilisé a permis de protéger la ressource et de sécuriser l'alimentation de l'agglomération dijonnaise. La nappe sud de Dijon connaissait en effet de sérieux problèmes de pollution par des hydrocarbures volatils, dus à la proximité d'une importante zone d'activité. Afin de pouvoir augmenter le puisage dans cette nappe tout en la régénérant, la solution adoptée a consisté à placer des analyseurs dans des petits forages en amont des forages principaux, détectant en continu la présence des composants indésirables. Dès qu'un seuil de pollution est atteint, le pompage dans ces forages est déclenché par la gestion technique centralisée avant qu'elle n'atteigne la nappe basse. L'eau polluée est alors traitée par aération forcée dans une « tour de stripping » avant d'être réinjectée dans le milieu naturel.

Lyonnaise des Eaux s'est également engagée à lutter contre le gaspillage. L'objectif de la société : avoir économisé en 2010 l'équivalent de la consommation d'une ville de 700 000 habitants. Outre l'organisation de programme de sensibilisation des usagers pour limiter le gaspillage et la mise à disposition d'un outil de modélisation de l'impact des rejets dans les milieux naturels ainsi qu'un plan de protection de la faune et de la flore, Lyonnaise des eaux surveille le rendement de réseaux des collectivités locales. En effet, chaque jour les fuites des réseaux d'adduction d'eau engendrent des pertes importantes de la ressource. Selon le Cemagref, elles représentent environ 20% de l'eau transportée dans les réseaux. L'entreprise a ainsi mis en place en 2003 un programme baptisé le « Cercle des eaux disparues » pour traquer les fuites d'eau et limiter le gaspillage des ressources. Ce programme s'appuie sur la réduction des délais de détection des fuites d'eau et des interventions techniques, grâce à des méthodes de télésurveillance et de suivi précis des comptages, à l'utilisation de technologies de pointe comme les détecteurs acoustiques. Depuis 2003, l'accélération des programmes de traitement des fuites sur le réseau public de distribution d'eau a permis d'économiser l'équivalent de la consommation d'une ville de 500.000 habitants,précise l'entreprise.
Un Centre d'expertise pour la gestion des ressources en eau, crée en collaboration avec Suez Environnement, devrait d'ailleurs bientôt voir le jour. Il développera son expertise sur la gestion optimisée des réseaux d'eau, la réalimentation des nappes phréatiques ou encore la mise en valeur des ressources alternatives (réutilisation des effluents urbains etc.).

Au niveau de l'emploi, l'entreprise s'est engagée à signer d'ici 2010, 1.000 contrats en alternance avec les établissements scolaires et a signé en 2006 avec les partenaires sociaux, un accord sur l'emploi des handicapés qui l'engage à leur faire une large place au sein de l'entreprise. L'objectif est de favoriser l'embauche de personnes handicapées et de faciliter leur intégration dans l'entreprise, précise Jean-Michel Théron, Directeur Général de Lyonnaise des Eaux. Sur les 3 ans à venir, 73 personnes devraient être embauchées.

Par ailleurs, pour participer aux plans climats des collectivités, Lyonnaise des eaux s'est fixé l'objectif de réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre de sa flotte de véhicules, d'ici 2010. Composée de près de 5.700 véhicules fonctionnant majoritairement au Gasoil, la flotte de véhicules émet actuellement 21.500 tonnes équivalent CO2. Pour atteindre l'objectif, l'entreprise renouvellera ses véhicules en choisissant d'une façon générale une motorisation diesel à injection directe, moins émettrice en CO2, puis privilégiera les véhicules électriques et au diester, afin que d'ici 2010, 42% du parc soit composé de véhicules propres.

Enfin, l'engagement 5 concerne la promotion de l'eau du robinet. L'eau du robinet coûte 100 fois moins chère que l'eau en bouteille et son empreinte écologique est 1.000 fois moindre. Pourtant la consommation d'eau en bouteille a été multipliée par deux en 20 ans. De manière à inverser cette tendance l'entreprise propose aux collectivités locales qui le souhaitent des contrats Eau à Boire, où elle s'engage à faire progresser la part de la population buvant l'eau du robinet, et à créer avec les consommateurs des Observatoires du Goût.

Les douze engagements* pris par Lyonnaise des Eaux ont émergé suite à des travaux collectifs de concertation auprès des collaborateurs, indique Lyonnaise.
2.000 salariés ont été sensibilisés au développement durable et plus de 1.500 idées ont été recueillies dans des boîtes à idées. Une fois reclassées par thèmes, un certain nombre est retenu et leur mise en œuvre suivie par un comité de pilotage, souligne Hélène Valade, directrice du développement durable de Lyonnaise des eaux France.
Le travail s'est également basé sur la contribution des clients et d'associations de protection de l'environnement et des associations de consommateurs comme France Nature Environnement, l'Association régionale pour l'initiation à la nature et à l'environnement en Alsace (Ariena) ou la CLCV. Bernard Rousseau, reponsable des politiques eau de France Nature Environnement, explique son engagement aux côtés de la Lyonnaise car il souhaite contribuer à l'évolution des pratiques industrielles. Les enjeux sont importants la restauration des fonctionnalités épuratoires des milieux naturels (bassins versants des rivières et milieu aquatique), et l'efficacité des actions de protection des ressources en eau. Nous ne pouvons plus nous contenter du traitement curatif de l'eau avant distribution en constatant la dégradation des eaux brutes. Nous devons rentrer dans l'ère de la prévention. Et les solutions préventives existent. Lyonnaise des Eaux ne peut pas agir toute seule dans son coin en faisant seulement du curatif. Il faut qu'elle alerte, qu'elle incite ses partenaires à se mobiliser pour la prévention, souligne-t-il.

Ces 12 engagements, qui s'appliquent depuis le 1er juillet 2006, sont dotés d'objectifs quantifiés et d'indicateurs de performance (sanitaires, techniques et économiques). Ils s'appuient sur un plan de progrès 2010 dont le respect sera vérifié chaque année par des auditeurs indépendants. Cet audit viendra enrichir les axes de progrès déjà révélés par les conclusions de l'audit sollicité en 2004 par Lyonnaise des Eaux, auprès du Cabinet Vigéo, tient à préciser, Bernard Guirkinger. Enfin, le Conseil Prospectif réunira plusieurs fois par an des experts, des associations et des membres de la société civile (une dizaine de personnes), pour débattre et décider d'actions nouvelles. Lyonnaise des Eaux devrait publier ces résultats à travers son rapport annuel développement durable.


Les 12 engagements :
Prévenir la pollution de la ressource en eau
Garantir l'alimentation en eau en période de sécheresse
Lutter contre le gaspillage
Rendre à la nature une eau propre
Promouvoir la boisson Eau du robinet
Participer aux plans climat des collectivités locales et au respect du cadre de vie
Aider les plus démunis à payer leur facture d'eau
Faciliter l'intégration dans l'emploi
Valoriser les hommes et les femmes du service de l'eau
Sensibiliser les jeunes et les moins jeunes générations à la gestion durable de l'eau
Renforcer le contrat de confiance avec nos clients
Contribuer au débat démocratique sur l'eau

Réactions1 réaction à cet article

 
panneaux solaires

La Lyonnaise des Eaux devrait proposer aux collectivités locales d'investir dans l'installation de panneaux solaires sur tous les ouvrages qu'elle exploitent afin de réduire la facture électrique de son exploitation et ainsi réduire la facture de l'eau auprès des abonnés.
l'investissement serait bien sûr à la charge de la Lyonnaise des eaux.
on aurait une eau d'origine propre et non d'origine nucléaire ou combustibles, tout au moins en partie.
il y a tant de réservoirs, stations de pompage, usines d'eau potable, stations d'épuration où l'installation de panneaux solaires ou éoliennes le cas échéant, est possible.

freddo25 | 28 septembre 2006 à 07h10
 
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