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La stratégie nationale pour la biodiversité se voit renforcée avec trois nouveaux plans d'actions

Trois nouveaux plans d'actions de la stratégie nationale pour la biodiversité viennent de s'ajouter aux sept déjà adoptés. Présentés au Conseil des ministres par Nelly Olin, ils concernent la forêt, l'outre-mer et la recherche.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
La France a signé en 1992 la Convention sur la diversité biologique. N'imposant pas de cadre contraignant aux États, contrairement au Protocole de Kyoto pour le climat, elle fixait toutefois trois objectifs : la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses composantes et le partage juste et équitable des avantages qui découlent de l'utilisation des ressources génétiques.
Ainsi, aux termes de l'article 6 de la Convention sur la diversité biologique, il a été demandé aux gouvernements d'élaborer, à l'échelon national, une stratégie et des plans d'action en faveur de la biodiversité.

Cette Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) dont la finalité consiste à stopper la perte de la biodiversité d'ici 2010, a été mise en place en février 2004. Elle assemble les actions déjà engagées par la France en matière de protection de la nature et du vivant, et en propose de nouvelles autour de quatre grands axes : mobiliser tous les acteurs, reconnaître au vivant sa valeur, prendre en compte la biodiversité dans toutes les activités et politiques sectorielles et enfin, mieux connaître la diversité du vivant.

À l'occasion la conférence biodiversité science et gouvernance qui s'est tenue du 24 au 28 janvier 2005, la France avait présenté les programmes de recherche en matière de biodiversité qu'elle entendait développer et avait annoncé que les plans d'action seraient rendus public en mars 2005.

Avec du retard, c'est ce qui a été fait par Mme Nelly Olin, Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable. En novembre 2005, 7 premiers plans avaient été présentés. Ils concernaient l'agriculture, les infrastructures de transport, l'urbanisme, l'action internationale, l'aménagement du territoire, la mer et le patrimoine naturel.

Aujourd'hui trois nouveaux plans d'actions de la stratégie nationale pour la biodiversité viennent de s'ajouter aux sept déjà adoptés. Présentés au Conseil des ministres du 27 septembre par Nelly Olin, ministre de l'Ecologie et élaborés en collaboration avec les ministres chargés de l'agriculture, de l'outre-mer et de la recherche, ils concernent la forêt, l'outre-mer et la recherche.

Le plan d'actions forêt* développe plusieurs dispositions. Celles-ci concernent notamment les espèces forestières menacées, les réseaux d'espaces protégés, la gestion des sites Natura 2000 forestiers par voie contractuelle ainsi que des mesures visant à renforcer une gestion forestière durable respectueuse de la biodiversité et s'appuyant sur une meilleure connaissance de l'impact du changement climatique sur la diversité biologique des forêts. L'ensemble de ces actions a été proposé et sera mis en œuvre avec les partenaires scientifiques, associatifs et professionnels dont l'Office National des Forêts, indique le ministère de l'écologie et du développement durable. Les collectivités locales concernées, notamment les communes forestières, qui promeuvent déjà depuis plusieurs années des démarches favorables à la biodiversité, seront étroitement associées à la mise en œuvre de ce plan, précise-t-il.

Les collectivités d'outre-mer** ont chacune adopté un plan local qui identifie les mesures les plus importantes à mettre en œuvre dans les prochaines années, telles que des plans de restauration pour les espèces les plus menacées (tortues marines, cétacés et mammifères marins, faune et flore terrestres), la lutte contre les espèces envahissantes, la poursuite des travaux d'inventaires, la création de nouvelles aires protégées pour les espaces les plus vulnérables, et la création prochaine des deux parcs nationaux de Guyane et de la Réunion.

Quant au plan d'action recherche***, il vise à donner une nouvelle impulsion à la mobilisation des acteurs, publics et privés, investis dans l'étude et la gestion de la biodiversité et dans la prise en compte des conséquences sociales et environnementales de cette érosion de la diversité biologique qui nous menace, souligne le ministère. Il propose notamment d'accroître l'efficacité et la visibilité internationale des opérateurs de recherche par un renforcement des structures transversales, un soutien accru de l'Agence nationale de la recherche, au niveau national et européen, et l'adaptation des filières de formation aux multiples enjeux de la gestion de la biodiversité.

Un bilan de la première année de mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité est en préparation et sera présenté à la fin de l'année.

Pour le Comité français de l'UICN qui participe à chacun des comités de pilotage, les actions annoncées sont globalement prometteuses. Toutefois, selon lui, leur mise en œuvre reste à être concrétisée rapidement pour présenter des résultats substantiels en 2010. Le niveau des moyens financiers alloués, les modalités de mobilisation de la société civile et les indicateurs d'évaluation des actions engagées demandent à être rapidement précisés, souligne-t-il. Concernant le plan Recherche, le Comité français de l'UICN soutient un renforcement de la recherche en biodiversité proposé dans le plan mais demande des précisions sur les moyens humains et financiers qui seront dégagés pour réaliser les mesures annoncées. Le Comité français souhaite en particulier le développement des recherches sur la mer et l'outre-mer, ainsi que sur les services fournis par les écosystèmes dont la dégradation a été mise en évidence au niveau mondial (Millennium Ecosystem Assessment). Une attention accrue devra être portée à la recherche appliquée, orientée vers la gestion de la biodiversité et réalisée en partenariat avec les gestionnaires, les ONG et plus largement la société civile, estime-t-il.
Concernant les plans Outre-mer, le Comité se dit particulièrement satisfait que ces documents voient le jour compte tenu de l'importance mondiale de ces régions pour la biodiversité mais regrette notamment qu'il y'ait un décalage entre les actions à réaliser et les financements disponibles : seulement 20% des fonds sont aujourd'hui réunis : des financements nouveaux, spécifiquement dédiés à la biodiversité d'outre-mer, sont donc indispensables.


*Plan d'action Forêt

**Plan d'action Outre-mer

***Plan d'action Recherche

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