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La présence de cyanobactéries ne représente pas un risque majeur pour la baignade et l'eau potable

L'évaluation des risques des cyanobactéries et de leurs toxines présentes dans les eaux d'alimentation et de baignade conclut à des impacts sanitaires négligeables même si ce sujet devrait faire l'objet d'un programme de surveillance spécifique.

Eau  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Les cyanobactéries sont des microorganismes capables de se multiplier très rapidement jusqu'à former des proliférations reconnaissables par la présence d'un film vert bleuté à la surface de l'eau. Ces microorganismes trouvent un terrain de prolifération particulièrement favorable dans les eaux continentales stagnantes moyennement ou fortement eutrophisées. Mais certaines de ces cyanobactéries peuvent produire et libérer dans l'eau des toxines appelées cyanotoxines induisant, en cas d'ingestion, des effets sur le système nerveux et sur le foie. Même si à ce jour, aucun cas d'intoxication humaine dû à ces microorganismes n'a été recensé en France, la préoccupation internationale est croissante vis-à-vis des risques sanitaires associés sachant que ces cyanobactéries ont été signalées sur tous les continents. De plus, l'augmentation du nombre de barrages réservoirs dans les zones en manque d'eau et l'accroissement des apports nutritifs liés à la pollution des eaux de surface contribuent à amplifier cette problématique.
Le programme français EFFLOCYA, initié en 1998, a mis en évidence qu'en France, la prolifération des cyanobactéries dans les eaux de baignade ou dans les eaux de production d'eau potable, constituait un risque sanitaire émergent en raison de la présence potentielle de cyanotoxines. C'est pourquoi, les ministères de la santé et de l'environnement ont respectivement saisi l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) afin d'effectuer une évaluation des risques liés à la présence de cyanobactéries dans les eaux destinées à la consommation humaine et l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) pour l'évaluation des risques liés à la baignade.
Afin de remplir la mission qui leur a été confiée, les deux agences ont collecté puis analysé, les données auparavant dispersées au sein de diverses entités comme les DDASS et les DRASS, les Agences de l'eau, le Syndicat des producteurs et distributeurs d'eau ou encore les DIREN. Ceci leur a permis de dresser un état actualisé des connaissances relatives aux cyanobactéries en France et de créer une base de données commune Afssa-Afsset, comportant des éléments statistiques sur la présence de ces microorganismes sur le territoire national.

Après plusieurs années de travail, les deux agences viennent de rendre leurs conclusions. Il ressort qu'en termes d'évaluation des risques, le groupe d'experts de l'Afssa ne peut se prononcer que sur une seule des toxines, la microcystine LR, l'unique toxine pour laquelle il existe des seuils de recommandation de l'OMS. L'Afssa considère que le risque de sa présence dans les eaux destinées à la consommation humaine est négligeable.
Cependant, l'agence propose de faire évoluer la réglementation pour actualiser la méthode d'analyse des microcystines et notamment les paramètres qui sont à rechercher dans l'eau potable.
Par ailleurs l'Afssa recommande de modifier les traitements de l'eau destinés à la rendre potable lorsqu'une prolifération de cyanobactéries est constatée dans l'eau brute. En effet, certains traitements actuels comme les algicides provoquent la mort des cellules des cyanobactéries mais entraînent de ce fait la libération des toxines plus difficiles à éliminer que les cellules. Selon l'Afssa, la prévention des proliférations est la meilleure méthode pour garantir l'absence de toxines dans l'eau d'alimentation. Si malgré tout des cyanobactéries sont détectées l'agence recommande que soit interdit l'emploi à titre curatif des algicides au profit de traitement mécaniques destinés à éliminer les cellules sans les endommager. Toutes les méthodes qui piègent la biomasse sans libérer les toxines sont à préférer. L'Afssa cite par exemple le traitement par coagulation – floculation – flottation – filtration qui présente l'avantage de récupérer les algues sans les détériorer mais ne peut pas traiter les toxines qui seraient déjà libérées. D'autres traitements sont à prévoir pour récupérer les toxines comme par exemple l'ozonation couplée à une exposition aux rayons ultraviolets ou à de l'adsorption sur du charbon actif.

De son côté, le groupe d'experts de l'Afsset a procédé à une évaluation des risques sanitaires pour l'Homme dans les eaux destinées à la baignade et aux loisirs nautiques d'après des hypothèses d'exposition maximalistes. Selon l'Afsset, tous les cours et plans d'eau destinés à la baignade et/ou à la pratique de sports nautiques de sites ou zones aménagées ou non constituent des sources éventuelles d'exposition aux cyanotoxines. En France, la surveillance et le contrôle sanitaire ne concernent que les sites de baignade et autres activités aquatiques récréatives dits « aménagés ». C'est pourquoi, à partir de ces travaux, des seuils de qualité pour les eaux de baignade ont été déclinés et des recommandations pour prévenir l'exposition humaine ont été élaborées. Ces dernières concernent notamment l'amélioration de la surveillance, la prévention de la contamination des eaux de loisirs et l'information du public.

Face au manque de connaissance et de données concernant les cyanobactéries et plus précisément leurs toxines, les deux agences recommandent la mise en place d'un programme national de financement de recherches spécifique aux cyanobactéries et cyanotoxines.

Réactions2 réactions à cet article

 
hé; un impact environnemental , un...........

la multiplication des barrages de retenue d'eau ! Le sujet ne valait pas la réalisation d'études d'impacts dignes de ce nom. Voici donc un impact sanitaire de plus dans l'environnement humain. Il y en aurra d'autre forcement !
Bientot parlerons nous des reservoirs individuels d'eau de pluie et nous constaterons quels impacts n'ont pas étés évités par manque d'étude . A pleurer !!!

yanouch K | 05 octobre 2006 à 10h31
 
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Des études nécessaires

Effectivement, il serait souhaitable de développer des outils de surveillance et aussi des études pour voir les mécanismes exacts de formation des blooms ainsi que les mesures préventives à mettre en place au niveau de l'agriculture et des réseaux d'assainissement.

Je travaille actuellement au Québec, et les problèmes de cyano sont très importants, en particulier en estrie ou les riverains de certains lacs ne peuvent pas s'y baigner à certaines périodes (Lacs Tomcod, Massawippi, Brôme) et dernièrement avec le village de North Hatley qui n'avait plus(et n'a pas toujours) d'eau potable.

Mais au vu du budget "pharaonesque" du MEDD pour l'année qui s'en vient (voir autre article), je pense que les recommandations des organismes de santé resteront des voeux pieux, à ranger dans la rubrique des bonnes intentions vite enterrées.

Guigui | 05 octobre 2006 à 17h21
 
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