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Actu-Environnement

''Le système de Reprise Garantie représente 900 contrats toutes fédérations professionnelles confondues''

Depuis plusieurs mois, les collectivités peuvent négocier avec les adhérents des fédérations regroupant les professionnels du recyclage pour la reprise de leurs matériaux issus du tri sélectif. Claude Platier, directeur de la communication chez FEDEREC, décrit pour Actu-environnement.com ce nouveau système dénommé Reprise Garantie.

Interview  |  Déchets  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
''Le système de Reprise Garantie représente 900 contrats toutes fédérations professionnelles confondues''
Claude Platier
Directeur de la communication chez FEDEREC
   
AE : Depuis quelques mois, vous proposez aux collectivités un nouveau type de contrat pour la reprise de leurs déchets triés appelé « La Reprise Garantie ». Quel en est le principe ?
CP :
Pour bien comprendre le principe de la reprise garantie il faut faire un peu d'histoire et revenir en 1992, à l'époque de la loi Royal avec la mise en place des sociétés agréées que sont Eco-emballage et Adelphe et la mise en place en parallèle des filières de tri et de recyclage du papier/carton, de l'acier, de l'aluminium, du verre et du plastique. À cette époque, FEDEREC est complètement écarté de cette problématique car ses professionnels adhérents sont plutôt orientés sur la gestion des déchets industriels. Au fur et à mesure, ce système dit de « garantie de reprise » organise le marché de façon quasiment monopolistique puisque les collectivités ne pouvaient écouler leurs matériaux que vers certains grands industriels au travers des organismes agréés. Les prix de reprise étaient par conséquent très bas voire nuls pour certains matériaux. Au début des années 90, pendant près de deux mois, le prix du papier a même été négatif c'est-à-dire que les producteurs de déchets payaient les industriels pour qu'ils reprennent les déchets recyclables ! Cette expérience a été « traumatisante » et on est passé maintenant dans une période où l'on ne pourra pas revivre la même chose. Les éco-organismes ont garanti aux collectivités une reprise à un pris certes bas mais qui ne pourrait plus être négatifs. Mais aux abords des années 2000, la Commission Européenne s'est penchée sur cette question et a demandé plus de concurrence et la création d'un véritable marché. Les sociétés agréées se sont donc tournées vers les fédérations professionnelles dont FEDEREC pour aérer ce pseudo-marché afin que les collectivités locales n'aient pas à choisir uniquement entre les sociétés agréées ou se débrouiller seules. Aujourd'hui, cette réflexion a abouti à la création du nouveau système de reprise garantie.

AE : En quoi cela diffère-t-il des anciennes conditions de reprise des déchets ?
CP :
Cette reprise garantie prévoit que les collectivités auront la possibilité de s'adresser pour la reprise et la vente de leurs matériaux à des opérateurs adhérents des fédérations telles FEDEREC. Ceci passe par l'élaboration de contrats entre notre fédération et les sociétés agréées d'une part qui souhaitent connaître la destination des déchets qui seront à la charge des professionnels de FEDEREC surtout en termes de traçabilité des déchets et avec la collectivité d'autre part. De son côté, la collectivité s'engage à fournir des déchets d'une certaine qualité définie par des standards.

AE : Quel est l'avantage pour la collectivité ?
CP :
Ce qui change par rapport à la formule plus ancienne dénommée Garantie de reprise c'est la possibilité pour les collectivités de choisir pour chaque matériau la formule qui les intéresse : garantie de reprise ou reprise garantie. Les prix qui avaient été négociés à l'époque de la garantie de reprise étaient proches de zéro alors que dans la Reprise Garantie ce sont ceux du marché donc supérieur même si entre-temps les prix « garantie de reprise» ont bizarrement augmenté !!
La grande différence entre les deux systèmes pour les collectivités c'est qu'il y a dans la Reprise Garantie possibilité de négocier les prix de rachat pour chaque matériau, les conditions d'enlèvement, de choisir un opérateur local… ce qui remet en question toute la rigidité du système antécédent. Mais cette nouvelle formule ne remplace pas l'ancienne. Les collectivités ont toujours le choix entre les deux pour chaque matériau.

AE : Combien de collectivités ont déjà été séduites par ce nouveau contrat ?
CP :
Aujourd'hui on a des résultats plutôt encourageants. À FEDEREC, on est relativement satisfait. De nombreuses collectivités ont profité de la signature de leur nouveau contrat pour passer en Reprise Garantie. Au 1er septembre 2006, le système de Reprise Garantie représente 900 contrats toutes fédérations professionnelles confondues soit 48 millions d'habitants dont plus de 20% en reprise garantie. 18% des contrats établis pour la reprise de l'aluminium ont été signés en Reprise Garantie, 19% des contrats pour le papier/carton et 16% pour les contrats plastiques. Ce sont en majorité des contrats signés avec de grosses collectivités. Le verre en revanche est un secteur particulier. La plupart des collectivités sont restées en garantie de reprise soit la formule antérieure car il n'existe pas réellement de marché du verre. Seuls deux grands industriels se partagent l'écoulement du verre. Les prix ne sont donc pas plus intéressants en Reprise Garantie.
En ce qui concerne FEDEREC au premier semestre 2006, la fédération avait 99 contrats papier/cartons en cours qui ont permis de récupérer 27.000 tonnes, 113 contrats pour les plastiques et 10.800 tonnes récupérées, 83 contrats pour l'acier et 3.200 tonnes et enfin 117 contrats pour l'aluminium pour 430 tonnes de matériau récupérés.
Malgré une mise en place rendue délicate par la nouveauté de la formule offerte, les professionnels de FEDEREC ont joué un rôle pilote dans le processus d'ouverture des marchés des produits issus du tri des emballages ménagers et ont ainsi démontré leur dynamisme à s'investir sur ces nouveaux marchés et se félicitent de la confiance que les collectivités locales leur ont accordé.

AE : Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation dédiée aux DEEE, une nouvelle filière se met en place. Quelle est la position de FEDEREC sur ce sujet ?
CP :
Afin de sélectionner les professionnels qui allaient traiter les DEEE récoltés auprès des collectivités, des distributeurs ou des entreprises, les éco-organismes ont lancé des appels d'offres. Même si aucun bilan officiel n'est pour l'instant disponible, FEDEREC se satisfait des premiers résultats puisque certains de ses adhérents ont déjà été retenus. Maintenant on peut se demander pourquoi avoir été aussi vite pour l'entrée en vigueur officielle de la filière prévue le 15 novembre prochain lorsqu'on sait que les distributeurs vont avoir à gérer un grand nombre de DEEE dès les fêtes de fin d'année. S'il faut que la grande distribution s'organise d'ici là, dans quelles conditions tout çà va se mettre en place ?

AE : Plus globalement, selon vous, le recours à de la matière première secondaire est-il désormais bien ancré dans les politiques d'approvisionnement ?
CP :
Sans aucun doute lorsqu'on sait que 50% voire plus des matières entrant dans la sidérurgie sont des matières recyclées en France. On consomme donc autant de ferrailles recyclées que de minerai de fer. Pour ce qui est de l'industrie papetière, les matières recyclées qui sortent de nos entreprises représentent 58% des approvisionnements des papeteries. Dans le domaine de la métallurgie, ça varie entre 30 à 60%. Ceci s'explique par le manque d'industrie sur le territoire français, les matériaux recyclés sont donc exportés. Pour le verre, il provient des collectivités, est préparé par certains de nos adhérents et représente 70% de l'approvisionnement des grands verriers français. Au final, les matières premières recyclées ont plus de place que les matières premières vierges !!

Réactions4 réactions à cet article

 
En amont, je vous dit !

Très bien. On a l'impression que l'on passe, enfin, à l'acte.

Mais qu'attend-on pour obliger les acteurs en amont que sont les magasins de la grande distribution, à repenser la présentation des produits, de sorte qu'il ne subsiste aucun emballage inutile ?
Dans le mode de distribution actuel, le consommateur de masse est l'otage d'une consommation forcée d'emballages, dont la plupart n'ont d'autre raison d'être que de faciliter la mise en rayon des grands distributeurs.

Car n'oublions pas qu'emballage et suremballage ne sont faits, dans la plupart des cas, que pour rendre service au commerçant et non au consommateur.

Il est certainement possible de réduire d'au moins de moitié la consommation de plastiques et de carton si l'on obligeait chaque magasin, dès l'achat, à reprendre les emballages inutiles en sortie de caisse.
Je crois savoir qu'en Allemagne fonctionne déjà un système de ce type.

Le problème, en décourageant la consommation (inutile) d'emballages, c'est qu'on va à l'encontre, d'une manière générale, de la logique de croissance.

Et d'une manière plus concrète et immédiate, on irait à l'encontre d'intérêts bien précis.
Aussi bien ceux des fabricants d'emballages (cela va de soit), que de tous ces nouveaux acteurs de cette nouvelle filière du recyclage, laquelle semble promise à un très bel avenir...

Syrius | 12 octobre 2006 à 12h24
 
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Re:En amont, je vous dit !

Ah la la.... Toujours vouloir imposer "aux autres" sa vision des choses.

J'attends que chacun se responsabilise dans ce pays insouciant, ou le voisin est responsable de tout. N'est-ce pas la solution que de se discipliner soit même ?

Nemesis | 13 octobre 2006 à 13h13
 
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Re:Re:En amont, je vous dis !

Certainement que la solution passe par l'autodiscipline.

Et alors ?

Qu'est-ce que cela vient faire dans mon analyse de la mécanique infernale qui nous conduit, tous, à produire encore et encore plus de déchets ?

A part cela, je ne veut rien vous "imposer", mon ami.

Syrius | 13 octobre 2006 à 13h34
 
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la vie la paix la nature

Observateur de l’environnement


M on rêve, c'est un monde uni et frère pour combattre toute les problème de nos la planète

Durant des centaines d’années à venir, nos terres, nos mers, nos nappes phréatiques, notre flore et notre écosystème dans son ensemble, et compris l’air que nous respirions, restant empoisonnés.

Le manque de civisme de chacun de nous et la non prise en charge de façon sérieuse, de notre environnement, par les institutions de l’état, n’augurent rien de bon pour les générations futures.

D’ors et déjà, l’on pourrait annoncer, sans nous tromper, que le monde aura à payer une lourde facture, en matière de soins sanitaires et pour de multiples manques à gagner économiques.

Plus la passivité actuelle perdurera, plus la facture s’alourdira d’avantage, au point, quilles sera trop tard,

Quelque soit les moyens de luttes qui seront déployer.
Je profite de cette honorable et combien utile initiatives, pour faire appel à tous les citoyens amoureux de la planète et la nature et l’image de notre vie soucieux de l’avenir de nos enfants, d’agir sur le terrain,

Chacun selon ses moyens, pour prémunir notre cher planète d’un désastre, qui avance chaque jour à pas de géant.
Mon ambition
C'est de créer un organisme pour le développement de la protection de l'environnement en général en collaboration avec des associations écologiques et humanitaire au nivaux nationale et internationale
(et un mouvement de sensibilisation).
Respectueux de toute l'humanité quelque soient la religion, le sexe et la couleur et la rase et l’idiologies
Citation
Si De laisser un peu de pureté écologique aux générations futures

cheurfanet | 17 avril 2007 à 13h35
 
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