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La CITES revient sur l'autorisation de la vente exceptionnelle d'un stock de 60 tonnes d'ivoire

Alors qu'en 2002, la CITES autorisait le Botswana, la Namibie et l'Afrique du Sud à vendre exceptionnellement 60 tonnes d'ivoire stockées, le comité permanent de la CITES revient sur sa décision et interdit cette vente.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Depuis 1989, le commerce international de l'ivoire d'éléphant est interdit par la Convention des Nations Unies sur le commerce international des espèces menacées (CITES). Malheureusement le braconnage se poursuit et plusieurs pays dont la Namibie et le Botswana font pression pour lever cette interdiction et reprendre le commerce.
En 2002, la CITES avait lâché du lest en autorisant exceptionnellement la vente de 60 tonnes d'ivoire. Selon les associations de protection de la nature et notamment le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), depuis cette décision, la fréquence des actes de contrebande et les prises d'ivoire ont augmenté de manière notable : toute vente légale de l'ivoire crée un écran de fumée qui cache le commerce clandestin et provoque donc une augmentation du braconnage, estime-t-il. Depuis, il demandait à la CITES de revenir sur cette décision de vente des stocks et de maintenir un embargo total sur le commerce de l'ivoire. C'est chose faite. Le comité permanent de la CITES revient sur cette décision et interdit cette vente.

La décision de ne pas autoriser cette ventes a été prise après que des inquiétudes aient été exprimées sur la capacité du système MIKE (Monitoring Illegal Killing of Elephants) à fournir des informations fiables pour soutenir les prises de décision de la CITES. En effet, l'acceptation d'une vente dépend de plusieurs conditions, notamment le contrôle réel du braconnage, la satisfaction de protocoles commerciaux suffisants et l'utilisation des revenus pour la conservation et le développement des populations locales. Pour prendre ces décisions la CITES est appuyée par le système MIKE. Instauré en 1997, il permet de mesurer et enregistrer les niveaux initiaux et les tendances de la chasse illégale des éléphants. Il a pour second objectif de contrôler les effets des décisions de la CITES. Cependant, neuf ans après sa création, l'IFAW estime que les données de MIKE restent incomplètes, manquent de fiabilité et reposent sur des hypothèses erronées. En outre, un certain nombre de prises importantes effectuées l'an dernier, qui s'élèvent à près de 15 tonnes d'ivoire provenant très probablement du braconnage ne figurent pas, selon l'IFAW, dans les données présentées par le système MIKE. Ces incertitudes ont fait douter le comité qui a finalement fait marche arrière. Pour Peter Pueschel, Responsable IFAW du Programme contre l'exploitation commerciale de la faune, la décision de ne pas autoriser la vente des stocks sera considérée comme bienvenue par tous ceux qui sont impliqués dans la protection des éléphants dans le monde entier et qui mènent un combat incessant pour protéger les pachydermes contre les braconniers.

Cependant, si les associations écologistes sont pour le moment rassurées, elles ont exprimé leur inquiétude sur le fait que le Japon avait été choisi pour acheter ces stocks. Selon elles, ce choix s'est fait en dépit des preuves selon lesquelles la vente exceptionnelle des stocks d'ivoire au Japon en 1999 avait déchaîné les marchés de l'ivoire en Asie. Pour l'IFAW, le Japon peine à contrôler son marché de l'ivoire. La CITES devrait prendre ses décisions en prenant des précautions et en se reposant sur des faits, explique-t-il.

Malgré cette victoire pour les éléphants, les groupes écologistes se déclarent préoccupés par un certain relâchement de l'embargo sur l'ivoire, qui entraînerait une explosion de la demande et de l'offre, et qui inonderait le marché par les stocks légaux et illégaux. Dans la réalité, ceci se traduira par le massacre de dizaines de milliers d'éléphants, les mettant ainsi en danger de manière décisive.

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