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L'environnement en France se caractérise désormais par une pollution diffuse et globale

Selon la quatrième édition du bilan « l'environnement en France » de l'IFEN, les pollutions accidentelles et ponctuelles sont mieux maîtrisées. Les pressions sur l'environnement sont désormais diffuses et impactent plusieurs secteurs à la fois.

Risques  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Depuis maintenant plus de 10 ans l'Institut Français de l'Environnement (IFEN) publie tous les quatre ans un bilan complet de l'état de l'environnement en France. Présentée hier par l'institut et le ministère de l'écologie et du développement durable (MEDD), la quatrième édition révèle que des résultats réels même s'ils sont perfectibles ont été obtenus en ce qui concerne les sources de pollution ponctuelles et localisées dans le domaine de l'eau et de l'air notamment. Par exemple, les mutations industrielles et les progrès technologiques ont contribué à limiter les rejets de l'industrie et sa consommation de ressources. Ses prélèvements en eau diminuent régulièrement depuis trois décennies. La quantité de déchets non dangereux qu'elle produit est en voie de stabilisation. Ses émissions d'oxyde d'azote ont diminué de plus de moitié en 30 ans et celles de dioxyde de soufre de plus de 87%. Par ailleurs, dans les cours d'eau, les pollutions organiques liées aux rejets des stations d'épuration urbaines ont sensiblement baissé depuis une vingtaine d'années même si on ne constate plus d'amélioration ces quatre dernières années, notamment pour les matières phosphorées et organiques.

L'enjeu est donc désormais du côté des sources diffuses, celles qui nécessitent l'adhésion de chacun dans ses choix individuels pour se déplacer, consommer, se chauffer, se loger ou celles qui sont rattachées aux politiques nationales. Selon la Ministre de l'écologie, Nelly Olin, nous devons aujourd'hui faire face à des problématiques moins visibles et plus insidieuses. Les milieux naturels subissent une multiplicité d'agressions qui, additionnées, les dégradent partout, explique-t-elle. Ainsi, l'environnement n'est plus l'affaire de quelques secteurs ciblés. C'est pourquoi dans cette nouvelle édition, l'IFEN met en avant de nouveaux thèmes plus globaux tels que le changement climatique, la consommation des ressources non renouvelables, l'érosion de la biodiversité, la relation santé/environnement ou encore la pression accrue des ménages.
Ainsi l'étude met en évidence que le changement climatique est sorti des instances scientifiques pour entrer dans le débat public. Avec une augmentation moyenne de 0,9°C au cours du 20e siècle, la France n'y échappe pas. Le pays a rejeté dans l'atmosphère 563 millions de tonnes de CO2 en 2004. Depuis 1990, les responsables de ces émissions ne sont plus les mêmes. Désormais ce sont les secteurs des transports, du résidentiel et du tertiaire qui sont à l'origine de 45% des émissions de GES. Même si les émissions des transports qui n'avaient cessé d'augmenter durant la dernière décennie tendent à se stabiliser depuis 2002, les émissions de l'habitat et du tertiaire continuent leur progression et constituent de ce fait un défi majeur à relever pour les prochaines années. Surtout que la France s'est engagée à maintenir sur la moyenne 2008-2012 ses émissions de GES à leur niveau de 1990 dans le cadre du protocole de Kyoto. Selon l'IFEN, les émissions de GES sont déjà inférieures à cet objectif depuis 2000 et la France s'oriente vers une économie plus éco-efficace où la croissance économique est découplée des émissions de GES. Le pays est déjà peu émetteur de CO2 par unité de PIB du fait de son énergie nucléaire et hydraulique, des améliorations techniques des grands émetteurs et de l'évolution de sa structure économique du pays au profit du secteur tertiaire.
Cependant pour atteindre l'objectif « facteur 4 », soit une réduction par quatre des émissions de GES d'ici 2050, l'IFEN rappelle qu'il va falloir aller plus loin et s'interroger sur les modes de consommation et de production. Depuis cinq ans, la consommation d'énergie est quasiment stable mais reste élevée. Même si la France est le premier producteur d'énergies d'origine renouvelables avec l'hydraulique en Europe, celles-ci ne représentent que 5,61% de la consommation. Les énergies fossiles ont encore une très grande importance dans le secteur des transports et de l'habitat. Toutefois, la notion de limitation des ressources semble se faire une place dans les discours politiques tandis qu'avec l'essor de nouvelles puissances économiques mondiales les tensions s'accentuent sur le marché international.
Malgré tout, dans les faits, la consommation de ressources annuelles par habitant, toute matière confondue, estimée à 14,9 tonnes en 2001, n'a que peu varié au cours des décennies. Ce qui n'est pas produit sur le territoire national est importé d'un autre pays et de plus en plus sous forme de produits manufacturés. La valorisation des déchets et l'introduction de matières recyclées permettent toutefois de limiter les ponctions sur les ressources naturelles mais leur taux d'utilisation en France a tendance à fléchir. En effet, la réutilisation des métaux est en recul et la filière des plastiques peine à se développer.

La ressource en eau est quant à elle toujours autant sollicitée. En 2001, 34 milliards de m3 d'eau ont été prélevés dont 82% en eaux superficielles. Selon l'IFEN, les prélèvements de l'industrie ont nettement diminué depuis les années soixante-dix, ceux de l'alimentation en eau potable continuent à augmenter même si leur croissance a fortement ralenti ces dernières années. Il n'est en revanche pas possible de dégager facilement des tendances pour l'irrigation.

Par ailleurs, l'étude de l'IFEN pointe du doigt l'artificialisation progressive du territoire et la consommation des espaces naturels et agricoles. Même si la France a une densité relativement faible par rapport à ses voisins d'Europe du Nord, la pression sur l'espace augmente plus vite que la population. L'artificialisation grignote 60.000 ha chaque année et les zones artificielles couvrent désormais 8 % du territoire. À ce propos, la Ministre a annoncé la création d'un groupe de travail dédié à la reconquête du territoire périurbain.

Enfin, l'étude rappelle que l'érosion de la biodiversité est un enjeu d'importance mondiale. Par la diversité de ses territoires d'outre-mer et la position de carrefour biogéographique de la Métropole, la France possède une très grande richesse d'habitats. Selon l'Union mondiale pour la nature (UICN), 38 % des espèces de poissons d'eau douce, par exemple, sont endémiques en Guyane. Mais comme les autres pays, la France est confrontée à l'érosion de la biodiversité et de par sa présence sur plusieurs continents, sa responsabilité patrimoniale est particulièrement forte. Sous les fortes pressions anthropiques directes ou indirectes, les habitats se banalisent, se réduisent et se fragmentent. Des espèces animales et végétales sont menacées comme 14 % des vertébrés et de 6 % des plantes supérieures. Par ailleurs, des espèces aujourd'hui banales (oiseaux, insectes, plantes, poissons) pourraient demain devenir rares. Ainsi, au cours des quinze dernières années, les populations d'oiseaux communs des milieux agricoles ont connu un recul de 27 %.
Si certaines espèces régressent, à l'inverse, d'autres prolifèrent : des espèces, autochtones ou exotiques, peuvent devenir envahissantes et provoquer une chute de la diversité biologique. En entrant en compétition avec d'autres espèces, elles peuvent modifier le fonctionnement écologique des écosystèmes colonisés. Par exemple, les zones humides d'importance majeure sont perturbées par 25 espèces ou groupes d'espèces végétales ou animales.

Ce quatrième bilan met donc en évidence des progrès mais aussi des problèmes émergents et diffus que vont devoir prendre en compte les politiques nationales. D'ailleurs, la ministre a souhaité rappeler les grands projets engagés par le gouvernement : loi sur l'eau, plan national santé/environnement, biocarburants… Le rendez-vous est fixé dans quatre ans dans le prochain bilan de l'IFEN pour voir quels seront les effets réels de ces dispositions.

Réactions2 réactions à cet article

 
Re:Postulat

Bonne réussite dans vos démarches !

Anonyme
 
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Postulat

Je n'ai pas à proprement parler de réaction vis à vis de cet article sur le fond duquel j'adhère pleinement .
J'ai déposé récemment à l'IFEN Orléans une lettre de motivation quant à mon désir de leur proposer mes services.
J'ai 58 ans, suis disponible, habite Orléans.
Mon passé professionnel m'a permis par deux fois de mettre en place et d'entretenir un système de management environnemental dans l'industrie chimique sur deux sites classés seveso2. ( + H&S, et qualité)
Pourquoi ne pas tenter de partager mes expérences de terrain industriel avece type d'organisme?
Je n'ai postulé que vendredi dernier.
Je ne connais pas votre niveau de relations avec eux, mais l'histoire m'a montré qu'il fallait se parler pour exister.
Merci

fariooo | 19 octobre 2006 à 17h43
 
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