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L'Europe propose d'interdire l'exportation du mercure en 2011

Afin de contribuer à une réduction globale de l'exposition au mercure, la Commission européenne a proposé le 26 octobre dernier, la mise en place d'une législation interdisant totalement les exportations de mercure de l'Union à compter de 2011.

Risques  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Le mercure et ses dérivés sont des substances hautement toxiques pour l'homme, l'animal et les écosystèmes. Les doses élevées peuvent entraîner la mort, mais des doses relativement faibles peuvent gravement endommager le système nerveux et ont été associées à de possibles effets nocifs sur les systèmes cardiovasculaire, immunitaire et reproducteur. Le mercure n'est pas éliminé dans l'environnement où il peut se transformer en méthylmercure, sa forme la plus toxique. Celui-ci traverse de surcroît aisément la barrière placentaire et la barrière hémato-encéphalique de sorte que l'exposition des femmes en âge de procréer ainsi que des enfants suscite les plus grandes craintes.

Globalement l'utilisation de composé mercuré est en diminution dans l'UE ainsi qu'au niveau mondial mais la demande mondiale se situe encore aux environs de 3 400 tonnes par an tandis que celle de l'UE des 15 représentait 440 tonnes en 2005. Au niveau mondial, le mercure est principalement utilisé dans l'extraction de l'or à petite échelle, l'industrie du chlore et de la soude et la production de chlorure de vinyle monomère, élément de base du plastique PVC.
Au sein de l'UE, seules les industries de la soude et du chlore demeurent des utilisatrices importantes, même si cette dernière réduit progressivement l'utilisation de cellules contenant du mercure dans sa production. Les amalgames dentaires se situent quantitativement au deuxième rang.

C'est dans ce contexte qu'en janvier 2005, la Commission a lancé un plan global de lutte contre la pollution par le mercure dans l'UE et au niveau mondial. Ce plan comporte 20 mesures de réduction des émissions de mercure, de réduction de l'offre et de la demande et de protection contre les expositions, notamment au méthylmercure présent dans le poisson.
Aujourd'hui, elle propose la mise en place d'une législation interdisant totalement les exportations de mercure en provenance de l'Union à compter de 2011. À cette date, le mercure qui ne sera plus utilisé par l'industrie du chlore et de la soude ainsi que le mercure obtenu à partir de la purification du gaz naturel ou de la production de métaux non ferreux devra faire l'objet d'un stockage sûr. Par exemple dans les mines de sel souterraines adaptées pour l'élimination des déchets, indique la commission européenne.

Selon la commission, un des gros fournisseurs mondiaux de mercure, l'entreprise publique espagnole MAYASA, qui livre chaque année environ 1.000 tonnes de mercure a approuvé l'interdiction à compter de la date proposée. De son côté, le CEFIC (Conseil européen de l'industrie chimique) s'est engagé volontairement à garantir le stockage sûr du mercure issu de l'industrie du chlore et de la soude à compter du 1er juillet 2011.

La proposition de règlement doit être soumise à l'approbation du Parlement européen et du Conseil des ministres dans le cadre de la procédure de codécision.
Par ailleurs, les 26 et 27 octobre à Bruxelles, était organisée une conférence internationale sur le mercure afin d'impulser une action au niveau mondial pouvant inclure l'élaboration d'un accord international juridiquement contraignant destiné à réduire l'exposition de l'homme et de l'environnement au mercure. Elle a été axée sur la réduction de l'offre et de la demande et devait permettre de définir des possibilités d'action au niveau mondial. Pour l'institution européenne, la réduction mondiale de l'exposition au mercure nécessite en effet une action au plan international en complément des mesures adoptées par l'UE, notamment avec la mise en place d'un instrument mondial juridiquement contraignant au Conseil de gouvernance du programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). En interdisant les exportations de mercure et en imposant son stockage sûr, l'UE montre un exemple d'action au niveau mondial pour réduire les émissions, indique Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l'environnement. J'exhorte les autres pays à soutenir les initiatives en faveur d'un accord mondial, ajoute-t-il. Des participants de plus de trente pays n'appartenant pas à l'UE, dont la Chine, la Russie, l'Inde, le Brésil, les États-Unis et le Canada ont participé à la conférence.

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Mercure (Hg)

Réactions1 réaction à cet article

 
Il est urgent de d'agir lentement

Ce qui apparait comme toujours c'est la lenteur de mise en place de limitation de polluants et toxiques avérés au niveau des institutions:

4 ans avant l'interdiction, tout cela pour menager une voie de sortie aux industriels commercialisant du mercure alors même que c'est un poison avéré pour les cours d'eaux - en Guyanne, pour ne citer que le cas des mines aurifères- et la chaine alimentaire !.....

A une échelle moindre cela n'est pas sans rappeler le cas de l'amiante dont les effets délétères étaient connus depuis le XIX ème siècle..

Autre anectode signifiante:
Le premier scientifique à avoir remarqué les incidences des effets croissants de GES fut le chimiste scandinave Swante Arrhénius.
Dès 1895, il s'inquètait déjà de l'augmentation du CO2 dans l'air et prevenait que si les quantités doublaient la température de la Terre pourrait augmenter de 4°.

Pour ce qui est du Chlore,molécule extrêmement réactive et promotrice de la destruction de la couche d'ozone, je ne saisis pas comment on peut encore et de façon aussi massive manipuler ce produit et l'utliser de façon courante.

Pour le PVC dont on connait la massive toxicité environnementale, je remarquerais juste l'incurie et le laxisme des instantes régulatrices à controler un commerce florissant puisque sur le seul Languedoc-Roussillon des dizaines d'entreprises en font la promotion sous forme d' "Amélioration de l'Habitat , huisseries en PVC et en Alluminium" - très consommateur d'énergie lors de sa fabrication et polluant dans son élimination- :

Vive le bussiness !
Comme disait un ami " ça coûte pas cher de polluer la planète , ça rapporte gros même".

melanie | 31 octobre 2006 à 14h12
 
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