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Actu-Environnement

Les déchets toxiques déversés à Abidjan seront traités en France

Suite au déversement illégal de déchets toxiques à Abidjan, les travaux de dépollution et de traitement des déchets ont été confiés à la société TREDI. Par manque d'installations sur place, le traitement définitif aura lieu en France.

Déchets  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Depuis fin août dernier, la Côte d'Ivoire et plus précisément la ville d'Abidjan sont au cœur d'un scandale environnemental et sanitaire grave. Des déchets toxiques provenant du cargo Probo Koala affrété par la société néerlandaise Trafigura Beheer BV en provenance de l'Europe ont été déversés par une société locale dans les déchetteries de la ville en toute illégalité. Constitués de boues issues de raffinage pétrolier riches en matière organique, hydrogène et composés souffrés, les déchets ont provoqué une crise sanitaire grave dans la région. On dénombre 10 morts et plus de 100.000 malades dans la population ivoirienne.
Une enquête a été ouverte et des travaux de dépollution ont été entamés. La société française TREDI du groupe Séché a été chargée par le gouvernement ivoirien de dépolluer les 17 sites contaminés de la capitale. Il semblerait que 6.000 tonnes de déchets aient été déjà récupérées.

Devant l'absence d'installations spécifiques permettant d'éliminer ces déchets en Côte d'Ivoire, la France a autorisé leur importation en vue d'un traitement en toute conformité sur un site de la société responsable du traitement situé à Salaise dans l'Isère. Un premier chargement est en route vers la France. Le traitement devrait commencer en décembre, pour une durée de cinq mois. La Ministre de l'écologie et du développement durable, Nelly Olin, a rappelé que cette prise en charge par un tiers n'exonère pas le détenteur des déchets de ses responsabilités. À ce sujet, la Ministre a demandé le renforcement de la réglementation européenne sur la gestion des déchets, dans un courrier adressé à Monsieur Dimas, Commissaire européen à l'environnement et à Monsieur Enestam, ministre finlandais de l'environnement qui assure actuellement la présidence du Conseil Européen de l'environnement.
Selon le ministère, ce déversement de déchets a mis en évidence la nécessité de responsabiliser davantage le producteur ou le détenteur de déchets. Il appartient en effet au producteur ou au détenteur des déchets de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que ces déchets sont traités sans impacts sur la santé et l'environnement. Il doit notamment s'assurer que son prestataire dispose des compétences nécessaires. Un tel principe figure déjà dans le droit national (article L.541-2 du code de l'environnement) mais il ne se retrouve pas explicitement en droit européen. L'examen en cours, tant au Parlement européen qu'au conseil, du projet de directive cadre sur les déchets est l'occasion de combler ce manque et une proposition d'amendement a été transmise en ce sens. Pour Nelly OLIN, une définition plus claire des responsabilités permettra à l'avenir d'éviter que de telles catastrophes ne se reproduisent. Il appartient au producteur ou au détenteur des déchets de prendre conscience qu'il est responsable de l'élimination sans impacts sur la santé et l'environnement, a-t-elle déclaré.

De son côté, le Commissaire européen chargé de l'environnement, Stavros Dimas, estime qu'il est choquant que des déchets toxiques en provenance d'Europe aient été transportés vers la Côte d'Ivoire. La législation communautaire en matière de transferts de déchets interdit ce genre d'exportation, mais elle n'a manifestement pas été respectée, a-t-il ajouté.

En Côte d'ivoire, l'enquête se poursuit. Le Groupe d'Étude et de Recherche sur l'environnement et le Foncier en Afrique (GEREF Afrique) exige du gouvernement ivoirien de faire la lumière sur ce dossier et de veiller scrupuleusement à l'indemnisation des victimes. Il demande donc aux instances ivoiriennes de situer les responsabilités au plus tôt et de prendre les sanctions idoines et appropriées à l'encontre de tous ceux qui sont impliqués dans ce sinistre trafic à tous les niveaux.

Réactions4 réactions à cet article

 
est ce que je me trompe ?

l'importation de dechets toxiques n'est elle pas interdite par la réglementation Française ????? je croyais !!!! quelle terrible erreure !

yanouch K | 02 novembre 2006 à 11h50
 
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que quelqu'un m'explique...

pourquoi les Pays -Bas, si attentifs à leur environnement, ne sont même pas mentionnés dans l'article. Comment un pays européen ne prend-t-il pas ses responsabilités vis-à-vis de ses entreprises polluantes. Comment voulez-vous que l'Eurpoe devienne un exemple de quoique ce soit si elle permet des atrocités pareilles.

Pour nous, pays du Tiers Monde, cette histoire nous rappelle que nous devons redoubler de vigilance face aux discours publiques écologistes... qui ne seraient valables que des frontières de l'Europe vers l'intérieur!

lectrice du Sud | 02 novembre 2006 à 15h44
 
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Re:est ce que je me trompe ?

Règlement (CE) n° 1013/2006 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2006 concernant les transferts de déchets
Règlement du Conseil n° 259/93 du 1er février 1993 concernant la surveillance et le contrôle des transferts de déchets à l'entrée et à la sortie de la Communauté européenne
Loi n° 2003-623 du 8 juillet 2003 autorisant l'approbation de l'amendement à la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et leur élimination

kil | 02 novembre 2006 à 19h50
 
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Et la Convention de Bâle?

rien a dire
La Convention de Bâle stipule bien l'interdiction de faire traiter ses déchets dans un pays voisin si un centre de traitement exise dans son pays. Ca m'étonnerai qu'il y ai pas de centre de traitement adéquat dans les pays bas pour traiter ces déchets, surtout les boues d'hydrocarbures peuvent être utilisées dans plein de domaines.
Ce qui est le plus beau la dedans, c'est que la France se fout de la Convention de Bâle et envoie son porte avion en Inde pour le désamiantage et maintenant elle accepte les déchets des autres qui sont bien plus toxiques que l'amiante!!!

Anonyme | 03 novembre 2006 à 07h51
 
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