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Actu-Environnement

Le concours Habitat Solaire Habitat d'Aujourd'hui fête ses 20 ans

À l'occasion des résultats de ce concours placé sous le parrainage du MEDD, Alain Liébard, président d'Observ'ER, a montré que, dans le contexte global du réchauffement climatique, l'architecture bioclimatique s'affirme comme une tendance forte.

Energie  |    |  Françoise Ascher Actu-Environnement.com
Lieu d'innovation et d'avant-garde, l'architecture bioclimatique et solaire réussit à réconcilier l'économie d'énergie et le captage de la lumière pour faire de la maison un espace thermiquement confortable où il fait bon vivre, a déclaré Alain Liébard, président d'Observ'ER*, lors de la remise des prix aux lauréats en octobre dernier, à Paris. En ce sens, le concours Habitat Solaire Habitat d'Aujourd'hui fait partie des réponses au défi de diviser globalement par quatre les rejets de gaz à effet de serre dans le demi-siècle à venir !

Selon le Président, l'enjeu pour la filière consiste à inscrire le développement durable au sein de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme et de l'architecture, trois notions étroitement liées à la densité. En matière d'urbanisme, tout le monde reconnaît que la qualité de vie au centre des villes, passe aussi par la forte concentration des surfaces construites permettant à la fois, l'usage des équipements et des transports collectifs, et leur rentabilité. À l'inverse, les banlieues distendues et les maisons individuelles situées en Couronne, offrent des densités trop faibles. Paradoxalement, les trop grands bâtiments nécessitent des espaces verts extérieurs, des parkings, des voies de desserte, etc, qui contribuent aussi à baisser la densité urbaine. Enfin, le développement à perte de vue des maisons individuelles s'avère extrêmement consommateur de terres agricoles, de transports et de réseaux de toutes sortes.

S'agissant de l'architecture, l'énergie y est présente sous deux formes. La première concerne l'énergie grise, c'est-à-dire le contenu énergétique des matériaux de construction qui composent le bâtiment. Depuis plusieurs années, Observ'ER travaille avec l'Ecole des Mines sur l'utilisation d'une méthode dite du Calcul du bilan carbone, visant à objectiver le contenu carbone ramené au mètre carré construit. Ainsi, si le bâtiment est réalisé avec une grande quantité de matériaux d'origine végétale, il stockera du carbone et contribuera à la dépollution de l'atmosphère. A contrario, s'il est édifié avec des matériaux fortement consommateurs d'énergie dans leur fabrication, leur transport ou leur mise en œuvre, il contribuera plus fortement à l'émission de gaz carbonique dans l'atmosphère. C'est du reste pour se conformer aux préceptes du développement durable, que l'on constate - aussi bien dans le logement individuel que dans le logement collectif ou le tertiaire - une diminution des bâtiments conçus à partir de filières humides, au profit d'ouvrages réalisés en filière sèche, bois ou métal !

L'autre forme de consommation, de loin la plus importante, est l'énergie nécessaire pour assurer le maintien des ambiances à l'intérieur des volumes habitables. La moyenne française est aujourd'hui d'environ 250 kWh par m2 et par an pour assurer le chauffage et l'eau chaude sanitaire, a rappelé Alain Liébard. Alors que la réglementation thermique 2005 limite la consommation à 90 kWh par m2 et par an pour une maison de 130 m2 ! D'où un objectif de recherche que l'Observatoire a fixé à 30 kWh par m2 et par an, voire au-delà, grâce à des bâtiments à énergie positive, c'est-à-dire produisant plus d'énergie qu'ils n'en consomment.

Cet objectif sera atteint dès lors que la plus grande partie de la consommation résultera du renouvellement d'air et de l'eau chaude sanitaire, a affirmé le Président. À ce stade, il sera possible de s'affranchir d'une installation de chauffage, de satisfaire les besoins en calories par les seuls apports solaires passifs et une pompe à chaleur d'appoint de faible puissance en hiver, tandis que les frigories utiles au rafraîchissement d'été seront fournies par le circuit de renouvellement d'air ! Le solaire thermique sera la base de l'eau chaude sanitaire, a prédit Alain Liébard. Quant à l'énergie électrique nécessaire au bâtiment, elle sera produite en compensation par le photovoltaïque relié au réseau !

Face à l'augmentation des surfaces de vitrages qui induit une interpénétration plus grande de l'extérieur et de l'intérieur, force est de constater que les ambiances ne se limitent plus à la thermique d'hiver, et que l'éclairage naturel devient fondamental au même titre que la protection au soleil d'été et à ses apports de chaleur. C'est la raison pour laquelle nous parlons d'architecture bioclimatique, a conclu le Président d'Observ'ER !


*Depuis 1989, l'Observatoire des énergies renouvelables organise ce concours - qui se déroule tous les deux ans - avec pour objectif de valoriser la pertinence de l'architecture bioclimatique auprès des décideurs du monde de la construction, ainsi qu'au grand public.

> Les seize réalisations distinguées par le jury 2006 :
1/ Catégoriemaison individuelle
. Prix Maison individuelle : Maison Rimbault, à Saint- Simon (Cantal), mandataire : Sylvain Rimbault
. Mention Maison individuelle : Maison Louistisserand, à Besançon (Doubs), mandataire : André Louistisserand
. Mention Démarche pédagogique : Maison témoin, à Avon (Seine-et-Marne), mandataire : James Gaulon

2/ Catégorie logement collectif
. Prix Logement collectif : Immeuble Rue Moyrand, à Grenoble (Isère), mandataire : Actis – Opac de la Région grenobloise
. Prix Réhabilitation logement collectif : Groupe Henri Wallon, à Saint-Martin-d'Hères (Isère), mandataire : Archimèdes

3/ Catégorie bâtiment tertiaire
. Prix Bâtiment tertiaire : Collège Guy Dolmaire, à Mirecourt (Vosges), mandataire : Architecture Studio
. Prix Réhabilitation bâtiment tertiaire : Gîte Ché Catrine, à Villarodin (Savoie), mandataire : Christian Finas
. Mention Réhabilitation bâtiment tertiaire : Maison des associations diocésaines Odette Prévost, à Châlons-en-Champagne (Marne), mandataire : Méandre
. Mention Démarche globale : Service des eaux de la ville de Mulhouse (Haut-Rhin), mandataire : mairie de Mulhouse
. Mention Énergies renouvelables : Asder – Maison des énergies, à Chambéry (Savoie), mandataire : Alfred Gorre
. Mention Agriculture : Séchoir à fourrage à Vesc (Drôme), mandataire : Edmond Tardieu

4/ Prix installateur solaire Qualisol senior
. Serpolet-Bidaud, à Sainte-Anne sur-Gervonde (Isère), mandataire : Jean-Guy Bidaud

5/Prix installateur solaire Qualisol junior
. Smido (Ille-et-Vilaine), mandataire : Christophe Allarousse

6/ Catégorie maison individuelle (Outre-Mer)
. Prix Maison individuelle : Maison Calligrafi, à La Montagne (la Réunion), mandataire : Stéphane Calligrafi

7/ Catégorie bâtiment tertiaire (Outre-Mer)
. Prix Bâtiment tertiaire : Diren de la Guadeloupe à Basse Terre (Guadeloupe), mandataire : Luc Martz
. Mention Bâtiment tertiaire : Lycée Tampon 3 au Tampon (la Réunion), mandataire : Thierry Bonneville

Réactions1 réaction à cet article

 
grands projets architecturaux

Bonjour,
Auriez-vous plusieurs exemples, à l'échelle mondiale, de grands projets architecturaux respectueux de l'environnement? Par avance merci
Cécile

Anonyme | 20 juillet 2007 à 16h02
 
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