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Le MEDD souhaite résorber le nombre de dépôts de pneumatiques usagés

Depuis 2002, les pneus usagés doivent être éliminés par un traitement adéquat. Si la filière a bien démarré, le MEDD en appelle à la responsabilité de chacun pour traiter les dizaines de milliers de tonnes qui restent stockées sur le territoire.

Déchets  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
   
Le MEDD souhaite résorber le nombre de dépôts de pneumatiques usagés
   
La France produit chaque année quelque 400.000 tonnes de pneus usagés provenant essentiellement du remplacement par des pneumatiques neufs et du traitement des véhicules en fin de vie. Alors que certains pneus usagés sont réutilisables (PUR) et peuvent faire l'objet d'un rechapage ou d'une vente comme pneus d'occasion, les autres, qualifiés de non réutilisables (PUNR), doivent être éliminés. Composés de mélanges de caoutchouc, d'acier et de textile, les pneus usagés ne sont pas des déchets dangereux en tant que tel, cependant ils représentent un danger pour l'environnement et la santé si leur prise en charge n'est pas correcte.

Rappelons qu'en décembre 2002, un nouveau cadre réglementaire avait été instauré en France poussant la filière à s'organiser et à se structurer*. Ainsi, les quelques 70.000 distributeurs/détenteurs de pneus recensés en France sont désormais obligés de remettre leurs pneumatiques usagés à des collecteurs agréés, l'agrément étant soumis au respect de prescriptions techniques et à l'obtention d'un contrat auprès d'une entreprise responsable de la mise sur le marché des pneus. La réglementation interdit également d'abandonner, de déposer dans le milieu naturel ou de brûler à l'air libre les pneumatiques.
À l'époque, les plus importants producteurs ont choisi de s'organiser eux-mêmes en confiant la collecte et la valorisation de leurs produits à un organisme tiers. Les sept principaux manufacturiers (Brigestone/Firestone, Continental, Dunlop, Goodyear, Michelin, Kléber, Pirelli) ont ainsi créé la société Aliapur en lui confiant la mission d'organiser et d'animer la filière, de la collecte jusqu'à la valorisation.

En 2005, Aliapur a collecté et traité 294.000 tonnes de pneus auprès des professionnels de l'entretien et de la réparation automobile, des carcassiers, rechapeurs et des sociétés de collecte de déchets. 37 % des pneus collectés ont fait l'objet d'une valorisation matière, 34% ont fait l'objet d'une valorisation énergétique, 17 % ont été réutilisés ou rechapés, 10 % ont été utilisés en travaux publics et 2 % en aciérie.

Pour résorber les dépôts de pneumatiques usagés liés au différentiel entre les tonnages produits et collectés, un recensement a été commandité par le ministère. Basé sur les données de l'agence de l'environnement de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et d'acteurs du monde associatif, il faisait état de 242.000 tonnes de pneumatiques usagés répartis sur 114 sites en 2005.

Aujourd'hui, 41 sites représentant 56.000 tonnes de pneus stockés ont été évacuées. 23.000 autres tonnes réparties sur 18 sites sont « en cours d'exploitation », et il a été demandé aux exploitants de prendre les mesures nécessaires pour évacuer, avant mi-2007, les pneumatiques usagés en surplus, précise le ministère de l'écologie et du développement durable.
Les 55 sites restants, représentant 163.000 tonnes, ne sont en revanche plus exploités ou ont un exploitant insolvable. Actuellement, les préfets poursuivent la recherche des entreprises clientes des sociétés défaillantes afin qu'elles reprennent les pneumatiques usagés confiés et procèdent à leur élimination, explique le ministère dans un communiqué. Ces clients demeurent en effet responsables de leurs pneumatiques usagés tant que ceux-ci n'ont pas été effectivement éliminés.

30.000 tonnes de pneumatiques usagés devraient d'ailleurs être pris en charge par Aliapur. En effet, pour Nelly OLIN, les résultats enregistrés montrent qu'une dynamique s'est engagée, mais à l'heure où chacun fait des efforts pour moderniser la gestion des déchets, la persistance de tels dépôts est totalement anormale, souligne-t-elle. Il appartient à chacun d'assumer ses responsabilités. Quand aucun responsable solvable ne peut être identifié, c'est aux différents acteurs de trouver une solution globale pour éliminer les pneumatiques usagés.


* Voir notre dossier sur les VHU

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