En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

L'AIE donne les pistes à suivre pour un futur énergétique plus propre et plus compétitif

Dans son rapport prospectif « World Energy Outlook 2006 », l'Agence International de l'Energie met en évidence la nécessité de diminuer la demande mondiale en énergie et appelle les gouvernements à agir fortement et dès maintenant dans ce sens.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Sollicitée par les chefs d'Etat et de gouvernement des huit pays les plus industrialisés (G8) sur la problématique énergétique et climatique, l'Agence International de l'Energie (AIE) vient de rendre son rapport annuel intitulé World Energy Outlook. Ce rapport compare ce que sera la situation énergétique d'ici 2030, si on ne fait rien, à un scénario alternatif basé sur une demande d'énergie réduite et sur l'utilisation d'autres sources d'énergie. Selon Claude Mandil, Directeur exécutif de l'AIE, ce rapport démontre comment les chefs de gouvernements peuvent agir pour changer notre futur énergétique qui, au vu du système actuel, risque d'être polluant, peu sûr et coûteux. Mais il montre également comment les nouvelles politiques de gouvernement peuvent créer un futur énergétique alternatif propre, intelligent et concurrentiel, a-t-il précisé lors de la présentation du rapport.

Ainsi dans le scénario de référence basé sur le modèle énergétique actuel, l'AIE prévoit que la demande globale en énergie primaire augmentera de 53% d'ici 2030. Plus de 70% de cette augmentation viendra des pays en voie de développement, menés par la Chine et l'Inde. Elle se traduira par exemple par une demande mondiale de pétrole qui pourrait atteindre 116 millions de barils par jour en 2030 contre 84 millions en 2005. Les émissions globales de gaz à effet de serre qui en résulteraient dont le CO2 atteindront 40 gigatonnes soit une augmentation de 55% par rapport à aujourd'hui. La Chine rattrapera les Etats-Unis au titre des plus grands émetteurs de CO2 dès 2010. Ces tendances accentueront fortement la vulnérabilité des pays consommateurs aux risques de ruptures d'approvisionnement et amplifieront les bouleversements climatiques.

À ce scénario inquiétant, l'AIE oppose un scénario alternatif basé sur une action politique forte. Dans ce scénario, la demande énergétique globale est réduite de 10% en 2030 ce qui équivaut à la consommation énergétique de la Chine d'aujourd'hui. Les émissions globales de CO2 seraient réduites de 16% soit l'équivalent des émissions actuelles des Etats-Unis et du Canada sur la même période. Dans les pays de l'OCDE, les importations de pétrole et les émissions de CO2 seront à leur maximum d'ici 2015 avant de chuter. Pour arriver à ce résultat, l'AIE mise sur l'amélioration de l'efficacité énergétique et parallèlement sur une plus grande utilisation de l'énergie nucléaire et des énergies renouvelables pour réduire la demande et les émissions des combustibles fossiles. Selon l'AIE, la mise en place de politiques énergétiques de ce type dans une douzaine de pays clefs suffirait à diminuer de 40% les émissions globales de CO2. Pour l'AIE, les tendances énergétiques décrites dans ce scénario serviraient chacun des trois principaux buts de la politique énergétique : sécurité d'approvisionnement, protection de l'environnement et efficacité économique améliorée.
La bonne nouvelle, explique Claude Mandil, est que ces politiques alternatives sont très rentables. Certes il y a des surcoûts d'investissements mais ils sont rapidement compensés par les économies d'énergie réalisés. Selon le rapport de l'AIE, les investissements supplémentaires qui seront répercutés aux consommateurs seront moins importants que les économies qui seront réalisées sur les infrastructures de fourniture d'énergie. Autrement dit, pour 1€ d'investissement dans un appareillage électrique plus efficace, 2€ seront économisés dans l'investissement en production d'électricité, transmission et infrastructure de distribution. L'économie serait donc importante sachant que l'AIE a estimé qu'en restant dans le scénario actuel il faudra consacrer 20.000 milliards de dollars au secteur énergétique pour assurer les besoins en gaz, en pétrole et en charbon soit 17% de plus que prévu en 2005 par l'AIE.
Ainsi, dans son analyse, l'AIE rejoint le rapport STERN publié dernièrement. Ne rien faire et entretenir le système actuel coûtera plus cher que de changer de voie de développement énergétique. Les économies d'énergie et l'efficacité énergétique sont donc les deux principaux axes que les gouvernements doivent privilégier selon l'AIE.

Par ailleurs, le rapport souligne qu'il ne faut pas négliger l'utilisation parallèle d'autres sources d'énergie dont le nucléaire et les biocarburants. Selon l'AIE, l'énergie nucléaire pourrait apporter une contribution importante à la réduction de la dépendance au gaz importé et à limiter des émissions de CO2 d'une manière rentable. L'énergie nucléaire demeure une option potentiellement attrayante pour augmenter la sécurité de l'approvisionnement en l'électricité et atténuer les émissions de CO2 mais le financement est un véritable défi, a souligné M. Mandil. Concernant les biocarburants, l'AIE estime qu'ils peuvent contribuer significativement aux besoins en énergie des transports mais se concentre sur les biocarburants de deuxième génération qui font appel à l'ensemble de la plante et seront ainsi plus efficace et plus rentable. D'autre part, l'AIE rappelle que les biocarburants sont en compétition avec l'utilisation alimentaire des sols. Dans un contexte d'une démographie galopante, cette problématique sera de plus en plus prégnante à l'avenir.

Claude Mandil en est convaincu, une action politique forte est nécessaire pour mettre le monde sur une voie énergétique plus durable. C'est au tour des politiques de démontrer leur engagement.

Réactions2 réactions à cet article

 
Délai d réalisation

Bravo Monsieur Claude MANDIL.

Vous parlez vrai.
Ce n'a pas été toujours le cas. Voir l'aveuglement de l'AIE il y a10 ans qui n'a rien vu venir de la crise énergétique actuelle.

D'ou le thème de mon intervention sur la proposition d'augmenter la production d'électricité d'origine nucléaire (que j'approuve) :
Combien de temps faut-il pour disposer d'électricité nucléaire ?
Soit :
- décider de construire un réacteur,
- convaincre les politiques, l'opinion publique, ...
- choisr un site,
- choisir un type de réacteur, puis son fabricant,
- lancer les A.O., les études techniques, administratives, ...
- etc ...
J'arrête la liste que chacun connait (ou peut imaginer).
Pour illustrer ce propos voir ce qui se passe actuellement en Allemagne; une majorité politique défait ce qu'a construit la précédente!

Au bas mot il faudra 30 ans, voir 40 ans pour doubler la production d'énergie primaire d'origine nucléaire qui est de 6.8% aujourd'hui. Et pour produire 10% des besoins totaux d'énergie dans le monde en 2040.

IL MANQUE quelques GWatts.

Et bien moi ce matin je vais aller affuter la lame de ma tronçonneuse; et lui faire un plein d'essence tant qu'il en reste un peu et pas trop cher.

Bonne journée.

Jean Ogier

P.S. : j'ai lu le rapport RTE sur la sécurité d'approvisionnement électrique en France pour l'hiver 2006/2007; et bien je vais aussi faire le plein de mon groupe électrogène.

ogier.jean | 16 novembre 2006 à 10h37
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:Délai d réalisation

je ne partage pas vos points de vue !!!

pourquoi développer une énergie si couteuse, si ardue à mettre en oeuvre (sans parler des risques que nous ne maitrisons pas) ? peut être pour des pays en développement cela pourrait être intéressant pour limiter leur rejets de CO2 liés à l'augmentation de leur consommation (tout ca pour copier un mode de vie non viable...), mais le vrai fond du problème est là juste devant nous ! il réside dans notre boulimie énergivore, non seulement insatiable, mais dont la croissance elle aussi ne s'arrête pas !

A ne jamais se poser les bonnes questions on trouve forcément les mauvaises réponses !

peut-être mandil à-t-il raison dans l'urgence, mais cette solution n'est qu'une rustine au probléme de l'énergie et qui de toutes facons ne fera que repousser le problème puisque le nucléaire n'est pas une ressource renouvelable !


par ailleurs je souhaiterais lire le rapport du RTE auquel vous faites allusion à la fin de votre message. si vous pouviez m'indiquer le lien internet. Merci

en espérant que le débat puisse faire avancer les choses !

Simon Cossus


PS : le lien vers le rapport STERN
http://www.hm-treasury.gov.uk/independent_reviews/stern_review_economics_climate_change/stern_review_report.cfm

nomis | 16 novembre 2006 à 12h27
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Florence Roussel

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager