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Actu-Environnement

L'écolabel européen tente de se faire connaître dans les hébergements touristiques

Disponible depuis 2003, l'écolabel européen spécifique aux hébergements touristiques est encore très peu connu du secteur. Pourtant les établissements déjà engagés sont satisfaits. Le label fait donc l'objet d'un projet de promotion en Méditerranée.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Plus que n'importe quelle autre activité, le tourisme nécessite un environnement préservé de toute nuisance, or l'activité en elle-même exerce certaines contraintes sur les ressources locales en eau, en énergie et sur l'environnement en général à travers la production de déchets et de polluants variés. En France, le tourisme représente 6,4 % du PIB du pays selon l'Insee, plus de 800.000 emplois et plus de 560 millions de nuitées. Mais, selon l'ADEME chaque nuitée engendre la consommation de 300 litres d'eau, de 40 kWh d'électricité et de chauffage et aboutit à la production d'1 kg de déchets en incluant tous les services liés à cette nuitée : cuisine, nettoyage, climatisation, chauffage…
Pourtant depuis 2003, les hébergements touristiques qui le souhaitent peuvent s'engager et mettre en œuvre des pratiques plus respectueuses de l'environnement à travers l'Écolabel européen. Des refuges de montagne aux grandes chaînes d'hôtels, tous les hébergements touristiques peuvent être certifiés. Pour cela, ils doivent répondre à un cahier des charges regroupant plusieurs dizaines de critères écologiques. 37 critères sont obligatoires et portent sur l'énergie, l'eau, les déchets, les détergents, la gestion environnementale globale et les autres services. Ils peuvent s'appliquer en amont des projets lors de la construction des hébergements ou pendant leur phase d'utilisation. Par exemple, un des critères portant sur l'énergie demande que 22 % de l'électricité consommée provienne de sources d'énergies renouvelables. Les hôtels peuvent donc installer des panneaux solaires photovoltaïques ou s'approvisionner chez un énergéticien qui propose par exemple une alimentation en énergie renouvelable. Pour les consommations d'eau, le cahier des charges demande que le débit des robinets soit de 12 litres par minute maximum ou que le changement des serviettes de toilette ne se fasse que tous les deux jours pour un même client pour limiter les lavages. D'autres critères traitent du tri des déchets dans les chambres, de l'utilisation limitée de détergents ou de la formation du personnel.
Au final, la présence de l'écolabel sur un hébergement touristique signale au touriste que l'établissement a défini et mis en œuvre une politique visant à limiter ses impacts sur son environnement tout en assurant un service de qualité.

Actuellement l'écolabel hébergements touristique a été délivré à 80 établissements dans l'Europe des 25. Malgré sa position touristique dominante, la France ne compte que deux établissements labellisés*. Les leaders du secteur sont l'Italie et l'Autriche avec respectivement 22 et 10 établissements présentant le label. C'est pourquoi, afin de faire connaître ce label et de le promouvoir dans le secteur du tourisme un projet LIFE-environnement a été lancé en octobre 2004. Dénommé ShMILE et coordonné par le cabinet Alphéeis, ce projet a permis de développer des outils d'aide à la décision comme la boîte à outils ELTAS. Présentée sous forme d'un logiciel informatique, ELTAS croise les critères de l'écolabel avec les informations de l'hôtel pour en déduire une situation de départ et proposer des actions pour réussir la certification. Tous les outils élaborés au cours du prjet Shmile ont été testés sur des sites pilotes tous situé en Méditerranée dont un en Corse. Depuis octobre 2004, l'Hôtel Coralia Marina Viva du groupe Accord mène des actions de réduction des impacts environnementaux : production d'eau chaude sanitaire solaire, sensibilisation du personnel et de la clientèle, réduction des consommations d'eau et d'énergie… A plus long terme, l'hôtel prévoit de mettre en place la séparation des déchets dangereux par les employés (toners, batteries, produits pharmaceutiques), la suppression des produits jetables à usage unique dans le restaurant et les chambres, le remplacement des ampoules électriques par des lampes basse consommation, etc.
Les résultats sont attendus pour janvier 2007, date de fin du projet Shmile, mais tous les acteurs s'attendent déjà à des avancées significatives à l'image des résultats obtenus par l'Hôtel Jardim Atlantico à Madeire déjà distingué par l'écolabel. Entre 2002 et 2005, cet Hôtel a vu sa consommation d'énergie diminuer de 45 %, sa consommation d'eau froide de 26 %, sa consommation de gaz de 58 % et sa production de déchets de 64 %. Le camping Alpencamp Kötschach Mauthen en Autriche a également engagé une démarche d'écolabelisation. Résultat, l'installation de lampes économes a permis de réduire de 40 % les besoins en électricité pour l'éclairage du camping et l'achat d'un nettoyeur à vapeur de diminuer fortement l'utilisation des détergents.
Ainsi l'écolabel européen peut s'appliquer à tout type d'hébergement touristique. Les actions mises en place seront spécifiques et adaptées à la taille et aux moyens de l'établissement. Il suffit d'être motivé et innovant.


*Hôtel Les Orangeries et Best Western Premier

http://www.eco-label.com

Réactions3 réactions à cet article

 
On avance

Bravo à tous les acteurs de ce beau projet, les résultats sont significatifs et encourageants...mais nous sommes toujours qu'au début d'une longue marche de sensibilisation...
Je voudrais participer activement à des projets de ce type, en proposant mes compétences en formation par exemple, à qui dois-je m'adresser ?

Merci d'avance des retours d'nfos éventuels !

Catherine

catherine | 30 novembre 2006 à 10h57
 
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Demande de précisions

En France, le tourisme représente 6,4 % du PIB du pays selon l'Insee, plus de 800.000 emplois et plus de 560 millions de nuitées. Mais, selon l'ADEME chaque nuitée engendre la consommation de 300 litres d'eau, de 40 kWh d'électricité et de chauffage et aboutit à la production d'1 kg de déchets en incluant tous les services liés à cette nuitée : cuisine, nettoyage, climatisation, chauffage…
DE QUAND DATE CES CHIFFRES ? MERCI!

Anaïs | 01 septembre 2008 à 13h55
 
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Re:Demande de précisions

Bonjour,

De la même date que l'article, soit Novembre 2006 comme indiqué sur la page.

Cordialement

David Ascher

David Ascher | 01 septembre 2008 à 14h32
 
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