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La mise à jour du registre européen des émissions industrielles révèle des résultats mitigés

Lancé au début de l'année 2004, le registre européen des émissions de polluants vient d'être actualisé. Résultat : la quantité totale d'émissions était généralement plus importante en 2004 qu'en 2001.

Risques  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
La Commission européenne et l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) ont lancé au début de l'année 2004, le site Internet du Registre européen des émissions de polluants (REEP), premier registre à l'échelle européenne des émissions industrielles rejetées dans l'air et l'eau par les grandes et moyennes installations industrielles, y compris les grandes exploitations porcines et avicoles.

Couvrant cinquante polluants de l'air et de l'eau de tous les États membres de l'Union, il peut être consulté selon divers critères tels que le nom de l'installation industrielle concernée (son code postal, son adresse ou son lieu d'implantation), le secteur d'activité, le nom du polluant ou une combinaison de plusieurs de ces critères.

Les citoyens européens ont en effet, la possibilité d'accéder par Internet à des informations sur la pollution provenant d' installations industrielles dans l'UE, comme par exemple de connaître la quantité de pollution que produisent les grandes installations à proximité de chez eux et de faire la comparaison avec la situation dans d'autres régions d'Europe. Les entreprises peuvent se mesurer par rapport à leurs concurrentes et les scientifiques, compagnies d'assurances, autorités locales et responsables politiques disposent d'une base de données qui doit les aider à choisir la meilleure solution pour réduire la pollution industrielle.

Aujourd'hui, les données de 2004 sur les émissions en Europe ont été ajoutées au registre et couvrent pour la première fois des installations situées dans les dix nouveaux États membres. En effet, jusqu'à présent, le registre incluait uniquement les données de 2001 pour les quinze États membres qui constituaient l'Union (UE-15) avant l'élargissement de 2004, ainsi que les données communiquées volontairement par la Norvège et la Hongrie.

Ces nouvelles données permettent d'établir une comparaison avec 2001 pour les quinze pays de l'UE qui ont fourni des données pour ces deux années. Résultat : la quantité totale d'émissions était généralement plus importante en 2004 qu'en 2001. La Commission européenne estime que cette dégradation est peut-être imputable au fait que les données relatives à l'année 2004 sont plus complètes et incluent un plus grand nombre d'installations industrielles. Des comparaisons entre ces deux années, secteur par secteur, offriraient peut-être une meilleure base de comparaison, souligne l'institution européenne.

Parmis les émissions qui se sont aggravées, on retrouve notamment celles des gaz à effet de serre tels que le dioxyde de carbone et l'oxyde nitreux, qui ont progressé respectivement de 9,0 % et de 8,5 %. Les émissions dans l'air de polluants tels que le cyanure d'hydrogène et les hydrocarbures aromatiques polycycliques ont augmenté respectivement de 79 % et de 53 %. Quant aux émissions de polluants de l'eau tels que les cyanures, les phénols et le mercure, elles se sont accrues respectivement de 69 %, 35 % et 52 %.

En revanche, la situation s'est améliorée en ce qui concerne les rejets de polluants dans l'eau, notamment les polluants organiques (- 11 %), le phosphore (- 16 %) et l'azote (- 14 %), probablement parce qu'un nombre croissant d'usines de traitement des eaux usées disposent désormais d'équipements plus efficaces, analyse la commission européenne.
Quant à l'évolution favorable observée pour les polluants de l'air tels que les oxydes de soufre (- 11 %), la commission l'explique par les efforts en faveur d'un changement de combustible et d'une réduction de la teneur en soufre des gaz résiduaires. Enfin, les industries les plus polluantes à l'origine d'émissions de cinquante-huit polluants de l'eau et de l'air ont été identifiées : quarante-trois d'entre elles se trouvent dans les États de l'ex UE-15 et quinze dans les dix nouveaux États membres. Les principaux secteurs d'activité de ces entreprises les plus polluantes sont la production et la transformation de métaux (21), les produits chimiques (13), l'énergie (9), la gestion des déchets (6), l'industrie alimentaire (4), le papier et la pâte à papier (2) et les autres secteurs (3).

La Commission devrait procéder à un examen approfondi des données afin d'établir s'il convient d'adopter de nouvelles mesures relatives aux émissions ou de modifier les mesures existantes. Le deuxième rapport du REEP permettra aux décideurs d'évaluer les tendances en matière de pollution avant d'arrêter les décisions futures relatives à la prévention et au contrôle de la pollution, indique M. Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l'environnement.

Le registre des émissions fera l'objet d'un réexamen à l'issue duquel un rapport sera publié au printemps 2007. Le REEP sera ensuite remplacé par le registre européen des rejets et transferts de polluants (RERTP), dont la première édition devrait paraître à l'automne 2009. Plus complet que le REEP, ce registre couvrira plus de quatre-vingt-onze substances émises par des installations industrielles de soixante-cinq secteurs d'activité et par d'autres sources telles que le trafic routier, le chauffage domestique et l'agriculture. Il prendra également en compte les transferts de déchets et des eaux usées d'installations industrielles vers d'autres lieux.


Site web du REEP :
http://www.eper.ec.europa.eu/

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