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Actu-Environnement

Fossiles et nucléaire dominent la production électrique mondiale

La France est mal partie pour respecter une législation européenne lui demandant de porter à 21% en 2010 la part des énergies renouvelables dans sa consommation d'électricité, selon EDF et un organisme d'études spécialisé.

Energie  |    |  Actu-Environnement.com
Malgré un bond de nouvelles filières énergétiques comme l'éolien (Énergie éolienne) et le solaire (Énergie solaire), les énergies fossiles et le nucléaire (Énergie nucléaire) se taillent toujours la part du lion dans la production d'électricité, en France comme ailleurs.

C'est ce qu'indique le dernier bilan de la production mondiale d'électricité à partir de sources d'énergies renouvelables, publié récemment par EDF et un organisme d'études indépendant, l'Observatoire des énergies renouvelables (Observ'ER).

L'Observatoire des énergies renouvelables a créé, en 1998, le baromètre EurObserv'ER, outil de suivi des différents secteurs énergies renouvelables. Observ'ER, aidé de ses partenaires, EnergieSpaarverband, Eufores, Eurec Agency et EC BREC assure ainsi depuis cinq ans maintenant le monitoring des filières sur l'ensemble de leurs dimensions économiques, énergétiques, de politiques publique et de prospective.

En 2002 la production d'électricité d'origine renouvelable représente 18% de la production d'électricité, mais elle n'a augmenté que de 1,4% en dix ans.

En ce qui concerne les barrages , énergie renouvelable traditionnelle et très ancienne et dont production des barrages est menacée à la fois par le changement climatique et la législation sur l'eau. En effet, le réchauffement planétaire s'est déjà manifesté en France depuis plusieurs années par une baisse du couvert neigeux fondant au printemps et des précipitations qui alimentent rivières et barrages.
La loi sur l'eau de 1992, observe la directrice environnement d'EDF, a multiplié par quatre le ''débit réservé'', c'est-à-dire la quantité d'eau ne pouvant être détournée vers un barrage.Cette disposition devrait faire pleinement sentir ses effets avec le prochain renouvellement de concessions des grands barrages. Sa mise en place risque même d'être ''accélérée'' dans la nouvelle loi sur l'eau préparée actuellement en application d'une législation européenne visant à protéger les milieux aquatiques.

Si on enlève les barrages, les nouvelles filières ne comptent encore que pour 1,7% du courant électrique des cinq continents, malgré une augmentation de production de 75% depuis 1993.

Toutes filières confondues, ce sont les énergies fossiles qui ont le plus profité du décollage des pays émergents. Le courant sorti des centrales thermiques (charbon, fioul et gaz) représente 65% du bilan mondial de 2002. En dix ans il a progressé davantage (+ 3,4%) que la production totale (+2,8%).

Le nucléaire est encore prospère, avec une part de 17% de la production mondiale d'électricité en 2002 et une hausse de 2,4% depuis 1993.

L'Union européenne tire encore 33% de son électricité du nucléaire et les centrales nucléaires des Quinze ont encore accru leur production de 1,3% entre 1993 et 2003. Cette évolution est tirée par la France, où le courant d'origine nucléaire a augmenté de 1,9% en dix ans pour représenter 78,3% du courant produit en 2002, le plus fort pourcentage mondial.

La France se distingue aussi du reste de l'Union en matière d'énergies fossiles et de renouvelables. Elle a le plus faible pourcentage de fossiles des Quinze dans sa production électrique (9,3% contre 52% pour la moyenne européenne). Cependant, sa production de courant thermique a davantage progressé depuis 1993 (4,7%) que celle de l'UE (2,7%).

L'hydroélectricité française, la plus forte des Quinze, représente 95% de la production de courant d'origine renouvelable contre 75% pour la moyenne européenne. Mais en dix ans elle a diminué (0,4%) plus que la moyenne (0,1%).

Côté nouvelles filières, la France a pris beaucoup de retard sur ses voisins malgré des progrès récents.

La production d'électricité fabriquée avec le vent (éolien), le soleil (photovoltaïque), le bois et les déchets (biomasse) ainsi que la chaleur de l'écorce terrestre (géothermie) a fait un bond de 239% dans l'UE et de 110% en France depuis 1993.

Anecdotique en France (0,7% du courant produit en 2002), elle représente déjà près de 4% du courant produit chez les Quinze grâce aux efforts gigantesques de l'Allemagne, champion mondial de l'éolien.

L'UE a prévu de porter la part des renouvelables, hydroélectricité incluse, à 22,1% de sa consommation totale d'électricité en 2010 contre 13,9% en 1997, le pourcentage prévu pour la France étant de 21%.

La France est mal partie pour respecter cette législation selon EDF et cette organisme d'études spécialisé.

Réactions13 réactions à cet article

 
Pas étonnant...

Voici quelques explications :

- les préfets bloquent encore les projets éoliens malgré les circulaires,
- EDF freine au maximum les procédures de raccordement au réseau des générateurs photovoltaïques,
- le budget de l'ADEME est en baisse,
- les tarifs de rachat du photovoltaïque sont largement insuffisants (15c€/kWh en france contre 55c€ en Allemagne).

La France comme EDF sont toujours en avance pour faire des beaux discours sur le développement durable et les énergies renouvelables.

Mais face aux résultats, le voile tombe.

Jeremy | 25 mars 2004 à 17h05
 
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Réaction

Qu'attend-on pour développer l'éolien off-shore et les hydroliennes? (l'hydrolienne est au courant marin ce que l'éolienne est au vent)
A Quimper, la société Hydrohélix Energies projette de construire des hélices de 1,2Mw activées par les marées, (comme cela se fait déjà en Angleterrs et en Norvège), mais ne réussit pas à être subventionnée par l'Etat, l'Adème ou l'Anvar.

Association DARLY | 25 mars 2004 à 17h19
 
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Re:Pas étonnant...

Tout à fait d'accord et du coup je repasse le message que j'avais préparé mardi :
Il ne s’agit pas de supprimer le nucléaire mais d’augmenter la part des énergies renouvelables. Car même si on décidait aujourd’hui d’arrêter le nucléaire, on en aurait encore pour 30 ou40 ans pour toute une série de raisons, justifiées d’ailleurs.
Quant aux éoliennes nous avons en France un fort potentiel inexploité sur terre et «off-shore »lundi à la TV « National Geo »passait un reportage sur l’installation au large du Danemark de 80 éoliennes de grande puissance. Les Danois ne font pas dans la dentelle et ont fabriqué des barges spéciales et des grues énormes (une des plus puissantes du monde) afin d’être efficaces et assembler sur site à quelques kms de la cote 1 éolienne par jour !
Pendant ce temps notre gouvernement, plein de bonnes intentions sur le sujet, a nommé une commission(là nous sommes imbattables!) chargée d’analyser les possibilités de l’off-shore en méditerranée. Au lieu de réduire le retard que nous avons pris j’ai l’impression que nous l’augmentons !
Sur le « Bois-énergie » je suis d’accord avec « noco et gui » et je connais un Maire de village dans ma région qui souhaite s’équiper pour la mairie/écoles /salle communale mais il n’y a pas de fournisseur ; de plus un seul fournisseur n’est pas suffisant car en cas de défaillance du premier il en faut un autre sous la main sur-le-champ.
Et pourtant la région est riche en matière première, ne serait ce que les élagueurs du département qui brûlent en pure perte les branches qu’ils abattent.
J’en suis au point de me demander, (moi qui vient de prendre ma retraite !), si je ne devrais pas reprendre du service en créant une filière dans ma région (Tarn) comme cela a été fait dans le Doubs je crois !

claude | 25 mars 2004 à 20h35
 
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beaux discours

J'ai effectué un stage de 4 mois au sujet des éoliennes génératrices d'électricité. Je me suis rendu compte même si je le savais déjà qu'EDF joue un double jeu. d'un coté ils favorisent à fond le nucléaire et évite les énergies renouvelables qui sont pour eux pas assez rentable, et de l'autre côté il fond de leur marketing en expliquant que le développement durable s'est primordial pour eux!! (Allez voir le site) comment peut on parler de développement durable avec une énergie comme le nucléaire? ils nous prennent vraiment pour des c... Mais de toutes façons ils reflètent la mentalité française : le profit d'abord, l'intérêt général ensuite ...
qui est prêt à avoir une éolienne de 80 mètres à côté de chez lui? pas grand monde je crois!
Il faudrait que chacun pense que la terre nous ne l'avons pas hériter de nos parents mais emprunter à nos enfants!!
Bonne journée à tous

mélinda | 26 mars 2004 à 10h51
 
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Re:beaux discours

Sur le fond tu as un peu raison...
Cependant, le cadre législatif existe en France pour promouvoir les EnR. La porte, même qu'entrouverte, n'est pas fermée.

Aussi ne doit-on rien attendre de nos dirigeants ou de EDF et doit-on proposer ces solutions nouvelles aux grands publics, aux collectivités locales et aux entreprises.

En créant alors une demande de plus en plus forte, en déposant de plus en plus de dossiers et demandes de raccordement, ces mêmes dirigeants seront bien contraints de tenir compte d'une réelle volonté publique. C'est la force d'une démocratie...

A nous donc, en tant que réel acteur du développement durable, de faire vivre cette nouvelle filière professionnelle et à l'amener à maturité dans notre beau pays.

ENERGIE TOTALE | 26 mars 2004 à 13h03
 
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Re:Pas étonnant...

Je suis ingenieur chimiste specialise dans le treatement de la pollution atmospherique industrielle. Je suis donc constamment conscient des consequences concernant le choix strategique du combustible utilise. Effectivement, et c'est le cas pour beaucoup de pays europeens (j'habite en Hollande), la plupart des producteurs d'electricite font une publicite mensongere concernant leurs intensions de fournir une energie propre! Meme aux Pays Bas, pays repute "ecolo" (Hum...no coment!), les efforts du gouvernement sont nuls puisqu'il n'y a meme pas de Ministre de l'Environnement en activite! Je peux aussi constater que tous les credits dedies a l'environnement sont bloques par les differents gouvernements qui preferent se remplir les poches sans se preoccuper de la sante des citoyens.
En tant que conseiller technique, j'essaie de promouvoir au maximum l'utilisation de la biomass comme source d'energie: la filiere de recyclage est attrayante parce que la source est enorme et les technologies de transformation sont maintenant au point. On peut biensur bruler les residus de bois et recuperer l'energie, ou convertir la biomasse en produits secondaires a forte valeur ajoutee. On peut ainsi, par la mise en place d'un bioreacteur, produire des acides organiques utilises dans la synthese ou encore des biocarburants.
Face a la gravite de la situation, je souhaite voir apparaitre des initiatives personnelles sur des creneaux inexploites et tres rentables. N'hesitez pas a me contacter pour de plus amples informations.

David "van" Garbe | 26 mars 2004 à 13h34
 
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Re:beaux discours

je suis d'accord avec toi. le fait de déposer des projets obligera à revoir le système. Le problème est que pour déposer un projet éolien viable, il ne faut pas de servitudes qui grèvent le terrain et il en existe beaucoup!!! Ensuite il faut faire passer le projet dans les moeurs et là c'est encore plus difficile. Mais il est clair que si j'en avais les moyens je m'investirais dans ce sujet qui passionne tant!!!!

melinda | 26 mars 2004 à 14h23
 
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Re:beaux discours

Le nucléaire ne crée pas de CO2 ,à terme qui sait si la planète ne crèvera pas du rechauffement de la planète bien avant que les déchets nuclèaires ne posent problème?

risque | 17 avril 2004 à 21h06
 
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eolien une fausse bonne solution

L'éolien industriel ne produisant de l'électricité qu'entre 1/3 et 1/4 du temps c'est clairement une fausse bonne solution qui nous contraint à remettre en service des centrales thermiques de régulation au fuel.
SVP ne pas se laisser hypnotiser par la rotation de pales, derrière celles-ci il y a des centrales thermiques et du CO2.

vianney | 27 juin 2004 à 21h55
 
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Re:beaux discours

Bonjour à tous.

Etant un professionnel dans la filière éolienne en réalisant des études d'impact pour l'implantation de parcs. Je pense désormais posséder le retour suffisant pour effectivement dire que rien que le fait d'obtenir un Permis de Construire pour l'implantation d'une ferme éolienne n'est pas chose aisée ! Entre les contraintes aéronautiques, écologiques (avifaunistique principalement), foncières, socio-économiques et surtout culturelles ! (le pas dans mon jardin est un phénomène culturelle très important chez nous français).

Une fois ce fameux sésame décroche, les frais de raccordement au réseau EDF complètement prohibitifs et déraisonnables sont en train de faire reculer la plupart des investisseurs, certes principalement intéressés par le profit mais désireux tout de même d'implanter des éoliennes !

La France et toute l'opinion publique sait désormais que les conditions du protocole de Kyoto concernant les énergies renouvelables ne seront pas respecter : ce n'est pas avec nos barrages hydroélectriques et nos pauvres 300 MW éoliens installés que nous rattraperons la part d'énergie renouvelbales dans notre production. Reste à savoir les mesures qui seront prises pour essayer de rattraper le retard énorme que nous avons accumulé ....

airele | 07 janvier 2005 à 18h04
 
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Re:Re:Pas étonnant...

David van Garbe, votre analyse est intéressante et me conforte dans l'idée :
-Qu'en la matière presque tous les pays se valent
-Que la moralité des pouvoirs en place demanderait à être contrôlé.
-Qu'on ne peut compter sur eux pour faire évoluer les choses.

Vous avez écrit : "Face a la gravite de la situation, je souhaite voir apparaitre des initiatives personnelles sur des creneaux inexploites et tres rentables. N'hesitez pas a me contacter pour de plus amples informations."
Comment peut-on vous contacter ?

BPCH | 25 janvier 2008 à 07h09
 
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Re:eolien une fausse bonne solution

D'accord avec le fait que l'éolien ne résoud pas tout, mais il faut garder à l'esprit que ce qui peut remplacer les énergies fossiles ne se limite justement PAS à l'éolien, au niveau des ménages, c'est précisément le CUMUL de systèmes qui propose une réponse suffisante: solaire, photovoltaïque, géothermie, éolien... une addition de réponses qui pourront dans l'avenir règler (enfin... pour ceux qui ont les moyens )le problème de la pollution et de la dépendance énergétique. Ne pas oublier que même l'industrie peut y trouver son compte ! (question: le pouvoir de l'argent et de la politique va-t-il réduire tous ces espoirs à néant ?....)

Anonyme | 07 mars 2009 à 17h00
 
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Re:Re:Re:Pas étonnant...

J'ai posté un message il y a 15 mois, et la situation a bien évolué depuis: en conséquence de la crise financière mondiale, les investisseurs ont reconnu "l'industrie écologique et durable" comme étant un marché d'avenir. Les technologies offertes ont aussi bien évoluées (ainsi que leur coût, grâce à une demande grimpante)...mais la question reste la même: est-ce que les pouvoirs Public savent que ses technologies sont applicables dès aujourd'hui? Je vous donne un exemple: la transformation des algues marines en carburant vert. La France s'engage dans un long processus de recherche...c'est bien, mais cette technologie est déjà au point! Allez voir en Asie, c'est une question de culture! Un autre exemple: le devenir des ordures ménagères et autres déchets inductriels. Nos chers élus optent constamment pour "l'incinération", plutôt que d'introduire "la gaséification", bien plus rentable et propre!
Je fais un simple bilan (basé sur ce que Al Gore nous informe): si nous appliquions un programme réel d'économie d'énergie, en apportant toutes les avancées technologiques actuelles, nos émissions de CO2 passeraient sous le niveau de 1950! Le passage du "carbone fossil" à l'hydrogène sera un pas gigantesque pour la lutte contre les émissions de CO2.
Pour information, les Pays-Bas ont décidé d'investir quelques 50 milliards d'euro pour protéger le pays contre la montée des eaux. La première victime du réchauffement climatique en Europe...avec une facture bien salée...

Bien à vous

Anonyme | 03 mai 2009 à 14h08
 
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