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EDF présente une nouvelle étape de la déconstruction de Superphénix

EDF a présenté dernièrement la nouvelle étape, avec une enquête publique du 26 avril au 26 mai, qui doit conduire à la déconstruction totale en 2025 du surgénérateur nucléaire Superphénix situé à Creys-Malville en Isère.

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EDF a présenté dernièrement la nouvelle étape, avec une enquête publique du 26 avril au 26 mai 2004, qui doit conduire à la déconstruction totale en 2025 du surgénérateur nucléaire Superphénix situé à Creys-Malville en Isère.

Superphénix, faisant suite au réacteur expérimental Phénix, devait être le premier réacteur en production mais il a été à l'origine d'une polémique sur son coût et sur sa fiabilité ayant entraîné l'abandon de la filière.

La centrale de Creys-Malville est équipée d'un réacteur à neutrons rapides, refroidi au sodium (Na). D'une puissance de 1240 MWe, ce réacteur s'inscrit dans le programme européen de développement et de mise au point de la filière des réacteurs à neutrons rapides (RNR).

Pour une production équivalente d'électricité, trois modes de fonctionnement sont possibles :

- Surgénérateur : le réacteur produit plus de plutonium qu'il n'en consomme.
- Convertisseur : le réacteur produit autant de plutonium qu'il en consomme.
- Incinérateur : le réacteur consomme plus de plutonium qu'il n'en produit ; il peut brûler le plutonium de toute origine (civile ou militaire), et convertir les actinides (produits radioactifs à vie très longue) en produits radioactifs à vie courte.

L'utilisation de neutrons rapides entraîne une dissipation d'énergie importante dans un faible volume. Pour extraire et transporter la chaleur du coeur, les RNR (Réacteurs à Neutrons rapides) utilisent un fluide caloporteur (ou fluide de refroidissement) efficace ne ralentissant pas les neutrons: un métal liquide, le sodium. Le sodium a aussi la caractéristique de s'enflammer au contact de l'eau, et d'exploser au contact de l'air.

Dans cette filière, seuls les neutrons sont rapides. La grande inertie thermique de la chaudière à circuit primaire intégré, conduit à des variations lentes de température qui permettent aux opérateurs un large temps de réflexion, même en situation perturbée.

Depuis son raccordement au réseau en 1986, la centrale n'a fonctionné que 3 ans. Elle a été arrêtée, en raison d'incidents techniques et surtout pour des raisons administratives, pendant 4 ans et demi.

Un arrêté ministériel du 19 juin 1997 à conduit à son arrêt définitif, en partie parce que le faible prix de l'uranium ne justifiait plus les investissements coûteux dans cette technologie.

L'enquête publique du 26 avril au 26 mai a pour objet d'autoriser le traitement des 5.500 tonnes de sodium liquide qu'utilisait le réacteur pour évacuer la chaleur, alors qu'initialement seule la vidange était autorisée.

EDF veut installer deux chaînes de production sur le site permettant de transformer le sodium (une substance délicate à manipuler car elle s'enflamme au contact de l'air et de l'eau) en soude qui sera incorporée à des blocs de béton. Le directeur de la centrale, Marc Leurette a indiqué que ces derniers seront faiblement radioactifs (2 à 3 fois plus que le granit naturel) et facile à transporter.

L'opération devrait déboucher sur la production de 70.000 tonnes de béton. Le procédé de transformation du sodium en soude a été créé par leCommissariat à l'Énergie Atomique (CEA)et est utilisé actuellement en Ecosse pour retraiter le sodium de la centrale de Dounreay.

L'enquête doit aussi demander le droit d'exploiter pendant 30 ans sur le même site, un atelier pour l'entreposage du combustible (APEC) ou seront placés le coeur qui avait servi pendant l'exploitation de la centrale et le coeur neuf qui devait le remplacer. Ces coeurs sont composés d'assemblages combustibles qui contiennent chacun 7 tonnes de plutonium (Pu), une substance particulièrement dangereuse.
M. Leurette a indiqué que ce combustible n'est pas adapté pour les réacteurs nucléaires de 3e génération à eau pressurisée (EPR).

Pour lui, ces coeurs ne sont pas un déchet mais constituent une réserve énergétique pour l'avenir... Un coeur neuf représente une production théorique d'une puissance de 1.300 mégawatts pendant 2 ans et le stockage donnera du temps pour prendre une décision à son sujet.

Le directeur délégué de la centrale, Christian Montane. a indiqué que la valorisation éventuelle de ce combustible dans de futurs réacteurs utilisant le plutonium, sera envisagée à l'horizon 2020/2030, en fonction des choix politiques énergétiques du gouvernement.

Le coût pour le démontage de la centrale a été révisé en légère baisse à 880 M EUR au lieu de 900 M EUR.

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