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La croissance des éco-entreprises évaluée à 4,8% en 2004

Evalué en 2002 à 30,51 milliards d'euros et à 32,17 milliards d'euros en 2003, les prévisions de croissance, pour l'ensemble des éco-entreprises, s'établiraient à 4,8% en 2004.

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Evalué en 2002 à 30,51 milliards d'euros et à 32,17 milliards d'euros en 2003, les prévisions de croissance, pour l'ensemble des éco-entreprises, s'établiraient à 4,8% en 2004.

D'après la note de conjoncture semestrielle des éco-entreprises réalisée par In Numeri pour le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable et publiée en juillet dernier. De plus, leur croissance serait de 1,4 points supérieure à celle de l'économie française.

Un des aléas le plus susceptible d'affecter la croissance et les prévisions basées sur cette dernière réside dans les cours du pétrole. Cet aléa ne pourra être levé que dans la mesure ou la situation au Moyen-Orient se clarifie.

L'activité devrait bénéficier de l'effet conjugué du renforcement de la réglementation et de la reprise des investissements des entreprises (+ 8 % toutes industries confondues). En effet, la plupart des éco-entreprises s'accordent à dire que c'est l'évolution réglementaire qui a permis le récent développement de leur activité. Ainsi, même pour une activité aussi ancienne que la récupération des matériaux, ce sont les législations les plus récentes en matière de déchets « ultimes » qui ont ouvert la porte à la récupération de nouveaux matériaux dont la récupération ne serait pas économiquement viable sans cette législation.

Les prévisions sont cependant très différentes selon les secteurs.

Eau

Le chiffre d'affaires des services relatifs à l'eau aurait progressé de 5 % en 2003, atteignant 11 124 M€, les conditions climatiques de l'année ayant entraîné une hausse d'environ 3% des volumes d'eau consommés. En ce qui concerne l'année 2004, les volumes, l'hypothèse retenue pour 2004 sont en légère baisse (-2%) par rapport au niveau élevé des consommations enregistré en 2003.
Les prix devraient continuer à croître à un rythme un peu plus élevé qu'en 2003 : sur les 4 premiers mois de l'année, l'indice INSEE avait déjà enregistré une hausse de 1,5% du prix de l'ensemble des services. Cette hausse trouve au moins deux éléments d'explication dans l'application des textes récents : La circulaire d'application de la loi SRU relative à l'individualisation des contrats d'eau dans les immeubles collectifs est parue le 12 janvier 200410 : plus d'abonnés seront à gérer. Les arrêtés du 18 mars 2004 relatifs à la normalisation des boues d'épuration, s'ils fixent des seuils plus bas sur les éléments traces, vont entraîner des contrôles microbiologiques supplémentaires. En revanche, la remise en concurrence de l'ordre de 2000 contrats de délégation en 2004, avec des contrats d'une durée plus courte, devrait constituer un facteur tendant à la baisse des prix.

Dans le domaine de la construction de réseaux d'adduction et d'assainissement, en milieu d'année 2003, les professionnels de cette branche étaient assez pessimistes quant à l'évolution du marché pour la période allant de juillet 2003 à juin 2004, puisque 60% d'entre eux s'attendaient à une stabilité de l'activité et presque un tiers prévoyait une baisse. Ces prévisions étaient un peu trop pessimistes, car on a finalement observé, en 2003, une augmentation de 3,2% du chiffre d'affaires global des adhérents aux Canalisateurs de France.

L'activité « adduction d'eau potable » s'est maintenue tandis que l'assainissement a poursuivi sa progression (+ 8,5 %). Pour 2004, les professionnels sont plus optimistes, anticipant une croissance de l'ordre de 5 %. Une accélération du rythme de renouvellement des canalisations est en effet à prévoir dans les années qui viennent, compte tenu de la vétusté du réseau français. A noter ici qu'un rapport de l'Assemblée nationale, en septembre 2003, a souligné que la rénovation du réseau à l'horizon 2015 nécessiterait un investissement annuel de 1,5 milliard d'euros.

En ce qui concerne la construction de stations d'épuration, le chiffre d'affaires des adhérents du SNITER (Syndicat National des Industries de Traitement des Eaux Résiduaires, dont la part de marché est évaluée à 90 %.) a, selon les premières estimations, progressé de 30 % en 2003 pour atteindre 2 011 M€. La progression a été particulièrement importante sur le marché intérieur (+ 48 %), qui a visiblement bénéficié du retard pris par la France sur l'application de la directive européenne obligeant les agglomérations de plus de 2000 équivalents-habitants à s'équiper d'ici 2005 de systèmes de collecte et de traitement. Les exportations ont par contre beaucoup moins progressé sur la période (+ 5 %), mais elles avaient enregistré une croissance exceptionnelle en 2002. Pour l'année 2004, la croissance globale attendue est de 20 %.


Déchets

Estimé par BIPE/ADEME à 5 149 M€ en 2003, le marché des services d'enlèvement et de traitement des déchets non dangereux - ordures ménagères (OM) et déchets industriels non dangereux (DIND) - continue à progresser très légèrement : + 2 % en 2003, + 2 % prévus pour 2004.

Les tendances constatées ces dernières années se confirment : déclin de la collecte traditionnelle au profit de la collecte sélective ; baisse globale des DIND collectés (- 5 % en 2003), due à la faible croissance économique mais aussi à la réduction des déchets à la source ; baisse des volumes de déchets (OM et DIND confondus) mis en centres de stockage mais hausse des volumes incinérés ; enfin, poursuite du développement du traitement biologique (sauf sur le segment du compostage des ordures ménagères).

Le marché des services d'élimination et de traitement des déchets dangereux a quant à lui stagné en 2003 à 948 M€ (source : BIPE/ADEME), en raison principalement de la morosité de l'activité industrielle sur la période. Les prévisions 2004 sont tout aussi pessimistes (0 % de croissance), anticipant une lente reprise de l'activité industrielle et la poursuite de la réorganisation des intervenants, tant du côté de la demande que de l'offre.

En ce qui concerne la construction d'Usines d'Incinération d'Ordures Ménagères (UIOM), les seuls indicateurs de marché disponibles sont les «ordres de service » passés annuellement et publiés par l'ADEME, ces ordres concernant à la fois les constructions neuves, les rénovations et les extensions d'unités existantes.
En 2003, ces ordres de service, estimés à 427 M€, ont enregistré une progression record : + 167 %, après avoir subi une baisse très sensible en 2002 (- 33 %). Les prévisions d'ordres de service pour 2004 sont cependant en baisse : - 15%. Sachant que le délai moyen entre appel d'offres et mise en service d'une usine avoisine 6 ans, ce chiffre est cependant plutôt à considérer comme un indicateur de chiffre d'affaires à moyen terme.

A noter : l'année 2004 s'annonce également à la baisse dans la construction d'autres types d'installations liées à la gestion des déchets : - 5 % pour les déchèteries, - 28 % pour les centres de tri, - 13 % pour les installations de compostage.

Evalué à 179 M€ en 2003 (par BIPE/ADEME), le marché du traitement des boues devrait pour sa part accélérer sa progression en 2004, passant de + 2 % en 2003 à + 4 %. La croissance de ce marché s'explique d'une part par l'augmentation constante des volumes à traiter, du fait de l'amélioration des techniques d'assainissement, d'autre part par une tendance à la hausse des coûts, liée au recours à des méthodes plus coûteuses de compostage et de séchage thermique ou solaire.

Quant au secteur de la récupération et du recyclage, analysé régulièrement par l'Observatoire statistique FEDEREC , il semble avoir mieux résisté que d'autres à la morosité économique. Les 2 900 entreprises du secteur ont réalisé un chiffre d'affaires de 6 300 M€ en 2003, en progression d'environ 5 % par rapport à l'année précédente. Les exportations ont été particulièrement dynamiques. Affichant une progression de 9 %, elles ont atteint 7,6 millions de tonnes, malgré la hausse limitée des volumes collectés.

L'évolution a cependant été très variable selon les filières, tant en chiffre d'affaires qu'en volume. En chiffre d'affaires, certaines ont nettement progressé : + 25 % pour les ferrailles et VHU (véhicules hors d'usage) – cette filière représentant aujourd'hui le _ du CA global de la profession - + 7 % pour le verre, + 6 % pour les plastiques, par exemple. D'autres ont par contre enregistré des baisses sensibles : - 14 % pour les papiers-cartons, - 3 % pour les DIB (déchets industriels banals) en mélange, - 2 % pour les textiles.
Les prévisions globales pour 2004 restent orientées à la hausse : + 8 % de croissance prévue.


Réhabilitation des sols pollués

Alors que les professionnels envisageaient pour 2003 une croissance du chiffre d'affaires plus raisonnable que les croissances annuelles enregistrées depuis 2000, cette année encore le chiffre d'affaires des adhérents de l'UPDS, Union Professionnelle des entreprises de Dépollution de Sites, augmente considérablement.

Cette croissance exceptionnelle est tout de même explicable en partie par l'augmentation du nombre d'adhérents : 27 entreprises adhéraient au syndicat en 2002, elles étaient 32 en 2003.
Ces adhérents représentent environ 80% du marché français. A la fin du mois de septembre 2003, une norme de services (NF X31-620) était parue sous le titre « prestations de services relatives aux sites et sols pollués (études, ingénierie, réhabilitation de sites pollués et travaux de dépollution) ». Elle portait sur les activités d'études, de conseil, d'ingénierie de travaux de dépollution et de surveillance des sites pollués (sauf par des substances radioactives et par l'amiante). Elle définissait des exigences de services applicables aux prestataires des services de la dépollution : études préliminaires, études approfondies, ingénierie des travaux de dépollution, maîtrise des risques, exécution des travaux et surveillance. Il semblerait que cette nouvelle norme de service ait contribué à la croissance du chiffre d'affaires, et que 10% du chiffre d'affaires lui soient imputables.

Pour 2004, les professionnels prévoient une croissance raisonnable, autour de 10%. Enfin, suite aux amendements METALEUROP, une loi sur les risques technologiques est parue le 31 juillet (voir le chapitre A.3.d) . Certains décrets d'application n'étant pas encore passés, aucun impact ne s'est fait encore ressentir sur le marché, mais cette loi devrait avoir des retombées positives sur le marché en 2005. Le marché de la dépollution se décompose en deux segments : les travaux et les études. Les études ont enregistré en 2003 une croissance de 10%, alors que celle des travaux était plus soutenue, et s'élevait à 29%. Mais les professionnels attendent un nouvel élan sur ce segment de marché, puisque les modalités des études simplifiées des risques devraient être prochainement révisées. Les exports, toujours non chiffrés dans ce domaine d'activité continuent leur développement : le nombre d'études et de chantiers à l'étranger aurait crû de 20% en 2003 par rapport à 2002.


Dépollution de l'air

Les ventes de matériels de filtrage et de dépoussiérage de l'air par les adhérents UNICLIMA (204 M€) ont accusé en 2003 une baisse de 12 % par rapport à 2002, alors que les professionnels s'attendaient au contraire à une croissance du marché du fait de l'obligation faite aux UIOM de s'équiper d'un système de traitement des fumées avant 2005. Il semblerait que les usines d'incinération d'ordures ménagères aient tardé à s'équiper.
L'année 2004 devrait par contre voir se réaliser les investissements sans cesse repoussés de mise aux normes et ainsi renouer avec la croissance (prévision : + 15%).

Le marché de la lutte contre les COV – récemment intégré au champ de l'étude - estimé à 27 M€ en 2003, devrait quant à lui progresser de 20 % en 2004. Ce marché sera sans doute amené à se développer rapidement ces prochaine années car de nombreuses branches d'activités utilisant des solvants sont concernées par le renforcement de la réglementation sur les émissions de COV (Directive européenne d'octobre 2001) : industries chimiques, fabricants et utilisateurs de peintures, industries de traitement des métaux, imprimeries, pressings et teintureries…


Lutte contre le bruit

Dans le domaine des écrans acoustiques, le lancement du Plan national d'actions contre le bruit n'a visiblement pas eu les effets escomptés, du moins d'après les appels d'offres enregistrés par APREA, association professionnelle des réalisateurs d'écrans acoustiques représentant 80 % du marché (seul indicateur disponible). Totalisant 155 000 m2 , ces appels d'offres ont en effet enregistré une baisse de 10 % en 2003, pour retrouver leur niveau de 2001. Une croissance globale de 5 % est cependant prévue pour 2004.

Actuellement les chantiers - dont la taille moyenne se situe entre 800 et 1 500 m2 - visent principalement à résorber les points noirs. Les nouveaux produits (PVC…) n'ayant pas eu le succès escompté, le marché se recentre sur des produits plus traditionnels (béton, métal…) et les prix ont tendance à augmenter.

En ce qui concerne l'isolation acoustique et thermique des bâtiments, après une régression de 2 % en 2002, le chiffre d'affaires des professionnels (adhérents du FILMM ), a progressé de 6 % en 2003, s'établissant à 535 M€. Le marché de l'isolation étant directement lié à celui de la construction, ce bon résultat est à mettre en relation avec l'augmentation des mises en chantier.
Pour l'année 2004, une croissance de l'ordre de 8 % est attendue. Outre les constructions de logements, le marché pourrait être dynamisé par d'autres facteurs comme le Plan Climat, en cours d'adoption, et le développement des énergies renouvelables, dont la rentabilité et l'efficacité dépendent en partie de la bonne isolation des bâtiments. Les professionnels sont cependant en attente de la nouvelle réglementation thermique en 2005 (RT2005).


Par ailleurs, en ce qui concerne les emplois, le rapport à la Commission des Comptes et de l'Économie de l'Environnement fait état d'environ 317 000 emplois environnementaux en 2002, dont 183 000 seraient proposés par les éco-entreprises, soit une hausse d'environ 5% de l'emploi offert par celles-ci.

Enfin, selon la note de conjoncture semestrielle des éco-entreprises réalisée par In Numeri pour le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable et publiée en juillet dernier, a santé économique de l'ensemble des éco-entreprises ne peut pas se juger à travers les cotations des entreprises cotées en bourse (CFF Recycling, Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain, Suez, Veolia Environnement ,Séché Environnement SA, Compagnie des Eaux de Royan, Ducot et Sarrat, General Industries, Groupe Hiolle, Société des eaux de Douai,Gaudriot) mais cet indicateur est jugé intéressant.


Source : D'après la note de conjoncture semestrielle des éco-entreprises réalisée par In Numeri pour le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable et publiée en juillet dernier.

Réactions2 réactions à cet article

 
attention, il ne s'agit pas d'entreprises écolo..

Il ne s'agit pas d'entreprises écolos qui respecteraient scrupuleusement des normes environnementales strictes mais simplement d'entreprises qui vivent grâce à un fonds de commerce particulier : la pollution sous toutes ses formes.
La branche eau de Vivendi fait donc partie de ces éco-entreprises. Rien à voir avec une quelconque responsabilité sociale et environnementale des entreprises.
NE NOUS Y TROMPONS PAS !

fanfan
 
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Ce sont quand même eux qui nettoient...

D'accord, ils ne sont pas tous ISO 14000 ou autre, mais sans ces opérateurs, nous serions peut-être juste un peu plus dans la m..arée noire, les déchets, émissions ou le bruit.
Certes, restons sainement cyniques, mais ne nous y trompons pas effectivement : tant qu'il y aura des gens pour manger, boire, acheter, se déplacer, etc. il y aura besoin de traiter d'une façon ou d'une autre les résidus de ces activités. Donc, demandons à l'ambulance de rouler électrique ou hybride peut-être, mais ne tirons pas dessus, siouplaît Msieursdames, merci...

Patrick Hubert, FinÆnviro
 
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