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Quand le génie génétique vient à la rescousse du protocole de Kyoto

La séquestration du CO2 apparaît une solution de plus en plus sérieuse pour respecter le protocole de Kyoto. CO2Solution, société de biotechnologie québécoise développe un procédé innovant de transformation enzymatique du CO2 en bicarbonate.

Gouvernance  |    |  Actu-Environnement.com
Dans le contexte de la lutte aux changements climatiques, la captation puis séquestration du CO2 émit par les installations industrielles devient une solution de plus en plus sérieuse. De nombreuses solutions ''mécanique'' et notamment de réinjection de ce gaz à effet de eerre (GES) sont en cours de développement. Par exemple le BRGM plaide pour la création d'un site expérimental en Ile-de-France d'ici trois ans et participe à une dizaine de programmes de recherche internationaux sur le sujet. Le Bureau de Recherche Géologique et Minières estime en effet que le CO2 ''industriel'' est suffisamment dense pour être capté en sortie d'usine, séparé et compressé pour être injecté dans le sous-sol en profondeur.
CO2 solution, société de biotechnologie québécoise, développe quant à elle un procédé de traitement enzymatique des fumées pour transformer le CO2 en bicarbonate au sein d'un bioréacteur.

La conception du bioréacteur peut varier considérablement d'une application à l'autre, mais les principes de base demeurent les mêmes. Les fumées sont acheminées dans le bioréacteur fonctionnant à température ambiante et pression atmosphérique dans lequel prend place un matériaux polymère ''garnie'' d'enzyme.
Le CO2 des fumées est immédiatement capté par les enzymes qui joue le rôle de catalyseur sur la réaction de transformation naturelle de CO2 en HCO3- en milieu aqueux (le CO2 se dissout naturellement dans les eaux des océans sous forme d'ion carbonate).
Le processus catalytique donne naissance instantanément à une solution aqueuse d'ions bicarbonate qui est récupérée dans le fond du bioréacteur.
Pour arriver à alimenter les bioréacteurs qui seront utilisés à l'échelle commerciale, de très grandes quantités d'enzymes seront requises. Même si elle reste particulièrement discrète sur ce sujet, la société déclare donc avoir donc trouvé un moyen de produire ces enzymes de façon économique et fiable par génie génétique.

Les travaux de recherche effectués jusqu'à présent par la société ont permis de démontrer que ce procédé fonctionne bien à l'échelle du laboratoire. L'équipe de recherche travaille maintenant à l'optimiser et à l'adapter en vue des différentes applications commerciales possibles et les débouchées sont énormes !
• Les industries du secteur de la production d'énergie (centrales thermiques, génératrices), des cimenteries, des alumineries, des aciéries, des pâtes et papiers, des incinérateurs, ou tout autre secteur nécessitant de gros volumes de carbone fossile (pétrole, charbon, gaz naturel), gèrent des installations qui émettent entre 50.000 et 5 millions de tonnes de GES par an. Si elles ont pour objectif de réduire ces émissions de 5 à 10 % d'ici 2012, la société affirme que leur procédé leur offre un plan de réduction de 3 à 6 ans qui leur permettra d'atteindre cette cible.
• La production d'énergie à partir des biogaz trouverait également avantage à cette technologie afin d'épurer et d'enrichir la concentration en méthane des biogaz émis.
• La solution de carbonate peut-être soit conditionnée en vue de son injection dans les nappes aquifères profondes, soit valorisée avec la production d'un dérivé carbonate (par exemple, du carbonate de calcium de qualité industrielle pour l'industrie des pâtes et papiers) ou par la désorption active (régénération de C02 de qualité industrielle, par exemple pour stimuler la croissance des plantes cultivées en serre).

Même si la société souhaite également adapter son système pour tout ce qui a trait au recyclage de l'air en espace confiné (sous-marins, navettes spatiales et stations orbitales…), l'objectif clairement affiché consiste à séduire les industriels producteur de GES en leur offrant la possibilité d'économiser sur les taxes issues du dépassement des quotas d'émissions voire de générer des crédits de CO2 pour les revendre sur les bourses d'échange !

Réactions4 réactions à cet article

 
le coût...

En discutant avec la personne qui animait le stand à Pollutec, le coût d'élimination de la tonne de CO2 devrait quand même ressortir non loin de 100$, ce qui n'en fait quand même pas une solution "miracle" (l'UE a déjà identifié un bon nombre de mesures à moins de 20 euros la tonne, qui permettraient de remplir au moins une première partie des engagements de Kyoto)... Mais c'est bien d'avoir le plus de moyens possibles à notre disposition

Patrick Hubert, FinÆnviro | 11 décembre 2004 à 20h22
 
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Re:le coût...

Il ne faut pas réver. Il n'existe aucune solution pour nous débarasser du CO2 dont le coût initial n'est pas élevé.
Seulement voila, pour ce qui est du coût de l'énergie fossile nous ne payons que son prix d'extraction, de raffinage et de transport des taxes plus ou moins élevées selon les pays et qui servent à financer toute autre chose que les sources d'énergie renouvelable. Les technologies sont matures.
A aucun moment nous n'intégrons dans le prix des combustibles fossiles le coût du futur réchauffement climatique. Ce faisant, nous retardons le développement des solutions propres et nous faisons peser un risque énorme sur les générations futures, qui seront très heureuses d'apprendre que l'on a trouvé trop cher de leur laisser une planète vivable.
http://info.effetserre.free.fr.

Bruno | 13 décembre 2004 à 22h37
 
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coût & générations futures

Cher Bruno,

nous sommes d'accord :
1° les externalités (effet de serre, particules & ozone en ville, phosphates dans l'eau etc.) doivent être internalisées pour rétablir la "vérité des coûts";
2° le plus tôt ce sera fait, le mieux, pour ne pas faire nettoyer par les générations suivantes nos rejets en tous genres.
Cela étant, ce n'est pas non plus la peine de commencer à payer 100$ quand on peut obtenir, tout de suite, le même résultat pour 20€ : payer, d'accord, mais pas plus que nécessaire! Autrement dit : le prix, tout le prix, mais rien que le prix...

Patrick Hubert, FinÆnviro | 14 décembre 2004 à 19h34
 
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Sans sujet

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Anonyme | 18 mai 2006 à 13h13
 
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