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Constat en demi-teinte pour le 3e Forum mondial de l'Eau

Les 96 ministres présents à Kyoto ont rappelé la détermination de la communauté internationale à réduire le nombre de personnes sans eau potable d'ici 2015, mais personne n'a pu expliqué comment y parvenir.

Gouvernance  |    |  Actu-Environnement.com
La déclaration finale de Kyoto a déçu nombre de participants au Forum mondial de l’eau. Beaucoup de paroles et peu de projets concrets critiquent les ONG.
L’ombre de la guerre en Irak a naturellement plané sur la semaine de ce 3e Forum mondial de l’eau, qui s’est terminé par deux jours de sommet ministériel.

La déclaration finale a été adoptée dimanche, par les ministres de 96 pays. Elle affirme que tout doit être fait pour préserver et contrôler l’approvisionnement en eau de la planète. Mais elle annonce très peu de projets concrets pour y parvenir. Cette déclaration en 29 points ne contient effectivement aucune proposition nouvelle. Elle encourage plutôt les pays à tenir les promesses faites lors du Sommet de la Terre de Johannesburg, l’été dernier.

Le Forum de Kyoto et ses événements parallèles ont réuni près de 24 000 participants, venus de 182 pays. Des chiffres bien supérieurs aux attentes des organisateurs.
Ce sommet a été l'occasion de rappeler que 1,4 milliard de personnes étaient privées de tout accès à l'eau douce et que 2,3 milliards vivaient sans toilettes ni tout à l'égout. En revanche Les ministres ont refusé d’inscrire l’accès à l’eau au catalogue des Droits de l’homme comme l'espéraient une partie des 12.000 délégués de 165 pays rassemblés pour le Forum pendant la semaine. Les organisations non-gouvernementales critiquent la déclaration, dans laquelle on a refusé d’élever le droit à l’eau potable au rang de Droit de l’homme.
Autre déception, la proposition de Jacques Chirac de créer un observatoire mondial de l'eau, chargé de surveiller les progrès réalisés vers les objectifs du millénaire (division par deux du nombre de gens sans eau, ni sanitaires d'ici 2015) n'a pas été retenue.
Globalement, les pays les plus pauvres ont déploré l'absence de référence à la responsabilité des pays riches dans le réchauffement climatique. La plupart ont estimé que les termes utilisés dans la déclaration n'étaient pas assez forts et que des engagements plus marqués étaient nécessaires.
La déclaration aurait dû ‘‘insister sur le lien entre politique de l'eau et politique de l'air’‘, garantie par le protocole de Kyoto sur les émissions de gaz polluants, a aussi déclaré à l'AFP Michel Forêt, ministre belge de l'Aménagement du territoire.
En revanche, les diverses délégations se sont réjouies que la déclaration appelle à mobiliser toutes les ressources publiques ou privées, nationales ou internationales et à décentraliser vers les villages et municipalités les pouvoirs sur les infrastructures de l'eau. Mais beaucoup ont regretté le manque d'engagements financiers fermes. ‘‘On est six mois après Johannesburg, mais on n'a pas l'impression d'avoir avancé’‘, a déploré Attaher Ag Mohamed, conseiller technique chargé de l'eau au Mali.
Même un responsable de la Banque mondiale s'est montré désabusé en déclarant, sous couvert de l'anonymat, qu'il se demandait pourquoi il venait encore à ce genre de réunions. ‘‘On continue de tourner autour du pot, sans prendre de décisions’‘, a-t-il dit à un journaliste de l'AFP, alors que les objectifs du millénaire imposent de réaliser 400.000 raccordements à l'eau potable sur les douze prochaines années et que 2 millions d'enfants meurent chaque année, faute de pouvoir se laver ou boire de l'eau propre.

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