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Actu-Environnement

Bilan de la réunion du Programme des Nations Unies pour l'Environnement

Le raz-de-marée, le développement et le réchauffement climatique ont été les principaux thèmes abordé lors de la 23e réunion du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) du 21 au 25 février à Nairobi.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Moins d'une semaine après l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, plus de 1000 représentants ministériels de l'Environnement et de l'Economie venus de près de 140 pays se sont retrouvés au Kenya lors de la 23ème réunion annuelle du conseil d'administration du PNUE, organisée parallèlement à un forum ministériel sur l'environnement. Wangari Maathai le prix Nobel de la paix 2004 et vice ministre kenyan de l'environnement était également présente.

Le premier jour, des responsables onusiens et gouvernementaux ont appelé à protéger la planète. L'environnement n'est pas un luxe, a déclaré le chef du PNUE, Klaus Toepfer, à l'ouverture de cette réunion au siège de l'agence de l'Onu pour l'environnement. La nature est une police d'assurance importante sur le plan économique que nous ignorons à notre péril, a-t-il ajouté.

Cette réunion a notamment débouché sur un rapport* concernant les meilleures pratiques en matière d'environnement pour faire face à des catastrophes comme les tsunamis qui a fait près de 290.000 morts le 26 décembre dernier.
Le raz-de-marée du 26 décembre est un événement choquant, aux dimensions bibliques, a estimé M. Toepfer et a appelé le monde à adopter les politiques nécessaires pour atténuer les impacts de telles catastrophes.
Ce rapport insiste sur la nécessité d'avoir un environnement naturel stable, des barrières de corail, des mangroves, des fonds de mer en bonne santé et des côtes avec de la végétation. Il faut dresser une carte topographique des sites côtiers les plus vulnérables afin d'identifier les lieux où la construction d'habitations, d'hôtels, de fabriques et d'autres infrastructures devrait être interdite ou limitée, ajoute le PNUE.
Le rapport souligne l'importance de gérer la reconstruction d'une manière soucieuse de l'environnement. Les immeubles et autres infrastructures doivent être bâtis dans des zones moins vulnérables et suivant des normes qui protégeront les constructions tout autant que les habitants dans le cas de futurs tsunamis. Ceci est nécessaire non seulement pour prévenir contre les tsunamis, mais également contre des tempêtes subites, des inondations, des ouragans et d'autres phénomènes climatiques extrêmes, a déclaré le Directeur exécutif du PNUE.
Le Sri Lanka, un des pays les plus dévastés par les raz-de-marée du 26 décembre dernier, a déjà décidé d'interdire toute construction jusqu'à 200 mètres de la ligne moyenne de marée haute. Des leçons peuvent également être tirées de la région du Pacifique, où les tsunamis sont bien plus courants.
L'étude suggère que l'industrie du tourisme, une source de revenu vital dans plusieurs de ces pays, devrait donner l'exemple en édifiant les hôtels et stations balnéaires sur des espaces moins susceptibles aux inondations ou aux raz-de-marée.
Le rapport réitère également le besoin d'un système d'alerte précoce, non seulement pour avertir contre les tsunamis mais également contre une variété de catastrophes naturelles liées au climat.

Les ministres de 43 pays réunis le 29 janvier dernier à Phuket pour une conférence sur un système d'alerte aux tsunamis dans l'Océan Indien étaient tombés d'accord sur la mise sur pied d'un système d'alerte multinodal, mais pas sur le pays coordinateur.
Les discussions devront se poursuivre à la prochaine conférence sur ce thème, à Paris, début mars, sous l'égide de la Commission océanographique intergouvernementale de l'Unesco.
Dans l'attente de la mise en place d'un système définitif, l'Unesco a expliqué qu'un système d'alerte provisoire allait être mis en place avec la création de six centres dans l'Est de l'Océan Indien et la modernisation de 15 autres, afin de couvrir l'ensemble de l'immense bassin.

Les participants se sont aussi penchés sur les faibles performances des pays africains et de certains pays asiatiques concernant les objectifs du Millénaire définis il y a cinq ans par la communauté internationale. L'ambition est de réduire de moitié la pauvreté dans le monde d'ici à 2015. Les meilleurs résultats ont été enregistrés en Afrique du Nord. À l'inverse, tous les indicateurs pointent dans la mauvaise direction en Afrique sub-saharienne, selon le rapport annuel du PNUE. Les Objectifs du Millénaire pour le développement feront l'objet d'une révision quinquennale en 2005.

La réunion du PNUE a également été l'occasion de faire le point sur les efforts en cours pour éradiquer la pauvreté et la famine, l'égalité entre hommes et femmes et les changements climatiques.
La protection de l'environnement n'est plus une question de choix, a déclaré le président kenyan Mwai Kibaki lors de la cérémonie d'ouverture. La survie de l'humanité dépend des décisions et des actions que nous adoptons aujourd'hui, a-t-il encore ajouté.
Il est de plus en plus évident que sans un environnement sain et stable, un développement économique et social durable ainsi que l'éradication de la pauvreté et de la famine ne seront pas possibles, a souligné M. Toepfer. Les services environnementaux de la planète, son capital naturel sont aussi importants pour vaincre la pauvreté que le capital humain et financier du monde, a-t-il estimé.

La Chine a promis, lors de cette conférence, d'oeuvrer à la protection de l'environnement, tout en soulignant que le développement économique rapide du pays rendait cette tâche très compliquée. Le pays a également indiqué qu'ils allaient promouvoir l'utilisation d'énergies propres et renouvelables. En tant que pays en voie de développement, la Chine ne se voit assigner aucun objectif contraignant par le protocole de Kyoto. La Chine arrive derrière les Etats-Unis avec une part de 13,6% des émissions totales de CO2 en 2002, selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

En marge du Conseil d'administration, Serge Lepeltier a rencontré plusieurs de ses homologues étrangers, ainsi que des représentants des ONG. Au cours de ces entretiens, il a défendu l'initiative française de création d'une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement (ONUE). Il me semble surprenant que l'environnement soit privé de représentation institutionnelle alors que la santé, avec l'Organisation mondiale de la Santé, la culture avec l'UNESCO, le commerce avec l'OMC (Organisation mondiale du commerce) et même la propriété intellectuelle, avec l'OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) en bénéficient, a déclaré le ministre de l'Ecologie. Elle serait une institution autonome financée par des contributions obligatoires des Etats. En comparaison, le PNUE est alimenté uniquement par des contributions volontaires, seuls 58 Etats sont membres de son conseil d'administration. Les finances du PNUE ont d'ailleurs été renforcées lors de cet événement, suite à la décision des gouvernements d'allouer 144 millions de dollars US supplémentaires, le montant le plus élevé jamais attribué. De fait, toutes sources de financement comprises, le budget total de l'organisation pour la période biennale de 2006-2007 atteint près de 300 millions de dollars US.

Par ailleurs, les gouvernements ont demandé au PNUE de mener une étude sur la quantité de mercure commercialisée et disponible dans le monde dans le cadre d'un programme élargi, en vue de la réduction des risques sanitaires et environnementaux liés à ce métal lourd.
Le mercure peut avoir des effets tels que des lésions cérébrales chez les enfants en bas âge, est utilisé dans des produits aussi divers que les ampoules électriques, les plombages dentaires et les thermomètres.
Des actions devront également être prises afin de renforcer la communication sur les risques du mercure envers des groupes plus vulnérables. Ceux-ci inclus les femmes enceintes dont les enfants risquent d'avoir des malformations si elles mangent trop de poissons ou de mammifères marins tel que les phoques contaminés par le mercure. Les gouvernements ont également convenu de promouvoir les meilleures techniques disponibles pour réduire les émissions de mercure produites par les usines chimiques et autres sites industriels. D'un commun accord ils ont décidé de développer des partenariats entre les gouvernements, les organisations internationales et le secteur privé visant à réduire la pollution due au mercure. Les premiers projets pilote devraient voir le jour des septembre prochain.

*Le rapport a été coordonné par le Groupe de travail du PNUE basé à Genève et présidé par Pasi Rinne. Il a été rédigé en collaboration avec les Bureaux régionaux du PNUE en Asie-Pacifique et en Afrique, des organisations des Nations Unies, des gouvernements et des organisations non gouvernementales (dont le World Conservation Union - IUCN et le World Wildlife Fund International). Le rapport couvre l'Indonésie, les Maldives, la Somalie, le Sri Lanka, la Thaïlande, les Seychelles et le Yémen.

Réactions2 réactions à cet article

 
limitation de l'utilisation du mercure

Bien qu'on puisse réagior aux différents aspects du rapport,je me limiterai à exprimer ma grande satisfaction d'apprendre que des mesures seront prises en ce qui concerne la production et l'utilisation du mercure.Ne serait-il pas temps que nos gouvernants prennent ,par exemple,conscience du risque énorme pour la santé,que constitue la présence en bouche de mercure sous forme d'amalgames.Des tests élémentaires et simples au chewing gum démontrent qu'à chaque mastication une partie infime du mercure se répand dans l'organisme et ira ,sans doute,se loger dans le cerveau ou dans d'autres organes tels que le foie ou les reins.

englebert | 03 mars 2005 à 17h38
 
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L'environnement c'est nous

pourquoi protégé l'environnement? Est ce que l'environnement et le developpement sont-ils mariables? Qui a été à la base de cette dégradation de cet environnement selon les types d'activité qui ont été effetués par les différents Etats et Régions? Est ce que c'est l'heure ou ça concerne les riches qui ont abusé de leur exploitation de notre nature et qu'on observe une certaine clémence pour les pauvres payss qui tentaient de mettre en place des industries? Comment dédommagé les pays qui n'ont pas participé à l'exploitation sauvage de notre planète? pourquoi les destructeurs les fautifs pre"nnent la parole en premier lieu et impose aux autres ce qu'ils doivent faire? le monde nous apprtient tous et ce bien commun doit être protégé et celui qui a abusé dans son exploitation dedomage les victimes à plus.
legiférons et créons un tribunal spécial chargé de sanctionné les transgresseurs de la politique de la protection de l'environnement, et d'indemniser le cas écheant les victimes.

weho urimubiki | 09 juin 2009 à 17h31
 
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