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Actu-Environnement

Nouvelle campagne de distribution d'iode autour des centrales nucléaires EDF

Initiée par l'Autorité de sûreté nucléaire et la Direction de la défense et de la sécurité civiles la campagne de distribution d'Iode vise à appliquer une démarche préventive en cas d'incident pour les personnes vivant à proximité des centrales.

Risques  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
L'Autorité de Sûreté nucléaire (ASN)* vient d'indiquer, dans un communiqué, que les habitants résidant dans une zone de 10 Km autour des 19 centrales nucléaires d'EDF vont recevoir un courrier des pouvoirs publics, au cours de l'année 2005, les invitant à se rendre en pharmacie afin d'y retirer gratuitement des comprimés d'iode stable.

S'inscrivant dans une démarche préventive et initiée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et la Direction de la défense et de la sécurité civiles (DDSC) du Ministère de l'intérieur, cette campagne, fait suite aux distributions de comprimés d'iode effectuées en 2000 et 2002, et vise à protéger les personnes vivant à proximité des centrales.

En effet, en cas d'accident nucléaire, un rejet d'iode radioactif dans l'atmosphère serait en effet susceptible de se produire. L'iode radioactif, inhalé ou ingéré, ferait courir un risque accru de cancer de la thyroïde. En la saturant avant le rejet, l'iode stable évite la fixation de l'iode radioactif sur cet organe et limite ainsi notablement l'impact sanitaire d'un tel rejet, précise l'ASN.

L'iode, indispensable au fonctionnement de la thyroïde, est un oligo-élément naturel que l'on trouve dans l'eau et les aliments (poissons, viandes, fruits, lait…).
Les comprimés d'iode stable sont des médicaments fabriqués avec de l'iode tout à fait comparable à celui qui se trouve dans la nature et dans l'alimentation.
En revanche, l'iode qui pourrait être rejeté en cas d'accident nucléaire provient d'une réaction physique qui a lieu à l'intérieur du réacteur. Il s'agit d'iode radioactif.

Ce sont les personnes résidant dans la zone des 10 km autour des centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine, Belleville-sur-Loire, Golfech et Fessenheim, qui seront concernés par cette campagne, à partir du 4 mars.

Chaque foyer recevra un courrier d'information personnalisé co-signé par le Directeur général de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, le Directeur de la défense et de la sécurité civile, et le président du Conseil national de l'ordre des pharmaciens. Ce courrier sera accompagné d'un bon de retrait des comprimés et de dépliants d'information sur les comprimés d'iode stable et sur le contrôle de la sûreté nucléaire de la centrale.

Au préalable, une circulaire précisant les modalités de cette nouvelle campagne de distribution a été adressée aux préfets.

En cas d'accident nucléaire, EDF doit appliquer les dispositions de son Plan d'urgence interne (PUI). Le Préfet décide, dans le cadre du Plan particulier d'intervention (PPI), les mesures à mettre en place pour assurer la protection de la population et des biens menacés par l'accident et peut être amené à demander à la population de se mettre à l'abri, sur son lieu de travail ou sur son lieu de résidence, puis, si nécessaire, d'absorber un comprimé d'iode. Ces mesures permettent de contribuer à la protection de la santé, tout en évitant d'avoir recours à une évacuation.

Pour faciliter la perception du public, les incidents et accidents dans le domaine de la sûreté nucléaire sont classés, depuis 1987, sur une échelle graduée de 1 (anomalie) à 7 (accident majeur). Tous les incidents classés au niveau 1 et au dessus font systématiquement l'objet d'une information publiée sur le site Internet de l'ASN.

En 2004, un incident classé au niveau 1 est survenu à la centrale nucléaire de Belleville sur- Loire, 2 incidents classés au niveau 1 sont survenus à la centrale nucléaire de Nogent sur- Seine. 3 incidents classés au niveau 1 sont survenus à la centrale nucléaire de Golfech et 3 incidents classés au niveau 1 sont survenus à la centrale nucléaire de Fessenheim.

Dernièrement, le Commissariat à l'Energie atomique de Cadarache avait annoncé vendredi avoir reclassé au niveau 1 un incident d'exploitation survenu le 21 janvier au sein du réacteur de recherche Phébus, initialement classé au niveau 0.
Selon un communiqué du CEA, l'incident s'est produit lors du retrait d'un dispositif expérimental contenant les produits de fission générés au cours d'un programme international consacré aux études de sûreté. Une procédure de fermeture des vannes n'ayant pas été respectée, un rejet s'est produit, composé de gaz rares (hélium, néon, krypton, xénon) et d'iode radioactif représentant 10 millionièmes de l'autorisation annuelle de rejet gazeux du centre.

Par ailleurs, des exercices de crise sont organisés tous les 3 ans dans chacune des 19 centrales nucléaires françaises par EDF et les pouvoirs publics.

Hier, un exercice grandeur nature autour de la simulation d'un accident nucléaire à la centrale de Golfech impliquant la population locale a mobilisé personnels, équipes de secours extérieures et forces de l'ordre.
Le scénario, imaginé et inconnu des participants, a démarré peu avant 07H00 par le déclenchement d'un plan d'urgence interne (PUI) dans la centrale, à la suite d'une fuite de vapeur causant dans un premier temps une quinzaine de blessés dont 3 graves.
Il s'agit de s'assurer du bon fonctionnement des mesures mises en place dans le cadre du plan particulier d'intervention (PPI) : mise en place de barrages routiers filtrants, la mise à l'abri ou évacuation des habitants, élèves, salariés des entreprises dans la zone dangereuse déterminée par les vents dominants.

*L'ASN, au nom de l'Etat, réglemente et contrôle la sûreté nucléaire et la radioprotection en France pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l'environnement des risques liés à l'utilisation du nucléaire. Elle contribue à l'information des citoyens. Elle contrôle l'ensemble des activités nucléaires civiles en France, notamment les centrales nucléaires d'EDF, les installations du CEA, le transport des matières radioactives et les activités nucléaires du domaine médical ou de recherche. L'ASN s'appuie régulièrement sur les expertises de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Elle publie chaque année son rapport sur: l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France. Dans une démarche de transparence et rend publiques ses décisions et ses actions sur son site Internet

Réactions12 réactions à cet article

 
Pastilles d'iode et nucléaire

Je trouve étonnant qu'un site à vocation d'information environnementale tel que le vôtre publie un long article sur le sujet du nucléaire, pourtant très discutable au niveau environnemental. D'autant que l'information en elle même fait sourire : une campagne de distribution de pastilles d'iode autour des centrales nucléaires !
Certes, l'iode protegera la thyroïde des habitants en cas d'accident (seulement dans un rayon de 10km...), mais quel comprimé miracle les protègera des éventuels rayonnements, ou des fuites de radionucléides autrement plus dangereux que l'iode (uranium, plutonium...) ? Et quel autre comprimé apportera une solution à l'épineux problème des déchets radioactifs ?
On connait la vraie raison de cette distribution : rassurer les riverains des centrales par une opération de communication peu coûteuse, qui dispense EDF d'informer la population sur les vrais dangers du nucléaire !

Godinol | 10 mars 2005 à 17h02
 
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Re:Pastilles d'iode et nucléaire

Cher Monsieur,

Je vous rappelle que la vocation d'un site d'information environnementale à vocation à informer pour tout ce qui concerne la problématique environnementale.

Il me semble que le nucléaire en fasse parti intégrante... tant en ce qui concerne la question énergétique que celle de la gestion des risques. Le sujet du nucléaire ne doit pas être à notre sens tabou et nous estimons que cet article à parfaitement sa place sur le site.

Je ne pense pas non plus que notre article colporte une certaine forme de propagande. Il a vocation a expliquer pourquoi de l'iode est distribué.
De fait, il est tellement évident que ces comprimés s'avererait totalement inutile en cas d'incident majeur que nous ne l'avons même pas précisé !

Bien cordialement

David Ascher

David Ascher | 10 mars 2005 à 17h29
 
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Re:Pastilles d'iode et nucléaire

Le sujet du nucléaire a en effet toute sa place et sa légitimité sur un site d'information environnementale.

Cependant, l'article en question aborde principalement le sujet des pastilles d'iode, très futile vous en conviendrez en comparaison des thèmes environnementaux qui auraient pu être développés sur ce sujet important.
Le fond de ma remarque est de souligner que vous communiquez partiellement sur le sujet, en illustrant largement le côté très "contrôlé" de la filière, mais en passant malheureusement sous silence les questions qui font vraiment débat à son sujet : rentabilité, gestion des déchets, effet de serre et alternatives, privatisation probable d'EDF...

Je ne vous reproche pas de traiter le sujet des mesures de sécurité, mais c'est un peu "l'arbre qui cache la forêt". J'aurais aimé voir un petit paragraphe en fin d'article pour amener le lecteur à une réflexion, plutôt qu'un texte qui semble tout droit tiré du site de l'ASN et qui apporte somme toute assez peu d'informations intéressantes...

Cordialement,

godinol | 11 mars 2005 à 11h19
 
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Re:Pastilles d'iode et nucléaire

Bonjour,

Je comprend votre point de vue et votre souhait de voir un point plus complet sur le nucléaire.

Toutefois, je pense qu'un vaste sujet comme celui-ci ne peut-être abordé dans une actualité. Un dossier ne suffirait même pas tant le sujet du nucléaire est complexe et soumis au débat.

Je vous confirme que notre souhait est d'informer "par petit bout" et en fonction de l'actualité des sujets sur le nucléaire. D'autres actus parues il y a peu traitaient du sujet délicat des discussions relatives aux orientation pour la gestion des déchets radioactifs notamment...

Quant à cette actu, j'estime quant à moi qu'elle a le mérite de montrer que même dans notre pays, il convient d'être conscient de l'existence d'un risque d'incident... existence que le grand public estime souvent cantoné aux pays de l'est. De plus, elle nous semblait plutôt mettre la lumière sur le fait que les armes dont nous disposons (des pillules d'iodes) face aux incidents sont plutôt ridicules... mais cela était en effet peut-être trop sous-entendu.

Bien cordialement

David Ascher

David Ascher | 11 mars 2005 à 11h33
 
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Re:Pastilles d'iode et nucléaire

En lisant cet article j'ai eu malheureusement l'impression de lire un article de propagande. Je viens tout juste de terminer un livre d'un journaliste sur l'accident de Tchernobyl, il éclaire sur la façon de protèger les gens lors de catastrophes nucléaires. Effectivement le "recours à une évacuation" coûte très cher et dans le cas de la Bielorussie on a préféré maintenir dans des zones fortement contaminées des population très importantes... Le rayon de 10 kms autour des centrales me semble tellement dérisoire. La concentration des centrales ainsi que la densité de la population en France rendent le problème d'autant plus inquiétant...
Ma question est la suivante: vous considérez-vous comme indépendants? Etes-vous liés d'une quelconque façon à l'industrie nucléaire? Avez-vous l'impression de fournir une information complète?

carol | 09 mai 2006 à 14h20
 
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Re:Pastilles d'iode et nucléaire

Bonjour,

En lisant votre réaction, j'ai malheureusement le sentiment de lire (une fois de plus) le texte d'un personne voyant dans notre article, le mal qu'elle tient absolument à y trouver. Le fait d'informer sur le fait qu'EDF distribue des pastilles d'Iode ne fait pas de notre journal un vecteur de propagande pour le Nucléaire : il s'agit d'une info, point final. D'ailleurs, nous sommes totalement indépendant.

Je vous invite d'ailleurs à lire nos nombreux articles sur le Nucléaire, notamment sur Tchernobyl et le projet de loi sur les déchets nucléaires. Ceux-ci rééquilibrera peut-être votre jugement.

Mais vos propos me semblent surtout révélateur du tabou du nucléaire auprès d'un très grand nombre d'écologistes et d'environnementalistes. Parler du nucléaire revient apparement à briser une loi du silence, celle là même que les professionels du nucléaire adoptent tous les jours dans leur non-communication... Comme quoi, les extrèmes semblent souvent se rejoindre...

Bien à vous

David Ascher

David Ascher | 09 mai 2006 à 14h32
 
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cancer du foie

mon beau-frere et ma souer sont brutalement informés
de nodules et de tumeurs.Il resident à 11 km de la centale de Nogent/seine.Faut-il demander un signal de la part des medecins ,ou cela est automatique.Ils ont 70 ans.Merci de repondre

Anonyme | 08 février 2007 à 13h12
 
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Re:Re:Pastilles d'iode et nucléaire

A lire cet article, on a effectivement l’impression que le nucléaire est un sujet bien maîtrisé par les différentes autorités françaises.

Et comme le dis godinol «J'aurais aimé voir un petit paragraphe en fin d'article pour amener le lecteur à une réflexion, plutôt qu'un texte qui semble tout droit tiré du site de l'ASN »

Vous dites : « L'ASN s'appuie régulièrement sur les expertises de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire »

« Dans une démarche de transparence »

Seulement dans ce même dernier paragraphe.

Mais dans l’article, on trouve :

« «Il s'agit de s'assurer du bon fonctionnement des mesures mises en place dans le cadre du plan particulier d'intervention

Bon fonctionnement ?

« Ces mesures permettent de contribuer à la protection de la santé, tout en évitant d'avoir recours à une évacuation. »

Elles permettent de « contribuer à la protection de la santé » ?? oh oui, certainement…

Que vous l’admettiez ou non, cet article est orienté, il donne une image sure du nucléaire en France. D’ailleurs, cet article aurait très bien pu se trouver sur le site d’EDF sans y toucher une ligne !!

Où est l’analyse de journaliste ? Que pensez vous des 10km de rayon, seul de l’iode est rejeté en cas d’incident nucléaire, les exercices de crises se passent toujours bien ? Un journaliste tente sinon de répondre, au moins d’ouvrir des pistes de réflexions sur ces questions…

Vous répondez : « «De plus, elle nous semblait plutôt mettre la lumière sur le fait que les armes dont nous disposons (des pillules d'iodes) face aux incidents sont plutôt ridicules... mais cela était en effet peut-être trop sous-entendu.

Je vous confirme que c’est peu sous-entendu, mais je suis peut être peu subtile…

Vous dites : «De fait, il est tellement évident que ces comprimés s'avererait totalement inutile en cas d'incident majeur que nous ne l'avons même pas précisé ! »

C’est peu être évident, mais ça ne coûte rien de le préciser, notamment quand on remarque certaines « évidences » qui ont tout de même trouvées leurs places dans votre article.

Bien cordialement,

jojo | 20 février 2007 à 17h33
 
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pas de pastille d'iode pour les plus de 40 ans

je viens de recevoir HAMBYE info de Férier 2007

dans la rubrique informations générales
il est écrit
les comprimés d'iodes sont stockés à la mairie et seront distribués a la population de moins de 40 ans en cas d'alerte nucléaire.

je suis dans le département 50 ils envisage d'agrandir le réacteur de Flamanville et d'en créer un nouveau
merci de me faire savoir si a plus de 40 ans on ne risque rien

scorpion5o | 22 février 2007 à 07h58
 
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Re:Re:Re:Pastilles d'iode et nucléaire

l'article ne donne pas forcément une image "sûre" du nucléaire, sinon il n'y aurait pas besoin de distribuer de comprimés d'iode et d'avoir des stocks en mairie en cas d'explosion (ou d'attaque !)

Raph | 13 août 2009 à 11h24
 
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les risques

il est certain que les personnes dans un rayon de 10km seront irradiées et l'iode ne servira a rien et les gens qui sont a 20km devrais prendre l'iode aussi .

nanou | 21 avril 2010 à 16h27
 
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On peut lire dans votre article : En effet, en cas d'accident nucléaire, un rejet d'iode radioactif dans l'atmosphère serait en effet susceptible de se produire. L'iode radioactif, inhalé ou ingéré, ferait courir un risque accru de cancer de la thyroïde. En la saturant avant le rejet, l'iode stable évite la fixation de l'iode radioactif sur cet organe et limite ainsi notablement l'impact sanitaire d'un tel rejet, précise l'ASN.

Ce texte est écrit dans un charabia incompréhensible à la plupart des lecteurs. L'ASN devrait changer de rédacteurs, et en attendant vous devriez réécrire ce texte dans un français intelligible.

Cléomède | 14 mars 2011 à 11h49
 
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