En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

La problématique environnementale investie le salon de l'agriculture

La 41e édition du salon international de l'agriculture (SIA) s'est tenu à Paris Expo, Porte de Versailles, du samedi 26 février au dimanche 6 mars. Une édition marquée par des débats portants sur l'impact environnemental du secteur de l'agriculture.

Agroécologie  |    |  Actu-Environnement.com
L'édition 2005 a accueilli 628.432 visiteurs, soit une baisse de 11% par rapport à l'an dernier explicable notamment par les mauvaises conditions météorologiques régnant sur le pays. Le nombre de visiteurs professionnels s'est en revanche avéré en hausse de 20%. Le salon traditionnellement connu pour ces airs de foire agricole a été marqué par des débats relatifs à l'impact environnemental du secteur de l'agriculture.

La fédération nationale d'agriculture biologique des régions de France a manifesté mardi sur le stand du ministère de l'Agriculture pour réclamer un soutien et une reconnaissance du mode de production de l' agriculture biologique et a mis en cause un manque de volonté politique. Elle demande une redéfinition du mode de répartition des aides européennes de la Politique agricole commune (PAC) qui avantage, selon elle, les systèmes les plus intensifs et les plus polluants.
En 2004, les superficies cultivées en mode de production biologique ont régressé de 3% à 540.000 ha, selon les chiffres de l'Observatoire économique de l'agriculture biologique présentée par l'Agence Bio au salon.
Après une progression ininterrompue depuis 1995, le nombre d'exploitations certifiées bio s'est stabilisé l'an dernier à 11.025.
En tête dans les années 70, la France est désormais à la traîne des autres Etats membres de l'UE en matière de production biologique. Aujourd'hui, la moitié des produits bio consommés en France sont importés.
Les surfaces en conversion* sont passées de 145.000 ha en 2003 à seulement 61.000 ha l'an dernier.
La députée européenne Marie-Hélène Aubert (Verts) a estimé que la Commission européenne devait être plus ferme à l'égard des Etats membres.
La France n'a pas la place qu'elle mérite. Elle doit consacrer un budget significatif au développement de l'agriculture biologique , a-t-elle indiqué.

Pour la première fois, la recherche française sur les Organismes génétiquement modifiés** s'est exposé au Salon pour tenter de dédiaboliser ses travaux auprès du grand public. En 2003 et 2004, près de la moitié des essais OGM réalisés dans les champs français ont été détruits. En visitant le stand de Biogemma *** samedi lors de l'inauguration, le Président de la République Jacques Chirac a dénoncé la diabolisation' des OGM et a félicité les chercheurs d'être allés à la rencontre du grand public pour expliquer leurs travaux .

En ce qui concerne les biocarburants, l'objectif étant d'atteindre 9% de biocarburant issus en France du colza, de la betterave à sucre, du blé et du maïs - dans le volume total d'essence ou de gazole en 2010, ils ont été à l'honneur lors du Salon avec notamment la présentation de deux voitures de course roulant avec de l'éthanol et du diester. Pour permettre un développement des biocarburants, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a annoncé le 2 février dernier que le gouvernement allait agréer la production supplémentaire de 800.000 tonnes de biocarburants d'ici 2007.

La montée progressive des problèmes environnementaux et sanitaires, la multiplication des crises alimentaires obligent le monde agricole à revoir ses modèles de développement, souligne l'ADEME qui a participé au salon avec un stand de 100 m2 dans l'espace « Information, Formation Services », à côté du ministère de l'Ecologie et du Développement Durable et des Agences de l'Eau en mettant à la disposition du public des outils pour répondre à leurs interrogations. .
La question du développement durable s'inscrit de plus en plus au sein de ces problématiques en entraînant une réflexion autour d'une indispensable redéfinition du métier d'agriculteur. Enfin, les valorisations non alimentaires des ressources végétales donnent de nouvelles perspectives, ajoute t'elle.


*Les surfaces en conversion sont celles que l'agriculteur a choisi de cultiver selon le mode biologique mais dont les produits ne sont pas encore vendus en tant que produits biologiques. La période de conversion dure généralement deux à trois ans.

**Un OGM est un organisme (animal, végétal, bactérie) dont le code génétique (ensemble de gènes) a été volontairement modifié, lui conférant une caractéristique nouvelle.

***Créé en 1997, Biogemma est détenu par les groupes coopératifs semenciers Limagrain (55% du capital) et Euralis (20%) et les organismes financiers des filières oléoprotéagineuse et céréalière -- Sofiprotéol (10%) et Unigrains (1O%) -- ainsi que par la société semencière RAGT (5%). Son budget annuel est de 16 millions d'euros et elle dispose de 120 chercheurs répartis dans quatre laboratoires (Clermont-Ferrand, Toulouse, Evry dans l'Essonne et Cambridge en Grande-Bretagne).

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager