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Excès de mercure en Guyane française

Des concentrations de mercure supérieures à la norme européenne ont été relevées chez les habitants des fleuves Maroni et Oyapock, en Guyane française.

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Des concentrations de mercure supérieures à la norme européenne ont été relevées chez les habitants des fleuves Maroni et Oyapock, en Guyane française.

Les activités d'orpaillage exercées en Guyane depuis la fin du XIXème siècle sont responsables de rejets importants de mercure dans l'environnement estimés à plusieurs centaines de tonnes et en particulier au niveau du fleuve Maroni. Ceci est la conséquence de l'utilisation de la méthode d'amalgamation au mercure où l'or est séparé du mercure élémentaire (Hg) par chauffage en circuit ouvert.
Le mercure* déposé sur le fond sédimentaire s'accumule dans la chaîne alimentaire et constitue ainsi la source majeure d'exposition chronique des populations.

Selon deux enquêtes conduites par la cellule d'épidémiologie Antilles-Guyane en 2002 parmi les populations du Maroni et en 2004 parmi les populations de l'Oyapock, les concentrations moyennes de mercure sont de 3,6 µg/g (micro-grammes de mercure par gramme de cheveux) pour le Maroni, et 7,1 µg/g pour le haut Oyapock. En 2004, l'Union Européenne a réduit la valeur maximale de mercure tolérable dans l'alimentation de 10 µg/g à 4,4 µg/g.

Ainsi, une étude sur un éventuel excès de malformations congénitales chez les Amérindiens du Haut Maroni doit démarrer le 9 mai prochain, précise la cellule d'épidémiologie Antilles-Guyane.

Déjà, une première enquête, menée en 1994 par le RNSP (réseau national de santé publique-INVS) avait montré que plus de la moitié de la population dépassait la valeur recommandée de 10 µg/g de mercure total dans les cheveux, avec une moyenne égale à 11,4 µg/g. cette étude avait permis de mettre en évidence une exposition au mercure excessive de la population wayana de Guyane française liée à la consommation de poissons contaminés. En 1997, une autre enquête alimentaire de l'INVS, sur l'exposition au mercure des indiens Wayanas, avait confirmé ces moyennes (11,5µg/g), puis en 1998 une étude de l'Inserm sur les risques neurotoxiques chez l'enfant, avait mis en évidence des troubles neurologiques et des problèmes sanitaires.

En décembre dernier, la communauté scientifique (AFSSE) avait préconisé d'entreprendre sans délai les mesures propres à assurer une réduction de l'exposition au mercure de ces populations.

Un documentaire la loi de la jungle : Chronique d'une zone de non droit : la Guyane française de Philippe LAFAIX prochainement diffusé sur Canal +, fait état de cas de malformations chez les amérindiens.


*Le mercure déposé sur le fond sédimentaire des rivières est transformé en mercure organique (méthylmercure) par l'action bactérienne, l'état actuel des connaissances sur les processus mis en jeu, sur les rendements et sur la localisation des réactions de méthylation biologique étant très limité et faisant l'objet de nombreuses controverses (Stein E.D 1996, Morel F.M.M. 1998). Le méthylmercure est ensuite absorbé par les organismes situés à la base des réseaux trophiques (espèces végétales/producteurs primaires), ce qui constitue le premier maillon du processus de bioamplification dans la chaîne alimentaire aquatique. Les poissons herbivores consomment les producteurs primaires avant d'être eux-mêmes la proie des poissons carnivores. Cette bioamplification du mercure dans la chaîne alimentaire est considérable, résultant essentiellement des transferts cumulatifs de la forme méthylée du métal. Ainsi, les concentrations les plus élevées sont détectées chez les poissons prédateurs, qui peuvent être de plusieurs millions de fois supérieures à celles mesurées dans l'eau (quelques ng/L dans l'eau et plusieurs mg/kg dans les organismes prédateurs). De plus, la forme chimique prédominante au sein des biotopes aquatiques (colonne d'eau et sédiments) est le Hg inorganique, alors que les données provenant des nombreuses études réalisées sur les hydrosystèmes européens ou nord-américains montrent que le méthylmercure (MeHg) est la forme majoritaire du métal bioaccumulée dans le tissu musculaire des poissons (Boudou A. 1998). (source INVS)

Réactions2 réactions à cet article

 
la guyane : fin d'un sanctuaire

Selon le principe du pollueur payeur, comment faire payer les orpailleurs?

collembole | 08 avril 2005 à 11h20
 
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surprise

de quand sont ces dernièers informations, et vos derniers relevés car je pensais pas que les resultats etaient aussi alarmants

merci de me tenir au courant je fais es etudes en dut a ce sujet , donc des rechercehs et pense aller sur place dans les mois a venir

marierose | 07 mars 2008 à 13h31
 
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