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Ségolène Royal dévoile la feuille de route de l'Agence française pour la biodiversité

La ministre de l'Environnement a dévoilé le plan de travail de la nouvelle agence lors de son premier conseil d'administration. Un programme que ce conseil n'a toutefois pas encore formellement validé.

Biodiversité  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

Le plan de travail de la nouvelle Agence française pour la biodiversité (AFB) est désormais connu. Il a été dévoilé en grande pompe par Ségolène Royal et Barbara Pompili à l'occasion du premier conseil d'administration de l'agence qui s'est tenu à Paris jeudi 19 janvier, en présence d'Hubert Reeves, son président d'honneur.

Toutefois, la définition de ce programme semble surtout résulter de la réflexion de la seule ministre de l'Environnement, qui donne le sentiment de "vouloir aller vite", pointe un observateur. Cette feuille de route n'a pas été formellement adoptée par le conseil d'administration de l'agence qui, faute de temps, devrait l'examiner lors de sa prochaine réunion prévue mi-février.

Inventaire à la Prévert

Ce plan tourne autour de cinq priorités que sont la généralisation des sciences participatives, la biodiversité marine, l'action en faveur des pollinisateurs, la lutte contre la pollution de l'eau dans les zones de captage et l'application de l'Accord de Paris sur le climat. Pour chacune de ces priorités, la ministre de l'Environnement fait un inventaire à la Prévert des mesures à prendre. Illustrant ainsi la position d'Hubert Reeves, selon qui la biodiversité pose "un million de petits problèmes".

En ce qui concerne la mobilisation citoyenne, Ségolène Royal annonce pêle-mêle la création du portail "65 millions d'observateurs", la généralisation de l'offre de service de Vigie nature école, un appel à projets pour quadrupler le nombre d'aires marines éducatives en 2017, un appui à la réalisation de 500 nouveaux atlas de la biodiversité dans 10% des communes des territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV).

La reconquête de la biodiversité marine, quant à elle, passe par la restauration d'un site Natura 2000 au large de Saint-Raphaël avec l'enlèvement d'un récif artificiel en pneus, le développement des mouillages écologiques dans les parcs marins, la généralisation des dispositifs anti-collisions entre navires et cétacés, ainsi qu'un recensement des mammifères marins et autre mégafaune pélagique aux Antilles (programme Remoa).

Concernant la lutte contre les pollutions de l'eau dans les zones de captage, Ségolène Royal annonce la mise en place d'un centre de référence en vue de généraliser les bonnes pratiques.

Le soutien au plan "France Terre de pollinisateurs" passe, quant à lui, par la publication du guide communal Zéro pesticide et la campagne "Terre saine" du ministère de l'Environnement, mais aussi par une expertise sur les alternatives aux pesticides en vue d'accélérer leur mise sur le marché.

Appliquer l'Accord de Paris sur le climat

Ségolène Royal inscrit également dans la feuille de route de l'agence l'application de l'Accord de Paris sur le climat. Un élément qui ne figurait pas en tant que tel dans les initiatives de l'agence à l'ordre du jour du conseil d'administration. "C'est une absurdité de faire cheminer les trois conventions (biodiversité, climat, désertification) issues du Sommet de la Terre de Rio de manière séparée", explique l'ancienne présidente de la COP 21, qui demande à l'AFB de faire des propositions en vue de les rapprocher.

Cette dernière se voit également confier la mise en place d'un réseau de référence sur le lien climat/biodiversité grâce aux programmes des parcs nationaux "lacs sentinelles" et "alpages sentinelles".

Enfin, annonce Mme Royal, l'agence sera associée à la conférence Méditerranée qui se tiendra le 23 février prochain à Paris, ainsi qu'à la conférence des parties à la convention pour la protection de la mer des Caraïbes qui aura lieu du 13 au 17 mars en Guyane.

"Actions fantômes"

Les quatre associations les plus actives en matière de protection de la biodiversité (FNE, H&B, LPO, WWF) saluent cette "première étape d'une longue route de travail (et de résistance à des forces contraires)" mais estiment que "beaucoup de chemin reste à parcourir pour que l'AFB soit opérationnelle et efficiente".

Toutes les parties prenantes ne semblent toutefois pas convaincues par le "volontarisme " de Ségolène Royal. "Des missions présentées comme des actions phares par la communication offensive du ministère de l'Environnement ne sont en réalité que le présage d'actions fantômes, car dotées de moyens dérisoires", dénonce de manière cinglante la CGT Environnement à l'issue du conseil d'administration de l'agence.

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