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Les investissements sur les technologies propres pâtissent des incertitudes politiques

Dans leur ouvrage récemment publié, deux experts de l'AIE démontrent que les incertitudes sur les futures politiques climatiques risquent de ralentir les investissements dans des technologies propres et la transition vers une économie sans carbone.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Dans sa dernière analyse mondiale et annuelle des marchés de l'énergie (Word Energy Outlook 2006), l'Agence Internationale de l'Energie estimait que la demande future en énergie entre les années 2005 et 2030 allait nécessiter la réalisation de 3.100 milliards d'euros d'investissement dans le secteur, dans un contexte où des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre seraient proposées. Mais dans un récent ouvrage intitulé « Climate Policy Uncertainty and Investment Risk », deux experts de l'AIE, les docteurs Richard Bradley et Ming Yang, démontrent que le manque de visibilité à long terme des politiques qui doivent se mettre en place au niveau international, peut retarder ces investissements et la transition vers une économie pauvre en carbone.
Alors que le GIEC indique clairement qu'il sera nécessaire de mettre en place des politiques contre le changement climatique pour réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre, les auteurs du livre estiment que la planification des décisions politiques concrètes qui mettront en application ces réductions demeure encore peu claire. Si les industriels ne savent pas à quoi s'attendre en termes d'objectifs de réduction d'émissions ou d'efficacité énergétique, ils hésitent à opter sereinement pour tel ou tel technologie et repoussent leurs projets. Par conséquent, l'incertitude des politiques climatiques ralentit l'introduction de nouvelles technologies parce qu'elle ajoute un risque supplémentaire.

Cependant, les auteurs expliquent que cette incertitude peut être réduite avec des politiques prévisibles. En d'autres termes, les risques liés aux politiques climatiques peuvent être ramenés à un niveau acceptable si la politique est définie et déployée selon un calendrier suffisamment long : entre 5 et 15 ans, selon les auteurs. Cette visibilité diminuera la prise de risque pour investir dans des technologies propres. La technologie la plus représentative est sans doute la capture et le stockage du CO2. L'analyse des deux auteurs conclut que le prix de la tonne de carbone devrait être de 44 dollars pour encourager le développement de cette technologie avec une politique énergétique prévue sur 10 ans. Mais ce prix devrait atteindre 52 dollars la tonne dans le contexte d'une politique définie sur 5 ans seulement.
Par ailleurs, les auteurs rappellent que les sociétés sont prêtes à investir dans des technologies propres, même dans un environnement incertain, si elles peuvent établir un avantage compétitif sur les autres acteurs du marché. Par conséquent, la politique climatique doit être crédible et appliquée à tous pour assurer qu'elle ne sera pas remise en cause pour des raisons de compétitivité.

Ces recommandations sont bien sûr destinées aux politiciens afin qu'ils comprennent la façon dont leurs décisions peuvent influencer le secteur économique et qu'ils élaborent par la suite des politiques efficaces et stables sur le long terme. Elles arrivent à point nommé alors que se profile déjà la fin de l'engagement du protocole de Kyoto en 2012. Les auteurs prévoient un ralentissement des investissements si des paramètres clés comme la fiscalité ou les seuils d'émission de GES ne sont pas annoncés suffisamment à l'avance. Selon eux, si ce n'est pas le cas, cela pourrait créer des problèmes et aller jusqu'à provoquer par exemple des fermetures d'usine dues au règlement environnemental de l'oxyde d'azote (NOx) ou de l'anhydride sulfureux (SO2).

Les risques liés aux politiques climatiques et à leurs incertitudes commencent à être identifiés par les marchés financiers. Les initiatives comme le projet Carbon Disclosure en est l'illustration. Rassemblant 225 investisseurs gérants plus de 31.500 milliards de dollars d'actifs dans le monde, le projet Carbon disclosure permet aux assureurs et aux investisseurs de savoir comment les entreprises envisagent le changement climatique et ses conséquences sur leurs activités. Ainsi, outre le fait de mettre en lumière la stratégie plus ou moins ambitieuse des entreprises en matière de changement climatique et d'émissions de gaz à effet de serre, le CDP fournit à ses membres des informations essentielles et souvent difficiles à obtenir qui leur permettent d'évaluer les risques et les opportunités liés aux changements climatiques pour les entreprises dans lesquelles ils investissent.

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