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L'ASN valide un point clé des options de sûreté du projet de réacteur EPR « nouveau modèle »

Il y a deux ans, l'Autorité de sûreté nucléaire émettait des doutes sur la démarche d'exclusion de rupture proposée par EDF pour certaines tuyauteries de l'EPR nouveau modèle. Les réponses d'EDF rendent désormais acceptable cette démarche.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
L'ASN valide un point clé des options de sûreté du projet de réacteur EPR « nouveau modèle »

La démarche d'exclusion de rupture proposée par EDF pour les tuyauteries principales des circuits primaires et secondaires du projet de réacteurs EPR nouveau modèle (EPR NM, aussi appelé EPR 2) « est acceptable », estime l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), dans un courrier rendu public mercredi 15 septembre.

Pour rappel, la démarche d'exclusion de rupture consiste, dans la démonstration de sûreté, à ne pas étudier les conséquences d'une rupture d'un équipement, cet accident étant considéré comme extrêmement improbable. En contrepartie, la conception et la réalisation de l'équipement doivent atteindre les plus hauts standards de qualité, pour, justement, garantir le caractère extrêmement improbable de leur rupture. Ce sont les difficultés à atteindre ce niveau de qualité qui ont conduit l'ASN à demander à EDF de refaire une partie des soudures de l'EPR de Flamanville (Manche).

Une démonstration plus robuste

Cette position de l'ASN fait suite aux questions soulevées par l'Autorité dans son avis rendu en 2019 concernant les options de sûreté du projet EPR 2. À l'époque, l'ASN validait les objectifs généraux de sûreté, le référentiel de sûreté et les principales options de conception retenues par EDF. En revanche, elle jugeait que la démarche d'exclusion de rupture retenue pour les tuyauteries primaires et secondaires principales « [n'était] pas acceptable ». Elle attendait donc des justifications complémentaires.

L'ASN demandait d'abord à EDF de mieux justifier les avantages et inconvénients de la démarche d'exclusion de rupture pour la sûreté et la radioprotection. EDF devait notamment étudier des scénarios accidentels supplémentaires et identifier les dispositions qui permettraient d'en limiter les conséquences. En réponse, EDF a expliqué s'être inspiré d'options retenues à l'étranger pour assurer un meilleur contrôle en service et réduire certaines contraintes mécaniques.

En outre, EDF a étudié deux dispositions permettant de limiter les conséquences d'une rupture sur les lignes vapeurs des circuits secondaires principaux. Il s'agit d'abord de la mise en place, à l'intérieur de l'enceinte du bâtiment réacteur, de dispositifs antifouettement et la séparation des lignes voisines par un voile en béton. Il s'agit ensuite de l'ajout d'exutoires de pression aux bâtiments des auxiliaires de sauvegarde, afin de les préserver en cas de rupture d'une ligne. Une étude complémentaire d'un accident très spécifique sera aussi réalisée.

Conception améliorée et contrôles renforcés

L'ASN demandait aussi des garanties concernant la haute qualité de conception, de fabrication et de suivi en service des tuyauteries.

Concernant la conception et la fabrication des équipements, l'Autorité note que la démarche retenue par EDF est « plus structurée et mieux étayée que celle du réacteur EPR de Flamanville ». De plus, plusieurs éléments, listés dans la note de l'ASN, traduisent la prise en compte du retour d'expérience de Flamanville.

La capacité d'EDF à s'assurer de la mise en œuvre effective du référentiel qualité s'appuie sur « [une révision de] l'organisation du projet (…) EPR 2 et [la définition de] modalités organisationnelles relatives à la gestion des compétences, à la surveillance, à la gestion des écarts ainsi qu'à la gestion et la traçabilité des exigences ». Renforcement des compétences et sensibilisation des équipes, clarté des prescriptions ou encore surveillance renforcée des activités sont autant de mesures prévues pour que la qualité exigée soit au rendez-vous. « Ces évolutions devront être effectivement mises en œuvre, éprouvées quant à leur efficacité et mises sous contrôle par des dispositions adaptées », alerte toutefois l'ASN.

Enfin, le suivi en service des équipements concernés « prévoit davantage de parties d'installation contrôlées, comparativement aux réacteurs d'EDF actuellement en fonctionnement ». L''entreprise prévoit notamment de contrôler la totalité des soudures des tuyauteries soumises au référentiel d'exclusion de rupture. En revanche, l'ASN « considère comme insuffisante [la] proposition concernant les soudures de la partie secondaire des générateurs de vapeur, qui repose sur un contrôle par sondage ».

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