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Accidents industriels : quatre secteurs qui posent problème

Le ministère de la Transition écologique a divulgué les statistiques des accidents dans les installations classées pour 2018. Le secteur des déchets est de nouveau sur la sellette, avec les silos, la pétrochimie et la pyrotechnie.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

Mille trente-six. Tel est le nombre d'incidents et accidents déclarés en 2018 par les exploitants d'installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). Soit un nombre en légère baisse par rapport à l'année précédente, qui en avait compté 1.052.

Plusieurs secteurs industriels voient toutefois le nombre d'accidents graves augmenter. Ce qui préoccupe la direction générale de la prévention des risques (DGPR) chargée de piloter l'inspection des installations classées. Cette direction du ministère de la Transition écologique pointe quatre secteurs qui constituent des "points de vigilance" pour les services de l'Etat.

Une hausse de 250 % pour le secteur des déchets

En tête de liste vient le secteur des déchets, déjà pointé dans le passé comme étant le plus accidentogène. Ce secteur a connu une hausse des accidents de 250 % par rapport à 2014 avec 236 événements déclarés en 2018, révèle la DGPR. Cela a touché les activités portant sur les déchets non dangereux "prises un peu par la panique avec la fermeture des frontières chinoises" et qui ont connu 130 accidents.

Mais aussi celui des déchets dangereux, bien que ceux-ci ne représentent que 3 % des déchets produits en France, avec une quarantaine d'accidents en 2018 contre une vingtaine en 2016. Parmi les facteurs identifiés, le ministère pointe "les pertes de contrôle des procédés liées à des mélanges de déchets incompatibles". Un secteur connaît une hausse encore plus forte, c'est celui des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) avec 20 accidents recensés en 2018, soit trois fois plus que la moyenne des dix années précédentes. La DGPR fait un lien entre cette hausse et l'augmentation des quantités des déchets collectées.

Un deuxième secteur mis sur la sellette est celui des silos, en particulier des céréales, qui ont connu une hausse des incendies et des explosions en 2018. Un relâchement de la sécurité après les campagnes d'inspection menées il y une dizaine d'années ? 2018 a été marquée par plusieurs accidents importants dont l'explosion le 6 juin d'un silo à grains dans la zone portuaire de Strasbourg, qui a mis des fibres d'amiante en suspension. Mais aussi des accidents liés au stockage de produits non autorisés ou inhabituels comme ceux qui se sont produits à Issoudun (Indre) le 16 août ou à Grande-Synthe (Nord) le 28 décembre.

Une rigueur à reconquérir dans la pétrochimie

La pétrochimie est le troisième secteur qui retient l'attention de la DGPR. Ces installations ont connu 62 événements, deux fois plus qu'il y a deux ans. L'analyse des accidents, dont 85 % ont donné lieu à des rejets de matières dangereuses et 15 % à des incendies, met en lumière "des progrès nécessaires, sur certains sites, sur le plan organisationnel et une rigueur à reconquérir s'agissant de la gestion de la sécurité". L'accident survenu le 24 février sur un pipeline de Total dans les Yvelines, qui est relié à la raffinerie de Grandspuits (Seine-et-Marne), a conforté les services du ministère de la Transition écologique de remobiliser les professionnels du secteur sur les questions de sécurité.

Enfin, le secteur de la pyrotechnie a connu une année 2018 "meurtrière", déplore la DGPR, avec 10 accidents dont deux avec décès et trois avec des blessures graves. Les causes ? Les risques associés aux pics de l'activité et l'utilisation mal encadrée de certaines catégories d'explosifs, comme les cartouches de déroctage utilisées dans le secteur du BTP.

Des chiffres qui expliquent certaines des priorités que le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a fixées à l'inspection des ICPE pour l'année 2019. Parmi ces priorités figurent les actions suivantes : inspection des équipements dédiés à la maitrise des risques, contrôle du suivi des équipements sous pression (ESP) sur les sites Seveso, contrôle de la protection contre la corrosion des canalisations de transport de matières dangereuses ou encore contrôle du respect de la réglementation relative au risque incendie dans les installations recevant des déchets….

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