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Agriculture bio : ça chauffe au sujet des serres

L'interprofession doit se prononcer, en juillet, pour ou contre le chauffage des serres en agriculture biologique. Le sujet divise les défenseurs historiques du bio et les nouveaux entrants sur ce marché en pleine croissance.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Au mois de juillet, après deux reports de vote, le Comité national de l'agriculture biologique (Cnab) doit se prononcer sur la question du chauffage des serres en bio. Il s'agit de donner une interprétation française à la réglementation européenne. Interprétation qui n'est pas la même selon les acteurs.

"Le règlement européen n'interdit pas cette pratique, mais il précise néanmoins que les productions hors-saison ne sont pas autorisées en agriculture biologique", explique Jean-Paul Gabillard, secrétaire national légumes de la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab). Même lecture du côté du Gab - Frab, le réseau des agriculteurs bio de Bretagne : "L'analyse réglementaire déjà effectuée par le service juridique de l'Inao [Institut national de l'origine de la qualité] ainsi qu'au sein du Comité national d'agriculture biologique (Cnab), au second semestre 2018, a permis d'établir l'incompatibilité de ces pratiques avec les principes généraux de l'agriculture biologique".

Les défenseurs historiques du bio s'inquiètent de l'arrivée sur le marché de producteurs moins regardants sur l'éthique de l'agriculture biologique : "Des groupes coopératifs veulent se diversifier dans la bio et envisagent de chauffer des serres toute l'année, regrette Jean-Paul Gabillard. A l'heure où on parle d'émissions de gaz à effet de serre, de changement climatique, ca ne va pas dans le bon sens environnemental, ni dans ce que veut le consommateur".

Un arbitrage du ministre de l'Agriculture?

Le sujet est houleux. Aujourd'hui, lors du comité bio de l'interprofession des fruits et légumes (Interfel), la Fnab et la Confédération paysanne ont claqué la porte, soutenus par la fédération des organisations économiques de producteurs 100 % bio (Forebio), le syndicat des transformateurs et distributeurs bio (Synabio) et le réseau Biocoop. La raison ? La nomination d'un co-rapporteur producteur de tomates hors-sol et sous serres chauffées. "Une provocation", s'indigne le représentant de la Fnab.

Le chauffage des serres a, jusque-là, peu été développé en bio, hormis pour la production de plants et à moindre mesure pour la mise hors-gel, explique le Gab - Frab. "Cette pratique, si elle venait à se généraliser, serait préjudiciable à l'ensemble des filières bio et serait de nature à remettre en cause la confiance des consommateurs dans ce label que des producteurs ont mis des années à construire".

De leur côté, les partisans des serres chauffées revendiquent le fait que certains Etats membres le font déjà. Il s'agit principalement des pays d'Europe du Nord, comme les Pays-Bas ou la Belgique.

Quelle interprétation l'emportera ? En l'absence d'accord au sein du Cnab, l'arbitrage reviendra au ministère de l'Agriculture, a priori plutôt ouvert au chauffage des serres en bio.

Réactions4 réactions à cet article

 

"L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu"
Montesquieu

petite bête | 24 mai 2019 à 10h09
 
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Une illustration du paradoxe des religieux du "bio": peut-on se développer par le dénigrement des "autres" en diabolisant le conventionnel et, en même temps, refuser la généralisation de la labellisation "bio" ?
Le comportement sectaire des "historiques" est tout à fait caractérisé. Ou bien tout simplement ont-ils peur pour leurs marges, ce qui est un raisonnement somme toute très conventionnel... ?

Albatros | 06 juin 2019 à 18h12
 
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Après l'huile de palme bio, voici des serres chauffées .... oui mais pour faire du bio, çà change tout!
Encore deux exemples de ce que devient le développement durable ..... où c'est avant tout la durabilité économique qui est privilégiée.
Tout ceci était appelé à être dévoyé un jour ou un autre.
Au consommateur de se faire son bio lui même et de repousser ce business.

nimb | 06 juin 2019 à 22h12
 
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Ceci dit, ne pas confondre bio et développement durable.
"bio" veut bien dire sans pesticides (ou alors "acceptés" officiellement), c'est tout. Peut être un jour l'absurdité du système conduira à vendre des cigarettes bios!

nimb | 06 juin 2019 à 22h15
 
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