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Agriculture : les solutions d'économies d'énergie passées à la loupe

L'énergie est un poste de dépense important pour les agriculteurs, et notamment les produits pétroliers. Une étude, publiée par l'Ademe, évalue le potentiel des différentes solutions d'efficacité énergétique.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

L'Ademe publie, à l'occasion du salon de l'agriculture, une étude sur l'efficacité énergétique dans l'agriculture. "Avec 4,5 millions de tonnes équivalent pétrole par an, la consommation d'énergie finale de l'agriculture représente 3 % de la consommation totale d'énergie de la France et une facture énergétique d'environ 3,2 milliards d'euros", indique l'agence. Le poids énergétique de l'agriculture est bien moins lourd que son poids carbone (20 % des émissions nationales). Cependant, ce poste de dépense pèse dans le budget des agriculteurs. "Avec en moyenne 13.000 € HT en 2015, pour une consommation d'énergie de 14,5 tep/an soit 170 MWh, la facture énergétique constitue une charge économique non négligeable dans les exploitations agricoles". L'étude passe donc en revue les solutions d'efficacité énergétique existantes.

Des solutions organisationnelles et techniques

“De multiples solutions d'économies d'énergie existent pour les différentes productions agricoles. Certaines solutions sont déjà appliquées dans les exploitations, en particulier dans les bâtiments d'élevage et les serres. De nouvelles solutions, dont certaines nécessitent d'être expérimentées et testées, ont un potentiel de diffusion conséquent à terme”, note l'étude.

 
Un bilan énergétique plutôt positif En 2015, les produits pétroliers représentaient 75 % des consommations énergétiques des agriculteurs. Loin devant l'électricité (16 %) et le gaz (6 %). "La part des énergies renouvelables thermiques et des déchets est plus modeste mais en croissance (3 %)", souligne l'étude.

Le séchage des grains et des fourrages, l'irrigation et les travaux agricoles (engins…) représentent des postes importants de consommation.

En parallèle, l'agriculture contribue à 20 % de la production nationale des énergies renouvelables (biocarburants, biomasse…). “Avec une consommation d'énergie finale de près de 4,6 Mtep, le secteur agricole participe autant à la production des énergies renouvelables qu'il consomme d'énergie”, soulignait déjà l'Ademe en 2018 dans une étude sur les énergies renouvelables et l'agriculture.
 

Pour réduire la consommation des carburants, les solutions sont d'abord organisationnelles : amélioration de la connaissance et de la pratique de la conduite des engins agricoles et limitation des déplacements entre le siège de l'exploitation et les parcelles. Les pratiques agricoles doivent également évoluer, en substituant, par exemple les opérations de désherbage avec des tracteurs par du désherbage avec des robots au sein des cultures pérennes (vignes, vergers) ou en limitant le travail du sol (semis direct avec des couverts végétaux, cultures intermédiaires…). Les solutions de substitution d'énergie (électricité ou biogaz) sont au stade de la recherche et développement chez les constructeurs.

Pour l'irrigation, l'utilisation des pivots, du goutte-à-goutte, des outils de pilotage, des rampes traitées ou le changement des pompes permettent d'allier économies d'énergie et d'eau. Pour les serres maraichères et horticoles, “de nombreuses solutions énergétiques sont possibles entre réduction des besoins d'énergie, stockage temporaire d'énergie, déshumidification de l'air par pompe à chaleur, substitution d‘énergie et récupération d'énergie fatale”.

Rendre les solutions économiquement attractives

Un scénario tendanciel, qui porte sur la diffusion des meilleures technologies disponibles, estime que l'agriculture pourrait réduire de 26 % ses consommations d'ici 2050, à production égale. La mise en oeuvre d'un scénario volontariste, basé sur les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), permettrait une réduction de la consommation d'énergie du secteur de 43 % au même horizon et à production égale. "Pour favoriser l'atteinte de ces objectifs de réduction de consommation énergétique en agriculture, il est indispensable d'agir à la fois sur les changements de comportement et sur les équipements”, analyse l'étude. Or, les niveaux des prix actuels de l'énergie ne sont pas forcément incitatifs. Des dispositifs d'aide à l'investissement sont donc encore nécessaires pour rendre ces technologies attractives pour les exploitations agricoles. De plus, “la diffusion des solutions énergétiques à faible impact unitaire impose une massification auprès d'un grand nombre d'agriculteurs”.

Réactions1 réaction à cet article

 

Sauf erreur, labourer comme le fait ce paysan (sur l'illustration) est une c ânerie" ... encore trop fréquente .

Les labours passablement profonds ont détruit la fertilité naturel

Seul des engins agricoles faisant à grande échelle ce que fait la grelinette dans un jardin, ie aérer la couche supérieure, est intelligent,'mais moins intéressant pour le Crédit agricole.

Et ça économiserait beaucoup d'énergie, y compris en fabricant moins de gros tracteurs.

Sagecol | 01 mars 2019 à 10h33
 
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