En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Le nouvel Atlas publié par le PNUE souligne l'impact du changement climatique en Afrique

De la fonte des rares glaciers en passant par la déforestation et la pénurie des réserves d'eau, le nouvel Atlas du PNUE alerte de la vulnérabilité et des effets déjà visibles du changement climatique en Afrique.

Gouvernance  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
A l'occasion de la Conférence Ministérielle Africaine de l'Environnement (CMAE), le programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a publié le 10 juin l'atlas intitulé ''Afrique : Atlas de notre environnement en mutation'', basé sur plus de 300 images satellites de plus de 100 lieux d'Afrique. Ces images, qui couvrent parfois trente ans d'évolution de l'environnement, permettent de mesurer la croissance des villes, l'extension de la pollution et de la déforestation.

Deuxième plus grand continent, l'Afrique représente 20 % des terres mondiales et 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si sa situation économique s'améliore avec une croissance de 2,4 % depuis 2004, la situation environnementale se dégrade dans le continent, souligne le PNUE.

Les photos ''avant'' et ''après'' prises pendant une période de 35 ans, donnent une image frappante de la transformation de l'environnement à travers le continent, indique le Programme.

Fonte des glaciers, déforestation, pénuries d'eau

De la fonte des glaces du Kilimandjaro à l'assèchement du lac Tchad en passant par la chute du niveau des eaux du lac Victoria, les effets des changements climatiques sont déjà particulièrement visibles. Ils touchent également les glaciers des Monts Rwenzori à la frontière de l'Ouganda et de la RDC, qui culminant à 5.109 mètres, ont rétréci de moitié entre 1987 et 2003, affirme le PNUE.

Selon l'Atlas, 300 millions de personnes sont ainsi exposées à des pénuries d'eau en Afrique, et les zones sub-sahariennes concernées par ce phénomène devraient s'étendre d'un tiers d'ici 2050.

Les images montrent également une évolution alarmante de la déforestation, avec le taux le plus élevé au monde. Selon le PNUE, la perte des forêts concerne 35 pays, dont la République Démocratique du Congo, le Malawi, le Nigéria et le Rwanda. Plus de 4 millions d'hectares disparaissent aussi chaque année soit deux fois le taux mondial moyen de déforestation. Le Fynbos, forêt de type méditerranéenne en Afrique-du-Sud, a pratiquement disparu, remplacée par des activités agricoles et la prolifération des banlieues depuis 1978. Une grande partie de la forêt épineuse Malgache du Sud du Madagascar a également disparu entre 1973 et 2003 à cause de l'agriculture et de la collecte du bois de chauffage.

 
Le changement climatique accélère ces problèmes et est susceptible d'augmenter les transformations déjà profondes qui se déroulent dans tout le continent  
 
Cette perte des forêts est suivie de près par la perte de la biodiversité - qui se produit dans 34 pays comme l'Angola, l'Éthiopie, le Gabon et le Mali. La dégradation des terres touche également 32 pays africains dont le Cameroun, l'Érythrée et le Ghana. La désertification frappe quant à elle le Burkina Faso, le Tchad, le Kenya et le Niger. Par ailleurs, certaines régions du continent perdent plus de 50 tonnes métrique de sol par hectare par an. L'Atlas montre en outre que l'érosion et les dommages physiques et chimiques ont dégradé environ 65 % des terres agricoles à travers le continent.

Le changement climatique accélère ces problèmes et est susceptible d'augmenter les transformations déjà profondes qui se déroulent dans tout le continent, prévient le PNUE.

Des signes optimistes de protection de l'environnement

L'Atlas relève toutefois quelques signes optimistes sur la situation de l'environnement en Afrique. Dans de nombreuses régions d'Afrique, les populations ont entrepris des actions. On y trouve plus d'arbres qu'il y a trente ans, des marais s'y sont reconstitués, la dégradation des sols a été arrêtée, souligne Achim Steiner, Sous-Secrétaire général des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE.

Entre 1990 et 2004, certains pays africains ont vu des petites mais prometteuses améliorations environnementales, principalement dans le domaine de l'eau et de l'assainissement. Un projet, en Mauritanie, a permis d'accroître une zone marécageuse et ainsi de mieux contrôler les inondations. L'Afrique compte également plus de 3.000 zones protégées, dont 198 marines, 50 réserves de biosphère et 80 marais d'importance internationale. Le PNUE cite en outre un programme de lutte contre la création excessive de pâturages en Tunisie, qui a permis de préserver un parc national dans le sud-est.

Bien que l'Afrique ne produise que 4% du total mondial des émissions de dioxyde de carbone, ses habitants souffrent des conséquences du changement climatique mondial de manière disproportionnée, indique le PNUE. Achim Steiner souligne la nécessité ''urgente'' pour la communauté internationale de fournir un nouvel accord sur le climat d'ici la réunion de la Convention sur le changement climatique à Copenhague en 2009. Un accord qui non seulement fournit de grandes réductions des émissions, mais aussi accélère le flux de fonds pour l'adaptation et protège les économies contre le climat, a-t-il ajouté.

Notes

1 - L'Atlas

Réactions3 réactions à cet article

 
Aider les victimes du Changement climatique

Les pays occidentaux, émetteurs majoritaires des gaz à effet de serre, sont responsables de l'essentiel du Changement climatique déjà observé, qui se traduit par des conséquences très inégales selon les régions du Monde.
Ainsi certaines populations doivent-elles quitter leurs îles, désormais menacées d'inondations chroniques (réfugiés climatiques du Pacifique sud). Ainsi d'autres doivent-elles abandonner certaines de leurs traditions et changer en profondeur leur mode de vie (Habitants des régions arctiques). Ainsi l'Afrique voit-elle ses ressources en eau menacées et ses zones d'aridité étendues.
Ne serait-il pas juste que les pays responsables de cette situation procurent une aide majeure aux pays victimes, à la fois sur le plan technique et sur le plan financier ? Ce pourrait être une sorte de "fiscalité écologique" à grande échelle...

CHB | 19 juin 2008 à 10h21
 
Signaler un contenu inapproprié
 
bravo

voila quelque chos e de precis et d'interessant

Anonyme | 19 juin 2008 à 15h54
 
Signaler un contenu inapproprié
 
l'impact des changement climatiques au Sénégal

bravo pour cette étude de grande envergure. les changements climatiques affectent toute l'Afrique surtout les régions cotières de l'Afrique de l'Ouest. Au Sénégal le littoral est particulièrement touché. Cela se manifeste par des inondations par une avancée systématique de la mer, destructution des habitats,réchauffement climatique, perturbation des précipitations etc.
Par exemple en mars dernier la mer a envahit la langue de barbarie au nord du pays et des populations se sont retrouvés dehors. A thiawléne aussi à Rufisque dans la capitale,le même fait s'est reproduit en affaissant le mur de protection qui séparait la mer des quartiers environnants. D'autres problémes sont encore répertoriés comme l'érosion cotière la menace sur les corniches.
J'espére que l'Atlas intégre toutes ces informations et encore félicitation pour votre revue.

maryem | 23 juin 2008 à 20h43
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Rachida Boughriet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager