En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Néonicotinoïdes : la filière de la betterave présente un plan pour s'en passer d'ici 2024

L'Inrae et l'Institut technique de la betterave présentent leurs recherches pour trouver, d'ici trois ans, des alternatives aux néonicotinoïdes. La filière pourrait bénéficier d'une dérogation jusqu'en 2024 au grand dam des défenseurs de l'environnement.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com

Alors que l'Assemblée nationale s'apprête à discuter du projet de loi ouvrant la voie à des dérogations sur l'utilisation des pesticides néonicotinoïdes, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) et l'Institut technique de la betterave (ITB) ont présenté, le 22 septembre, le plan de recherche visant à trouver des solutions contre la jaunisse pour la filière des betteraves à sucre. « L'objectif n'est pas de trouver une solution équivalente aux néonicotinoïdes en trois ans. Il s'agit, en mobilisant différents leviers, de proposer des solutions qui permettront de réduire les risques de manière sensible », a expliqué Philippe Mauguin, le PDG de l'Inrae.

 
Pas de dérogation mais des indemnisations ? Les députés du groupe Écologie Démocratie Solidarité ont annoncé qu'ils voteront contre le projet de loi permettant des dérogations à l'interdiction des néonicotinoïdes. Ils s'opposent à un retour des néonicotinoïdes dans les champs, alors que ces substances ont des impacts avérés sur les abeilles, les insectes et les oiseaux des champs. « Le Gouvernement veut faire payer à la biodiversité le manque d'action politique depuis quatre ans », dénonce Matthieu Orphelin.

Plutôt que des dérogations, ils proposent de mettre en place des indemnisations pour les agriculteurs qui subiraient des pertes importantes, le temps de la mise en place d'alternatives. Ils demandent la création d'un mécanisme d'indemnisation basé sur le renforcement du Fonds national agricole de mutualisation du risque sanitaire et environnemental (FMSE). Il s'agirait de doter ce fond de 100 M€ sur trois ans et d'indemniser les agriculteurs ayant des pertes supérieures à 30 %.

Par ailleurs, ils proposent la création d'un dispositif d'assurance récolte publique, auquel les agriculteurs cotiseraient « à un coût inférieur à celui des traitements chimiques », indique Delphine Batho. « Il ne faut pas chercher la sécurité dans la chimie », a ajouté l'ancienne ministre de l'Écologie, soulignant que l'année 2020 était exceptionnelle en termes d'attaques et qu'il était absurde de généraliser le recours aux néonicotinoïdes en prévention pour les trois prochaines années.
 

Pour rappel, en 2020, les cultures de betteraves à sucre ont été infestées par des pucerons verts, porteurs de la jaunisse. Les parcelles les plus touchées pourraient afficher des pertes de rendement de 40 %. Au total, la filière prévoit des pertes de l'ordre de 15 %, contre 0,5 à 0,8 % l'année précédente. Pointant l'absence de solutions opérationnelles contre ces pucerons, elle a donc demandé une dérogation pour utiliser, au cours des trois prochaines saisons culturales, des semences enrobées de néonicotinoïdes. Un appel entendu par le Gouvernement qui a demandé, en contrepartie, à la filière de se mobiliser autour d'un plan pour identifier les solutions alternatives d'ici 2024, date de fin de la dérogation envisagée. Ce plan bénéficiera d'un financement public de 7 millions d'euros sur trois ans.

Pas d'alternative chimique ou non chimique opérationnelle

Depuis deux ans, la filière des betteraves doit se passer des néonicotinoïdes. Si 2019 n'a pas connu de fortes attaques de pucerons, les températures élevées du printemps 2020 ont provoqué de fortes infestations. Les alternatives chimiques à l'imidaclopride, fabriquées à base de lambda-cyhalothrine et de pirimicarbe, se sont révélées inefficaces : « Les pucerons sont devenus résistants », explique Vincent Laudinat, directeur général de l'ITB.

« D'autres produits commerciaux, plus efficaces et surtout plus sélectifs des pucerons sont aujourd'hui utilisés, et notamment le Teppeki (flonicamide) et le Movento (spirotétramate) sur dérogation. Néanmoins, l'utilisation de ces deux substances actives en 2020 n'a pas permis de contrôler suffisamment les populations de pucerons sur l'ensemble du territoire, et elles ne constituent pas une solution durable », indiquent l'Inrae et l'ITB.

D'où une demande de dérogation pour les prochaines saisons culturales, le temps de trouver et de diffuser des solutions alternatives auprès des agriculteurs. « Il y a des voies prometteuses mais, aujourd'hui, il n'y a pas de voie opérationnelle à grande échelle pour une année comme 2020 », souligne Philippe Mauguin.

Agronomie, bioagresseurs et variétés résistantes

Trois pistes sont envisagées par l'Inrae et l'ITB pour lutter contre les pucerons : les variétés résistantes, la régulation biologique et l'agronomie.

Les catalogues de variétés vont être étudiés pour trouver des variétés présentant des caractères de résistance intéressants. Si c'est le cas, l'information pourra être diffusée massivement pour une utilisation à grande échelle d'ici 2023, estime Philippe Mauguin. En parallèle, des recherches de croisement entre variétés sauvages et cultivées sont menées, avec des résultats prometteurs. Ces variétés hybrides pourraient être mises sur le marché, au plus tôt, en 2023.

La filière mise également sur le biocontrôle, et sur une espèce en particulier : l'hyménoptère parasitoïde. Cette micro guêpe pond des œufs à l'intérieur de ses proies. La larve, en se nourrissant des organes de son hôte, entraîne sa mort. Cela permettrait de réduire les populations de pucerons. En parallèle, les recherches porteront sur des plantes compagnes qui émettent des substances répulsives.

Enfin, l'agronomie pourrait avoir un rôle à jouer dans la protection des abeilles et des pollinisateurs, particulièrement touchés par les traitements à base de néonicotinoïdes. L'idée est d'insérer, à proximité des cultures de betteraves, des bandes de plantes mellifères afin d'y attirer les pollinisateurs et de les détourner des parcelles de betteraves. « Nous avons un travail à mener sur le calibrage de ces bandes. Leur superficie est importante, mais leur répartition au sein des cultures l'est aussi », explique Philippe Mauguin de l'Inrae.

Pour tester ces solutions, 500 à 1 000 hectares de cultures betteravières seront mises à disposition de la recherche dans différentes régions.

Réactions25 réactions à cet article

 

les néonicotinoïdes sont l'arbre qui cache le désert !
les sécheresses de plus en plus longues ont des conséquences monstrueuses qui entraînent l’effondrement accéléré des pollinisateurs, des insectes, des oiseaux, impactent l’ensemble du vivant, y compris la santé humaine ! les néonicotinoïdes sont uniquement l'arbre qui cache le désert ... 1.1 millions d'hectares de prairies en Nouvelle Aquitaine avec des haies et des arbres, sans labour et sans pesticide pourtant tous les étés ce sont des cimetières de biodiversité, même les vieux arbres sèchent ...
Une sécheresse c'est juste un manque d'eau l'été, un comble quand on a passé l'hiver les pieds dans l'eau sans faire de réserve ... en France ce sont les écologistes qui s'opposent systématiquement à la construction de réserve et qui vont même jusqu'à en faire détruire .... Cherchez l'erreur !

laurent | 22 septembre 2020 à 16h58
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Le souci est surtout l'arrivée de tournesols après les cultures de betterave ou de maïs, la plante aux 1000 fleurs est un grenier inépuisable pour les abeilles, le colza est moins un problème puisque fleurit en hiver, j'ai jamais vu d'abeilles dans les colzas.
Avant toute chose, interdire le tournesol en région betteravière, ça évite les mélanges.
Reste comme je suppose puisque j'ai vu ça à même 12000 km, les pucerons toujours liés aux fourmis, détruire un nid de fourmis entraine automatiquement la mort des pucerons sans défense, et détruire un nid de fourmis c'est juste la mort de la reine, une goutte suffit.

pemmore | 23 septembre 2020 à 10h55
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Les betteraves... Des cultures hors-sol : les terres sont complètement stériles ! Pour produire une molécule utilisée de façon largement abusive et responsable d'une bonne partie de l'épidémie d'obésité. C'est le modèle agro-alimentaire qu'il faut interroger, pas la betterave seule...

dmg | 23 septembre 2020 à 12h52
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Les réserves, il s'en fait spontanément en hiver quand les précipitations sont normales (et encore mieux lorsqu'elles sont excédentaires) : cela s'appelle les nappes souterraines naturelles, laurent. Et la France a globalement la chance d'en être plutôt bien pourvue, même si des disparités géographiques soient un fait là aussi. La France est donc loin d'être le désert que vous décrivez, même si elle subit elle aussi le plein fouet les effets du dérèglement climatique causé par les activités humaines dictées par les lois de l'ultra libéralisme triomphant.
Cherchez l'erreur...
L'opposition aux retenues artificielles va bien au-delà des seuls cercles des écologistes, sauf à considérer que nombre de fédérations de pêche, de président de tribunaux administratifs mais aussi M et Mme Toulemonde soient des écologistes. Pourquoi pas, après tout, tant la société bouge favorablement à ce sujet ?!
Mais le sujet de l'article est bien celui des néonicotinoïdes, qui pose une foule de questions. Déjà, pourquoi n'a-t-on pas cherché à développer et généraliser plus tôt des alternatives efficaces non toxiques à la chimie agricole alors que certaines sont bien connues ? A-t-on besoin d'autant d'hectares de betterave sucrière, sachant que l'excès de consommation de sucre cause tant de maladies - si ce n'est de morbidité - et de dépenses publiques parfaitement évitables ? Les infestations de pucerons ne sont-elles pas plutôt le signe de graves déséquilibres naturels en secteur agricole intensif ?

Pégase | 23 septembre 2020 à 14h04
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Penmore, trouvez un endroit où on fait du tournesol sur betteraves...

Albatros | 23 septembre 2020 à 15h37
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@pemmore : chez moi les apiculteurs font un maximum de miel avec les champs de colza ...

laurent | 23 septembre 2020 à 16h16
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@

pemmore | 23 septembre 2020 à 20h32
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Cher Pégase,

Il est bien tard, mais il me vient l'envie irrépressible et plaisante de vous répondre, tout en sirotant une bonne tisane d'aubépine délicieusement sucrée.

En bon docteur, vous ordonneriez (au sens de "prescrire") le sauvetage des pucerons de la betterave, au motif que ces innocentes bestioles contribueraient à la meilleure santé des consommateurs, grâce à la moindre production de sucre par pied de betterave qu'ils entraînent: on peut voir ça comme ça, mais est-ce bien sérieux?

En bon ingénieur, vous nous éclairez admirablement sur les nappes aquifères ou phréatiques, dont "la France a la chance d'être bien pourvue". Le Sahara septentrional lui aussi, cher Pégase, est très bien pourvu en aquifères, ce qui ne l'empêche pas d'être actuellement un désert à sa surface (l'aquifère de l'Albien est en effet la plus grande réserve d'eau du monde). Pomper cette eau souterraine (ce que fait la République Algérienne) a ses limites et les sources, puits artésiens et résurgences se tarissent au Sahara, ce qui montre que l'aquifère du Sahara septentrional de tarit progressivement. Cette solution n'est donc pas satisfaisante.
( source: Observatoire du Sahara et du Sahel).

Ce cas de figure pourrait se réaliser en France si les sècheresses estivales devenaient de plus en plus prolongées et chaudes, et ne compter que sur nos nappes phréatiques n'y ferait rien, par insuffisance progressive à pallier le manque chronique d'eau à la surface du sol.

(...)

Euplectes | 24 septembre 2020 à 02h43
 
Signaler un contenu inapproprié
 

(...)

Et nous devrions être d'accord pour dire que le dérèglement climatique est l'aléa majeur qui, s'il se précise et se développe au fil des ans, entraînera la désertification progressive de la France; et pour être à peu près certains que les nappes phréatiques, dont nous sommes bien pourvus nous aussi, seront insuffisantes à contrer ce processus de désertification.

Cher Pégase,j'arrive à ma question: comment, suivant une telle hypothèse, justifiez vous votre opposition farouche à la création de retenues ou de réserves d'eau, alors qu'il nous serait très facile de profiter de l'eau douce excédentaire procurée naturellement par les crues d'hiver et de printemps ?
Quels sont vos arguments ? Biodiversité, alors que le simple effacement d'un seuil en rivière supprime un écosystème ? Les créations de lacs, d'étangs, de milieux humides en lits majeurs, seraient-elles une dégradation de la biodiversité, alors que c'est tout le contraire ? Les paysages en pâtiraient-ils ?

Ou à l'inverse, auriez-vous en tête de priver la nature de ses multiples expressions de la vie animale et végétale, ou d'affamer l'homme en sucre en protégeant les pucerons verts, ou encore en le privant d'eau pour ses cultures vivrières ?

Réprouver la surconsommation, le productivisme: j'approuve. Mais vouloir frustrer la Nature et l'Homme, en les privant l'une et l'autre de bénéficier de certaines des améliorations dont ils se sont dotées au cours des siècles: je désapprouve.

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 24 septembre 2020 à 03h49
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Merci à Euplectes : les nappes phréatiques s'épuisent parce que le cycle des eaux de surfaces est coupé l'été !
La France ne manque pas d'eau, la consommation (potable, industrie et agricole) ne représente que 2.5% des précipitations annuelles, mais juste de réserve. Actuellement les rivières françaises rejettent entre 50 et 70% des précipitations (alors qu'il ne faudrait jamais dépasser les 30% ...) ce qui provoque des inondations, un assèchement mathématique des bassins hydrologiques. Contrairement aux idées reçues les pluies ne viennent pas exclusivement de la mer mais à 70% de l'évapotranspiration et donc des terres, Autrement dit avec 0% d'évaporation on provoque 0% de chance d'avoir des pluies, et au lieu d'évacuer la chaleur on la stocke dans les sols ce qui provoque des canicules et amplifie les effets du dérèglement climatique !

Pendant des millénaires les humains ont construit pour retenir l'eau douce sur les continents, il aura fallu quelques années à l'administration pour détruire le réseau hydrologique français au nom d'une continuité écologique qui n'existe plus puisque le résultat est conforme au plan d’actions : les rivières sont ravagées par des crues de plus en plus fortes et les poissons migrateurs vont apprendre à marcher pour remonter les rivières sèches l’été.. Tous les ans les indemnités sécheresses et inondations nous coutent des milliards (sans parler des vies humaines ... ) alors qu'avec quelques millions on résoudrait les deux problèmes.

laurent | 24 septembre 2020 à 09h33
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Merci à Euplectes : les nappes phréatiques s'épuisent parce que le cycle des eaux de surfaces est coupé l'été !
La France ne manque pas d'eau, la consommation (potable, industrie et agricole) ne représente que 2.5% des précipitations annuelles, mais juste de réserve. Actuellement les rivières françaises rejettent entre 50 et 70% des précipitations (alors qu'il ne faudrait jamais dépasser les 30% ...) ce qui provoque des inondations, un assèchement mathématique des bassins hydrologiques. Contrairement aux idées reçues les pluies ne viennent pas exclusivement de la mer mais à 70% de l'évapotranspiration et donc des terres, Autrement dit avec 0% d'évaporation on provoque 0% de chance d'avoir des pluies, et au lieu d'évacuer la chaleur on la stocke dans les sols ce qui provoque des canicules et amplifie les effets du dérèglement climatique !

Pendant des millénaires les humains ont construit pour retenir l'eau douce sur les continents, il aura fallu quelques années à l'administration pour détruire le réseau hydrologique français au nom d'une continuité écologique qui n'existe plus puisque le résultat est conforme au plan d’actions : les rivières sont ravagées par des crues de plus en plus fortes et les poissons migrateurs vont apprendre à marcher pour remonter les rivières sèches l’été.. Tous les ans les indemnités sécheresses et inondations nous coutent des milliards (sans parler des vies humaines ... ) alors qu'avec quelques millions on résoudrait les deux problèmes.

laurent | 24 septembre 2020 à 10h02
 
Signaler un contenu inapproprié
 

penmore, c'est bizarre de condamner des gens que vous ne connaissez pas sous prétexte "qu'ils gagnent de l'argent".
Renseignez vous sur les cours mondiaux des denrées agricoles et vous verrez que depuis quelques années, ces salauds ne gagnent pas tant d'argent.
Le débat est pauvre, à ce niveau...
Reprenez vous.

Albatros | 24 septembre 2020 à 10h04
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Pegase. Je crois que vous ne voulez pas comprendre. Les retenues d'eau, c'est bien pour pallier ce qu'on ne peut pas puiser naturellement. A moins que vous ne soyiez pas au courant de l'état actuel des nappes.... Même où je vis, en Alsace, où la nappe est à 3 mètres sous terre, dans le Ried, on s'inquiète de la succession de plus en plus fréquente d'étés chauds et de période de renouvellement des nappes de moins en moins productive (moins de pluies, moins de fonte des neiges, etc..). Ici, pas mal de cours d'eau sont à sec, et je ne pense pas que ce soit dû à des déviations, ou leur utilisation pour le maïs. Comme vous le soulignez, le problème des pucerons de la betterave est peut être un symptôme du dérèglement climatique.... mais vous ne semblez pas voir que ce symptôme, que vous relevez pourtant, affecte d'autres aspects, dont la ressource aquifère. C'est pourtant moins préjudiciable de récolter l'eau de pluie pour arroser des surfaces agricoles que de taper dans la nappe, au risque de la "vider" avant l'été, non? Je schématise, certes, mais je ne comprends pas bien cette réticence à réutiliser ce qui tombe du ciel.

nimb | 24 septembre 2020 à 11h02
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Ben dans un département comme le mien aux presque 1000 étangs et il s'en creuse ou construit encore, cette histoire de réserve interdite après été autorisée me surprend, un étang c'est pas une piscine, c'est pas étanche, s'il est non raccordé comme le mien les 3/4 au moins se perd et va rejoindre la nappe phréatique au lieu de partir inutilement en mer, c'est surtout la pression de 2 ou3 m de haut qui va forcer le passage, pas l'eau qui se balade en surface sur un lit de glaise.

pemmore | 24 septembre 2020 à 12h44
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ Euplectes :
je vous cite : "auriez-vous en tête de priver la nature de ses multiples expressions de la vie animale et végétale, ou d'affamer l'homme en sucre en protégeant les pucerons verts" : classique et perfide tentative de déstabilisation de l'adversaire en lui attribuant des propos qu'il ne saurait tenir...
Craignez-vous vraiment que mon dessin soit d'affamer les hommes en les privant de sucre ou redoutez-vous plutôt que mes propos, s'ils s'avèrent par trop partagés, finissent par porter atteinte aux confortables revenus des producteurs intensifs de betterave et, encore plus impardonnable, aux intérêts colossaux des firmes mettant sur le marché les pesticides ?!!!

Visiblement, le sort des humains touchés de plein fouet par les effets délétères de la surconsommation de sucres et de l'exposition aux pesticides ne vous affecte guère.

Pégase | 24 septembre 2020 à 14h13
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ laurent : "les rivières françaises rejettent entre 50 et 70% des précipitations (alors qu'il ne faudrait jamais dépasser les 30% ...)" : pourquoi diable ces cours d'eau ne devraient-ils pas dépasser ce chiffre de 30 % ? D'ailleurs, d'où sort ce ratio ?
Décidément, ces cours d'eau sont bien mal éduqués et le cycle naturel de l'eau bien inconséquent... lol

Pégase | 24 septembre 2020 à 14h15
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ nimb :
je vous cite également : "Comme vous le soulignez, le problème des pucerons de la betterave est peut être un symptôme du dérèglement climatique" : vous m'avez manifestement fort mal lu ! Je vous invite donc à relire mon message dont vous tirez cette citation totalement fausse. Car ce sont des impacts du modèle agricole intensif dont il s'agit, non du dérèglement climatique.
Quant au développement des retenues d'eau pour l'irrigation agricole, il a été démontré en Espagne que cela nuit gravement à la santé des cours d'eau voisins. Mais aussi à toute tentative d'adaptation des pratiques agricoles aux évolutions climatiques et d'attentes sociétales en les figeant dans un modèle dépassé, dispendieux pour la ressource en eau (forte évaporation, viviers larves de moustiques, à cyanobactéries et autres microorganismes pathogènes, etc.) et pour les finances publiques (car une bassine reçoit, outre l'eau du ciel, 70 % de subventions publiques pour sa création : une paille !).
Commencez-vous à comprendre ?

Pégase | 24 septembre 2020 à 14h26
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@pégase : dans un écosystème forestier de feuillus (notre modèle en matière de climat qui a survécu des millions d'années avant l'apparition des humains ... ) la répartition des pluies est la suivante : 10% d'évaporation, 60% d'évapotranspiration et 30% d'infiltrations (ruissellement externe quasi inexistant) !
donc de façon mathématique quand la rivière d'un bassin versant (drainage naturel des sols) rejette plus de 30% des précipitations c'est que la végétation n'aura pas assez d'eau pour entretenir le cycle !
Toutes les données sont accessibles et téléchargeables sur le site vigiecrues.gouv.fr
par exemple : Le bassin versant de la Sèvre Niortaise (au niveau de la Tiffardière) fait 1070km2 et reçoit une moyenne 900 millions de m3 par an, depuis le 18 10 2019 la Sèvre a évacué 683 millions de m3 d'eau douce dans la mer (74% des précipitations annuelles, ) avec 5 périodes d'inondations ...
https://www.vigicrues.gouv.fr/niv3-station.php?CdEntVigiCru=24&CdStationHydro=N430062002&GrdSerie=Q&ZoomInitial=3

laurent | 24 septembre 2020 à 16h02
 
Signaler un contenu inapproprié
 

J'avoue, Pegase, que je ne comprends pas trop votre logique et où vous souhaitez aller. Vous jugez visiblement que le modèle agricole actuel est une gabegie pour tout le monde (l'environnement, la santé, les finances publiques), après tout, je peux partager partiellement ce constat. Et vous prônez une adaptation des pratiques agricoles au dérèglement climatique... pourquoi pas. Mais pour cultiver quoi? Et surtout avec quoi comme substrat et comme eau? Doit-on déjà anticiper la culture des plantes grasses et des cactus à nos latitudes?

nimb | 24 septembre 2020 à 22h02
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Cher Pégase,

Allons! Ne voyez dans mes propos aucune perfide tentative pour vous déstabiliser. Et si je fais de mon mieux pour convaincre les gens de ne pas manger trop de sucres et de graisses, je m'incline devant leur libre-arbitre et devant la liberté qu'ils ont de ne pas m'écouter.

J'aime à dire et redire qu'un débat sur des thèmes de cette importance n'est pas un long fleuve tranquille, où chacun ronronne d'aise en se passant la rhubarbe et en se repassant le séné; et qu'il (le débat) est composé de contradicteurs et non d'adversaires.

Si j'ai pu vous froisser par des propos un tantinet ironiques et frisant la dérision, je vous prie de bien vouloir m' en excuser, car telle n'était pas mon intention.
Cependant, j'aimerais vous dire qu'à force de vous voir ramener et accoler des questions fondamentales (climat, eau, pesticides...) à la propagation d'une doxa anticapitaliste assortie parfois d'une annonciation terrifiante d'apocalypse, il me vient à penser que vous auriez peut-être une visée politique et idéologique derrière la tête ?
Ne soyez dès lors pas ému qu'un débatteur totalement indépendant, apolitique par conséquent, vous adresse à l'occasion quelques "fléchettes" mouchetées, mais agacées.

Puisque vous avez démenti, j'efface votre amalgame entre la "surconsommation de sucres " et la "surproduction de sucre de betterave", et votre habile confusion entre les pesticides reconnus toxiques et ceux qui ne le sont pas.

Bien à vous, sans rancune j'espère.

Euplectes

Euplectes | 24 septembre 2020 à 23h01
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@nimb :
il faut changer de paradigme : "ce n'est pas le climat qui fait la végétation mais la végétation qui fait le climat" !

Dans une forêt de feuillus, 70% des pluies reçues sont consacrées à l'évapotranspiration et donc à l'entretien du cycle, actuellement les rivières françaises rejettent entre 50 et 70% des précipitations ce qui provoque un assèchement mathématique des bassins versants (et des inondations) puisque la végétation n'aura pas suffisamment d'eau pour entretenir le cycle. En France les feuillus évaporent 500mm d'eau (5000m3 à l'hectare) et reçoivent 750mm de pluie, autrement dit : 2 litres d'eau évaporés apportent 3 litres de pluies, le bilan hydrique de la végétation est toujours positif.

Notre environnement est vert parce qu'il pleut et il pleut parce que notre environnement est vert, et à l'inverse : les sols sont secs parce qu'il ne pleut pas et il ne pleut pas parce que les sols sont secs !

c'est la végétation qui protège, nourrit et hydrate les sols; notre modèle étant la forêt de feuillus qui fait énormément de photosynthèse donc produit beaucoup de biomasse (autant en surface qu'en sous-sol ) en alimentant toute la biodiversité (y compris celle des sols).

L'activité humaine qui a déréglé le climat c'est la dévégétalisation des sols l'été, parce qu'on nous a fait croire que l'évapotranspiration était un problème alors que c'est juste LA solution ...

laurent | 28 septembre 2020 à 11h02
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ Euplectes : navré mais je ne me souviens pas d'avoir annoncé sur les fils d'Actu environnement (ou ailleurs) l'Apocalypse, un quelconque Déluge ou l'imminence de la fin des temps. Mais peut-être croyez-vous que cela s'impose, en fait ?
J'assume pleinement, à mon corps défendant, le terme d'adversaire. C'est en effet dans ce rapport de force que se trouve très fréquemment plongé "l'écolo de service" face à des représentants de lobbies (chasse, agriculture, foresterie, EDF, BTP, etc.) qui, au sein de certaines commissions préfectorales ou locales, cherchent par tout moyen à le clouer au pilori au motif que celui-ci a l'audace de demander l'application des lois de protection de la nature, sous l'oeil amusé - si ce n'est goguenard et complice - d'un sous-préfet, d'un DDT ou d'un élu local président de comité Machin (au choix : site Natura 2000, copil de trame verte et bleue, de réserve naturelle régionale, etc.). Les échanges sont alors rugueux et il serait ainsi pour le moins inapproprié de parler de simples contradicteurs... Mais, fort heureusement, vous et moi n'en sommes pas à de pareils rapports.
Tout comme j'assume également d'avoir "une visée politique et idéologique derrière la tête" : oui, j'ai bien une visée politique de l'écologie mais au sens vie de la cité (Politikos) ; l'idéologie suivant - ou précédant - nécessairement. J'ai en effet la vanité de croire cultiver quelques convictions en ce domaine (et d'autres peut-être aussi). Nul n'est parfait en ce bas monde...

Pégase | 28 septembre 2020 à 21h47
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ nimb : je prône à ma modeste mesure, mais comme de plus en plus de gens, de revenir à une agriculture saine et paysanne pour cultiver les variétés les plus adaptées aux conditions locales (et non des cultivars produits à grande échelle sensées pousser à peu près n'importe où du moment que leur sont artificiellement apportés toutes sortes d'intrants exogènes) et élever des races plus rustiques (pas forcément moins productives).
Quant au substrat, la terre arable fait bien au moins 98 % du job, du moment qu'elle n'est pas matraquée par le tassement d'engins de plus en plus lourds, stérilisée par la chimie de synthèse et déstructurée par des labours engendrant semelle de labour, battance et érosion massive à la moindre averse. Avec des sols vivants, riches en matière organique, sains, aérés et décompactés sur de très larges surfaces, une partie conséquente de la question de la gestion de l'eau est ainsi résolue puisqu'ils peuvent ainsi jouer leur rôle d'éponge donc de régulation hydrique.
Tout ça, c'est juste de l'agronomie de base, non ?! Rien de révolutionnaire, guère que du "bon sens paysan" (c'est peut-être bien d'ailleurs qui ne passe pas pour les coopératives - qui n'en ont plus guère que le nom -, les négoces agricoles, les grandes firmes internationales de l'agro-industrie et certains syndicats agricoles...).

Pégase | 28 septembre 2020 à 22h18
 
Signaler un contenu inapproprié
 

L'écologie est souvent le serpent qui se mord la queue.
Comme vous le savez tous, l'urgence est climatique et on doit par tous les moyens réduire notre empreinte carbone
Et l'énergie autre qu'animale utilisée depuis des milliers d'années est hydraulique, ben sur les 3 affluents de la Maine! Mayenne Sarthe et Loir on est en train de détruire tous les moulins soi-disant que ça empêche la remontée des poissons migrateurs.
Au lieu d'équiper ces biefs d'hydroliennes ou raccorder la roue à aubes à un alternateur et disposer d'une énergie régulière 24/24 365 jours par an sans presque sans investissements.
Si on laisse augmenter l'empreinte carbone, risque pas de voir des poissons migrateurs remonter des ruisseaux à sec, la ce sont les pêcheurs qui gagnent, pas l'écologie.
Et si la poiscaille se morfond, c'est pas le cas des oiseaux migrateurs ou ces réserves d'eau font leur bonheur et le notre quand vous avez la chance de tomber dessus.

pemmore | 29 septembre 2020 à 12h57
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@pemmore : on s'est servi du carbone pour vendre des centrales nucléaires ... c'est la France qui a lance les accords de Paris, les COP et le GIEC, avec des climatologues comme Jean Jouzel et Valérie Masson Delmotte financé par le le CEA ...
Même le GIEC l'admet !: le principal gaz à effet de serre c'est la vapeur d'eau (60%) , mais ils sont tous partie du principe que les activités humaines n'impactaient pas le taux de vapeur d'eau ... grave erreur puisque la déforestation et le non respect des saisons par l'agriculture coupe le cycle de l'eau l'été au moment ou on en a le plus besoin !

Sur la planète les saisons chaudes sont humides : plus de chaleur = plus d'évaporation = plus de précipitions, sauf dans les régions sèches (et donc sans végétation) qui connaissent de fortes amplitudes thermiques alors que les zones tempérées sont caractérisées par la présence d'eau ou de végétation.

Sur terre tout est cyclique (rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme), un cycle n'a ni début ni fin mais quand on retire un maillon de la chaine c'est le début de la fin !

laurent | 29 septembre 2020 à 15h27
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager