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Usine Areva de Malvési : l'entreposage des déchets radioactifs n'est qu'une solution temporaire

Le Gouvernement autorise la société Areva à exploiter une installation d'entreposage de déchets radioactifs sur le site de Malvési (Aude). Mais les solutions de gestion définitive de ces déchets restent à trouver.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

Un décret, publié mercredi 22 juillet, autorise la société Areva à créer et exploiter une installation nucléaire de base (INB), dénommée "Ecrin" pour "Entreposage confiné de résidus issus de la conversion", sur le site de son usine de Malvési dans l'Aude. Ce texte officialise l'application de ce régime à deux anciens bassins de décantation de l'usine dans lesquels sont entreposés des résidus de traitement de conversion de l'uranium (RTCU).

Cinq ans pour mettre en service

L'usine de Malvési intervient, depuis 1971, dans l'amont du cycle du combustible nucléaire, rappelle l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Elle procède à la conversion de l'uranium naturel et produit, au cours de ce process, des effluents liquides contenant des boues nitratées chargées en uranium naturel. "Ces effluents sont décantés et évaporés dans des lagunes. La boue est entreposée dans des bassins et le surnageant est évaporé dans des lagunes d'évaporation", explique l'Autorité.

L'usine est classée "Seveso seuil haut", à l'exception de deux bassins d'entreposage des boues dits "B1" et "B2" qui ne sont plus utilisés pour la décantation des effluents liquides depuis la rupture d'une digue en 2004 mais qui contiennent des déchets répertoriés dans l'inventaire national des déchets radioactifs de l'Andra. Ces deux bassins sont censés relever du régime des INB. Par une décision du 22 décembre 2009, l'ASN a demandé à l'exploitant (alors Comurhex, filiale d'Areva) de déposer un dossier de demande d'autorisation au titre de cette législation avant le 31 décembre 2010. Cette demande vient d'aboutir avec la publication du décret d'autorisation de l'installation.

Cette autorisation, dont le projet a reçu un avis favorable de l'ASN le 26 mars dernier, doit permettre de mieux encadrer l'entreposage des déchets du site présentant la radioactivité la plus importante. Areva dispose toutefois de cinq ans pour mettre en service l'installation. Une durée que le Gouvernement a choisi d'allonger de deux ans par rapport à ce qui était prévu dans le projet de décret examiné par l'ASN. Soit potentiellement une durée de plus de dix ans entre la décision de l'ASN demandant le classement et l'entrée en service effective de l'installation.

400.000 m3 autorisés

Les travaux d'aménagement prévus par le décret comprennent la réalisation d'un alvéole sur le bassin B2, son remplissage, puis la pose d'une couverture bitumineuse. Le volume de déchets radioactifs entreposés dans l'installation ne pourra dépasser 400.000 mètres cubes, prévoit le décret. L'inventaire national des déchets radioactifs, publié le 2 juillet dernier par l'Andra, fait pourtant état d'un volume de 690.000 mètres cubes de résidus de traitement de conversion de l'uranium déjà produits par l'usine. A ce volume s'ajouteront les déchets que l'usine continuera à produire, ainsi que les résidus solides issus de la vidange des bassins B5 et B6 de l'établissement.

Se pose donc la question de la destination de ce différentiel de volume. "Le reste des résidus, dont l'activité radiologique est plus faible, continuera à être entreposé dans la partie de l'usine soumise à la législation des installations classées", explique Loïc Tanguy, chef du bureau de la gestion des déchets radioactifs à l'ASN.

A la recherche d'une solution définitive

Mais se pose surtout la question de la destination finale des déchets produits, y compris ceux qui seront entreposés dans la partie classée "INB" de l'usine. L'autorisation est en effet accordée pour une durée de trente ans et prévoit à terme la reprise des déchets contenus dans l'installation. Le décret prévoit que cette reprise est soumise à l'accord préalable de l'ASN : l'exploitant devra déposer un dossier décrivant les opérations de reprise et les mesures de prévention des risques au moins trois ans avant le début de ces opérations.

Mais où les déchets repris seront-ils conduits ? La question demeure en suspens. Le décret impose en effet à l'exploitant la réalisation d'études portant sur la faisabilité de solutions de gestion définitive des déchets à l'issue de leur entreposage. "La filière de gestion ne va pas jusqu'au bout pour ces résidus, confirme Loïc Tanguy, d'où la nécessité de continuer les études et d'entreposer de manière sûre entre-temps".

"Lorsqu'une solution de gestion définitive est disponible (…), l'exploitant prend toute disposition pour procéder à leur évacuation dans les meilleurs délais en tenant compte des contraintes de radioprotection, de transport et des conditions techniques et économiques", prévoit le texte. Reste à Areva à trouver cette solution de gestion définitive.

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