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Biométhane : 10 leviers à actionner pour réduire de 30 % les coûts

Améliorer la productivité des unités de méthanisation, professionnaliser la filière en massifiant les opérations et en les standardisant font partie des actions à mettre en oeuvre pour réduire d'un tiers les coûts de production de biométhane d'ici 2030.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

"Un coût de production du biométhane entre 65€/MWh et 85€/MWh est atteignable dès 2030 sur la base de leviers de compétitivité déjà identifiés, soit une baisse de l'ordre 30 % du coût de production par rapport à la situation actuelle", estime Enea dans une étude. Le cabinet de conseil détaille les dix leviers à actionner pour parvenir à cette baisse des coûts dans la méthanisation. Certaines de ces mesures ont été identifiées dans le cadre du groupe de travail sur le biogaz ou défendues par la filière lors des travaux.

Trois types d'installations, représentatifs de la filière française, ont été étudiés (cf. tableau ci-contre) : une unité agricole autonome, alimentée essentiellement par des effluents agricoles ; une unité agricole territoriale alimentée par des lisiers, fumiers et cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) et une unité industrielle territoriale alimentée par des biodéchets et des intrants agricoles.

Un quatrième cas va être prochainement étudié, celui de "projets de plus grande capacité (supérieure à 300Nm3 /h de production de biométhane) dont les effets d'échelles associés peuvent être l'un des leviers de compétitivité".

Améliorer la qualité des intrants

Les premiers leviers à actionner concernent les intrants, afin d'optimiser le rendement de l'unité de méthanisation. "Une meilleure gestion du stockage des intrants (en particulier des fumiers et lisiers qui perdent de leur pouvoir méthanogène avec un stockage trop long), la sélection d'intrants pertinents (par exemple par le choix de Cive à haut pouvoir méthanogène et leur récolte à un stade pertinent de maturité) ou encore l'amélioration des prétraitements (broyage des pailles, fumiers et Cive à court terme, développement de technologies de pré-traitements enzymatiques ou d'endommagement cellulaires à plus long terme) sont des voies pour optimiser cette production", analyse Enea. Ces bonnes pratiques peuvent entraîner des gains de productivité à court terme, et donc une baisse des coûts, évaluée à 7€/MWh pour l'unité industrielle territoriale. Des activités de recherche fondamentale et appliquée peuvent apporter des gains supplémentaires à moyen et long terme, estime le cabinet de conseil.

Il est également possible de réduire le coût d'approvisionnement en Cive, en augmentant les rendements à l'hectare, en réduisant les coûts des pratiques culturales… "Les bénéfices des Cive pour l'agriculteur (bénéfices pour la culture principale, gestion des intrants chimiques, etc.) et pour l'Etat (réduction des risques de pollutions aquatiques) doivent également être pris en compte dans l‘évaluation économique des Cive et la détermination de leur prix de vente". Gain : 2,1€/MWh.

Optimiser les installations

La deuxième série de leviers vise à optimiser l'unité de méthanisation elle-même. Tout d'abord, en limitant les pertes : "Une part du méthane obtenu en sortie de méthaniseur n'est finalement pas injectée dans les réseaux gaz. Tout d'abord, le maintien en température du digesteur nécessite une consommation de biogaz ou de biométhane. L'investissement dans des équipements améliorant l'isolation des digesteurs et gazomètres et l'efficacité des chaudières permet de limiter cette consommation". Augmenter la disponibilité des équipements et lever les limites de capacités d'injection (en annualisant ces limites plutôt qu'en les mensualisant) permettrait également d'augmenter et de mieux valoriser la production. Les gains sont estimés à 3,1€/MWh.

Standardiser les installations réduirait les coûts de production de 3,6 €/MWh. "La massification de ce secteur et l'acquisition d'expérience dans le contexte français (effet d'échelle chez les fournisseurs, réduction des marges de sécurité excessives sur le dimensionnement des équipements), le développement d'acteurs industriels français, la standardisation autour de quelques typologies types de projets (…) et la structuration des porteurs de projets (groupements d'achat) permettront de réduire significativement les investissements associés au développement d‘unités de biométhane", estime Enea. La filière, encore jeune, doit se professionnaliser et s'industrialiser. Cela permettra également de réduire les coûts du financement, en réduisant les risques.

Le cabinet de conseil préconise aussi de valoriser la durée de vie des installations. "Les coûts de production sont actuellement évalués sur 15 ans. Les unités de production de biométhane sont cependant des actifs à la durée de vie importante qui peuvent être valorisés sur des temps plus longs. Un réinvestissement limité en année 15 permet d'envisager une production sur des durées plus importantes (par exemple 25 ans) et donc de valoriser davantage l'investissement initial et de réduire le coût global de production", souligne-t-il. Enfin, il est possible de réduire les coûts de raccordement et d'injection.

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