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COP 24 : le dialogue de Talanoa débouche sur un appel vague et consensuel

Pour l'instant, le dialogue de Talanoa s'est contenté de rappeler des faits bien connus : la communauté internationale accumule les retards, alors qu'elle devrait agir vite et de concert pour limiter les changements climatiques.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Mardi 11 et mercredi 12 décembre, les 148 représentants des Etats se sont répartis dans 21 sessions organisées dans le cadre de la phase politique du dialogue de Talanoa initié l'an dernier, lors de la COP 23 présidée par Fidji. A l'issue de ces deux journées d'échanges, un document de deux pages, intitulé Talanoa Call for Action, a été présenté. Il doit permettre de donner des signaux clairs dans la perspective d'un relèvement des engagements pris jusqu'à maintenant par les Etats qui ont ratifié l'Accord le Paris. Force est de constater que cet appel reste vague et se limite à des consensus bien établis.

Un consensus global

Le dispositif proposé l'an dernier par la présidence fidjienne de la COP 23 doit permettre de dresser un bilan global des efforts réalisés pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris et inciter les Etats à relever leur contribution nationale (NDC) dès l'an prochain. Trois questions sont posées : Où en est l'action collective contre les changements climatiques ? Où souhaitons-nous aller ? Comment souhaitons-nous y aller ?

En introduction de la phase politique de ce dialogue, le président du Giec a une nouvelle fois présenté les conclusions du rapport spécial sur la limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à 1,5°C. Il a pointé l'urgence à agir et la nécessaire transition sans précédent vers des sociétés décarbonées. Par ailleurs, des bilans sur le financement de la lutte contre les changements climatiques et sur les efforts mis en œuvre d'ici 2020 pour lutter contre ces changements ont aussi été dressés. Les ministres et autres intervenants ont ensuite présentés leur récit pour illustrer leur vision de la transition. La Pologne a ainsi mis en avant les investissements réalisés dans des transports publics et dans les technologies de chauffage domestique.

Le dialogue a été une opportunité pour les négociateurs de se détourner des habituelles questions politiques et juridiques pour s'intéresser aux initiatives concrètes, se sont félicités les participants. A l'issue du dialogue, Michał Kurtyka, le président de la COP 24, a évoqué "un consensus global". Cette formule floue a fait l'objet d'une explication de texte de la part du secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc) : il s'agit d'un consensus sur la manière dont on peut lutter contre les changements climatiques et se prémunir de leurs impacts. Il faut dorénavant que ces solutions soient portées par les dirigeants politiques et rapidement mises en œuvre.

Une compilation de faits bien connus

Quant aux trois questions posées par le dialogue, elles ne trouvent pas de réponse concrète dans le Talanoa Call for Action. Où en sommes-nous ? "L'action pour le climat s'accélère, mais elle n'atteint pas la vitesse et l'ampleur dont nous avons besoin", constate le document. Il rappelle aussi que l'action pré-2020 est essentielle pour atteindre les objectifs de long terme de l'Accord de Paris. Pour autant, il constate que les émissions de CO2 continuent de croître et que le fossé ne cesse de s'agrandir entre la réalité et l'objectif de l'accord de Paris de maintenir bien en deçà de 2°C la hausse des températures. Quant à la fenêtre d'action dont nous disposons pour corriger le tir, elle se "referme rapidement", explique le document.

Autant de constats qui ne sont que des reprises de faits connus de longue date… Quant à s'avoir où souhaitent aller les Etats, le document n'apporte pas de réponse nouvelle : "Nous devons atteindre les objectifs de l'accord de Paris" et "réaliser une transformation juste vers un monde meilleur". Pour y parvenir, il faut "libérer le plein potentiel de la technologie", "faire preuve d'un leadership fort" et "agir ensemble". Là encore, le Talanoa Call for Action se contente de solutions bien connues, mais bien peu mises en œuvre.

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