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COP 24 : des négociations pour concrétiser l'Accord de Paris

L'Accord de Paris est à un moment charnière. A un an de son entrée en vigueur, la communauté internationale doit fixer le détail de sa mise en oeuvre et préparer le renforcement des engagements attendus d'ici 2020.

Gouvernance  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
COP 24 : des négociations pour concrétiser l'Accord de Paris

Du 2 au 14 décembre 2018, se tiendra à Katowice (Pologne) la 24ième conférence des parties (COP 24) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc). Les négociateurs tiendront surtout la troisième session de la conférence des parties à l'Accord de Paris. L'agenda est clair : les diplomates devront fixer les règles de mise en oeuvre (le rulebook) de l'Accord de Paris. En outre, se tiendra le dialogue de Talanoa, un moment clé pour la révision à la hausse des engagements des Etats. A ces sujets, la présidence polonaise a ajouté l'adoption d'une déclaration sur la "transition juste" qui abordera le lien entre justice sociale et transition énergétique. Autant de sujets qui font de cette COP "un test", estime Lucile Dufour, du Réseau Action Climat (RAC), qui attend "un résultat clair".

Rendre opérationnels les principes de l'Accord

En 2015, la conférence de Paris (COP 21) a abouti à un accord qui, pour la première fois, engage l'ensemble des pays membres de la Ccnucc à agir collectivement pour lutter contre les changements climatiques et s'adapter à leurs conséquences. Le texte fixe deux grands objectifs. Il vise d'abord à maintenir l'augmentation de la température mondiale "bien en dessous de 2°C", voire en dessous de 1,5°C, par rapport au niveau préindustriel. Il prévoit aussi de parvenir à un équilibre entre les émissions et les absorptions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) au cours de la deuxième moitié du siècle. Cet équilibre entre sources et puits s'apparente à un objectif de neutralité carbone.

Pour autant, l'Accord ne fixe que de grands principes pour atteindre ces objectifs. Il impose en particulier de revoir à la hausse les engagements nationaux (les Nationally Determined Contributions (NDC) tous les cinq ans. Pour cela, il s'appuie sur un bilan régulier de l'action collective. Ce cadre général doit maintenant être finalisé avec l'adoption de règles opérationnelles qui encadrent ce travail d'évaluation et de révision des NDC. Ce sera le cas si à Katowice les diplomates adoptent le rulebook.

Dialoguer pour préparer 2020

La communauté internationale prépare aussi l'échéance de 2020, lorsque l'Accord de Paris entrera en vigueur. C'est à cette occasion qu'est attendue la première révision des engagements nationaux pris en 2015, en amont de la conférence de Paris.

Le "rapport 1,5°C" du Giec est clair", rappelle Olivier Fontan. Au rythme actuel, nous aurons consommé "en douze à quinze ans" le budget carbone permettant de limiter la hausse des températures à 1,5°C. Le diplomate du ministère des Affaires étrangères estime donc qu'"il est impensable que les Etats ne revoient pas l'ambition à la hausse entre 2015 et 2025". Pour y parvenir, "il faut utiliser les deux années entre 2018 et 2020 pour retrouver la dynamique qu'on avait au moment de la conférence de Paris", résume Michel Colombier, directeur scientifique de l'Iddri. Les négociateurs ont donc engagé l'an dernier un dialogue de facilitation sur deux ans. A Katowice, ce processus, proposé par la présidence fidjienne de la COP 23 et appelé "dialogue de Talanoa", entrera dans sa phase politique.

Justice sociale et transition énergétique

A cet agenda officiel, s'ajoute un sujet cher aux Polonais : la "transition juste". La présidence de la COP travaille sur une déclaration qu'elle veut voir adopter officiellement par la communauté internationale. Le texte abordera les questions sociales générées par la transition énergétique, qu'il s'agisse de reconvertir d'importants secteurs économiques (comme le secteur charbonnier) ou de prendre en compte l'impact social de la taxation du carbone.

Enfin, la question du financement de la réduction des émissions de CO2 et de l'adaptation aux impacts des changements climatiques devrait encore susciter de nombreux débats. Le sujet est récurrent, en particulier depuis la COP 15 de Copenhague (Danemark). En 2009, les pays développés avaient pris l'engagement de consacrer, à partir de 2020, 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement. A un an de l'échéance, et après neuf ans de discussions, la mise en oeuvre de cet engagement reste floue. Le sujet pourrait une nouvelle fois être source de tension, tant les pays les plus vulnérables expriment leur impatience.

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