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La Chine espère renverser les leaders mondiaux de l'automobile avec ses véhicules électriques

La Chine est le premier marché mondial pour les voitures électriques. Les autorités entendent imposer l'électrification des voitures à l'ensemble des constructeurs et espèrent qu'un Chinois sera le futur leader mondial du véhicule électrique.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Dans une étude publiée à quelques jours de l'ouverture du Mondial de l'Automobile, France Stratégie estime que l'avenir des constructeurs sera probablement déterminé par l'électrification du parc chinois. La Chine est d'ores et déjà le leader mondial du véhicule électrique et entend accentuer son avance dans les années à venir. "Compte tenu du gigantisme du marché intérieur, la politique chinoise [en matière de voiture électrique] pourrait bien contraindre les constructeurs occidentaux à revoir leur positionnement, d'abord sur le marché chinois, et sans doute à terme sur l'échiquier mondial".

Impasse sur le thermique

Le constat est édifiant : en dix ans, la production chinoise de voitures électriques est passée d'"une poignée" à près de 800.000 en 2017 et probablement plus d'un million en 2018. En subventionnant l'achat, en encourageant les alliances sino-occidentales et en usant du protectionnisme, le pays a conquis "une bonne moitié des ventes mondiales". Surtout, la Chine immatricule plus de voitures électriques que les sept pays suivants réunis… L'Empire du Milieu vise maintenant 2 millions de véhicules électriques vendus en 2020, 7 millions en 2025 et 16 millions en 2030.

Ce développement exponentiel a permis l'émergence d'acteurs locaux couvrant l'ensemble des activités liées aux véhicules électriques. Le pays "pourrait devenir le leader mondial", avertit France Stratégie. Pour les autorités de Pékin, "la mobilité électrique, qui remet tous les constructeurs automobiles sur un pied d'égalité, offre de fait l'occasion de prendre un raccourci technologique, en faisant l'impasse sur le thermique". La Chine espère ainsi "doubler les concurrents en « coupant le virage »", résume l'étude.

Tournant stratégique

A ce stade, la chine domine déjà le secteur clé des batteries. Ce secteur a longtemps été dominé par les Sud-Coréens (LG Chem, SK-Innovation) et le japonais Panasonic. Mais "les Chinois ont mis les bouchées doubles" : le chinois CATL est devenu le premier fabricant mondial et sept Chinois figurent parmi les dix premiers. Le pays contrôle aujourd'hui 60% du marché mondial. Seul bémol, "certains observateurs émettent des doutes sur la qualité de leur technologie". Mais, BMW a retenu CATL pour sa future usine à Erfut (Allemagne), montrant que la technologie chinoise est au moins très proche de celles de ses concurrents.

Désormais, la Chine s'apprête à opérer "un tournant stratégique". "Si la première phase a donné naissance à des champions nationaux, la seconde pourrait fournir l'environnement nécessaire à l'émergence d'un champion mondial." Ce tournant passe tout d'abord par la fin programmée à 2020 des aides financières à l'achat. Les constructeurs devront donc fournir des véhicules compétitifs par rapport aux thermiques. Conséquence : ils vont resserrer leurs prix et les moins compétitifs disparaîtront. L'argent public ainsi économisé (plusieurs milliards d'euros par an pour un marché dépassant le million d'unité) pourra être consacré aux infrastructures de recharge.

Double score

A cela s'ajoute surtout la politique du "double score". A partir de 2019, chaque constructeur présent en Chine devra respecter deux quotas : une proportion minimum de véhicules électriques et un critère d'émissions de CO2. Ainsi, dès 2019, les constructeurs devront produire des voitures électriques à hauteur de 10% de leurs ventes de voitures thermiques. En 2020, ce quota passe à 12%. Ce système s'appuie sur une comptabilité complexe, qui varie selon les caractéristiques des voitures. Les entreprises qui n'atteignent pas leur quota, pourront racheter des crédits à ceux qui dépasse le leur. Les contrevenants recevront des pénalités, ou seront contraints d'arrêter la production de leurs modèles les plus polluants.

France Stratégie estime que les géants mondiaux "seront obligés de réorienter leur production vers les véhicules électriques". Faute de prendre le virage de l'électrique, ils devront, à terme, "abandonner l'immense marché chinois à leurs concurrents plus habiles, et par la même occasion de se trouver marginalisés sur le marché mondial". En outre, la Chine va lever progressivement les obstacles aux investissements étrangers. Tesla a déjà signé un accord pour produire 500.000 voitures à proximité de Shanghai. Volkswagen s'apprête à investir 15 milliards d'euros d'ici 2022, pour produire quatre modèles. L'entreprises vise 1,5 million de voitures électriques en 2025.

De leur côté, les autorités chinoises misent sur les start-up locales qui investissent "des sommes considérables". "L'une d'entre elles, NIO par exemple, pourrait bien dans dix ou vingt ans devenir un acteur majeur de l'industrie automobile mondiale", prévient France Stratégie.

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