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Jacques Chirac lance l'Appel de Paris contre la crise écologique

La Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale ''Citoyens de la terre'' voulue par le président de la République, s'est achevée le 3 février dernier par l'Appel de Paris lancé contre la crise écologique.

Gouvernance  |    |  Françoise Ascher  |  Actu-Environnement.com
   
Jacques Chirac lance l'Appel de Paris contre la crise écologique
   
La Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale ''Citoyens de la terre'' voulue par le président de la République, s'est achevée le 3 février dernier par l'Appel de Paris lancé contre la crise écologique, en écho aux débats des six ateliers déroulés la veille et destinés à donner du sens à cette gouvernance.

Nous nous engageons à mettre la préoccupation de l'environnement au centre de nos décisions, et à prendre les mesures qui s'imposent pour conjurer des périls qui menacent la survie même de l'Humanité, en particulier celui du changement climatique, a déclaré le président de la République, appelant solennellement à une vaste mobilisation internationale en conclusion des travaux de cette Conférence de Paris. Il est temps d'admettre que nous sommes parvenus au seuil de l'irréversible, et que nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre, a-t-il poursuivi.

Après Rio, Johannesburg, Montréal et Kyoto, il a exhorté tous les Etats à rejoindre ce combat et à aller beaucoup plus loin, de façon plus efficace, plus rapide, plus cohérente et plus ambitieuse, les engageant à faire progresser la prise de conscience aux niveaux local, national et international. Dans ce cadre, il a aussi proposé d'adopter une Déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux, en précisant que cette charte commune doit garantir aux générations futures un nouveau droit de l'homme à un environnement sain et préservé.

À travers cet Appel, l'engagement est notamment pris de choisir une autre croissance et une économie au service du développement durable, intégrant les coûts liés à la préservation de l'environnement dans nos systèmes économiques. Dans cette responsabilité collective, l'effort doit être équitablement partagé entre les pays les plus riches, les pays émergents et les pays les moins avancés, a insisté Jacques Chirac, prônant la mise en œuvre de mécanismes de financements innovants pour aider les pays les plus pauvres à s'adapter. Et de suggérer une taxation fondée sur l'augmentation de la richesse mondiale ou sur celle du commerce international, afin de tripler l'aide publique à ces pays en développement.

Parlant du projet de transformer le Programme des Nations Unies pour l'Environnement en une véritable Organisation internationale à composition universelle à l'image de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le président de la République a tenu à en indiquer les contours. Cette ONUE doit être un instrument pour évaluer les dommages écologiques, comprendre comment y remédier, promouvoir les technologies et les comportements les plus respectueux des écosystèmes, et soutenir la mise en œuvre des décisions environnementales à travers la planète, a-t-il indiqué.

Le 1er débat consacré à ''La lutte contre le dérèglement climatique'' a d'ores et déjà permis d'identifier des moyens d'atteindre les objectifs fixés par les scientifiques à travers le 4ème Rapport du GIEC(1) rendu public la veille. Citons la recherche et le développement de technologies sobres en CO2, de systèmes de captage et de stockage du co2, leur transfert aux pays en développement moyennant des mesures de financement adaptées, et l'utilisation du marché du carbone à l'échelle mondiale (système d'achat des droits d'émission).

Le 2ème atelier intitulé ''Agir ensemble pour la biodiversité'', a souligné le peu de connaissance sur la biosphère et la biologie de notre planète(2). Les remèdes proposés ? L'urgence d'agir ensemble en articulant la gouvernance locale et internationale, et de construire un système de suivi et d'information mobilisant l'expertise mondiale scientifique sur ce thème. Ont été mis en évidence les interactions entre la biodiversité, les autres enjeux écologiques (climat, eau, pollutions, modes de consommation) et les dimensions sociales et économiques (alimentation, pharmacie, tourisme, chimie, lutte contre la pauvreté, protection de la santé, etc). Et donc, les besoins d'une éducation à ces valeurs et d'une vision commune pour l'action.

Objet du 3ème débat, ''Combattre les pollutions et préserver la santé'', a mis l'accent sur les pollutions atmosphériques, les transferts de déchets et de produits dangereux - qui ignorent les frontières des Etats et ont des conséquences considérables sur les chaînes alimentaires, la biodiversité et la santé humaine - ainsi que sur les liens avec les problèmes environnementaux, notamment le changement climatique. Parmi les actions proposées, figurent une information claire au public et aux gouvernements, des stratégies partagées et des règles de bonnes pratiques tenant compte du degré d'acceptation. Autant de défis qui passent par la mise en place de programmes d'incitation coordonnés pour les résoudre (notamment en matière de transport), et l'application du principe pollueur payeur, etc.

Le 4ème débat ''Faire de l'eau un enjeu partagé'' a souligné le lien de plus en plus étroit entre la gestion de l'eau et la diversité biologique, ainsi que ses conséquences en termes de coûts pour protéger les populations ou leurs déplacements. Ont été suggérés l'adaptation de cette gestion au changement climatique, l'accès pour tous à l'assainissement, la collecte et le traitement des rejets urbains. En effet, “les bénéfices économiques et pour la santé humaine s'avèrent très nettement supérieurs aux coûts des investissements et de la maintenance nécessaires” ! Ici encore, se sont imposés une gestion intégrée, le partage de l'information, l'association des pouvoirs publics et de l'ensemble des parties prenantes dans le cadre d'instances de bassin ou de commissions internationales, ainsi que la nécessité d'anticiper à 30 ans.

Le 5ème atelier sur ''Inventer la croissance écologique : le changement des mentalités, des modes de production et de consommation'', implique de repenser notre mode de croissance, à changer les comportements individuels et collectifs y compris en terme d'achat, et à trouver d'autres modes de gouvernance intégrant les atteintes à l'environnement, tant au niveau local, national et international. Les pistes : un rôle plus actif et responsable des citoyens et des élus, des modes de productions plus durables (réduire, réutiliser, recycler), une diminution de l'intensité énergétique, un commerce équitable, le partenariat avec les ONGs, l'intégration progressive des coûts environnementaux dans les prix des produits, etc. La condition ? Une société ne se mobilise que si elle pense disposer des solutions , a résumé Hubert Védrine, co-président de cet atelier !

Enfin, le 6ème atelier ''Pour le renforcement de la gouvernance internationale de l'environnement'' a consacré l'initiative d'une ONUE et le leadership de Jacques Chirac pour mobiliser la communauté internationale. Mais cette Institution ne peut se construire sans le cœur des individus , a souligné Sunita Narain, directrice du Centre pour la science et l'environnement, et co-présidente de cet atelier. Elle doit trouver un équilibre entre le besoin de se développer et la gestion de l'environnement, et se fonder, non pas uniquement sur des impératifs de marché, mais sur un principe d'équité et de partenariat nord-sud. Autrement dit, ne pas constituer une énième organisation bureaucratique, ni une excuse pour ne rien faire !

Nous nous réjouissons de la proposition du Maroc d'accueillir la première réunion du groupe pionnier des “amis de l'Organisation des Nations Unies pour l'Environnement , a ponctué le président de la République. Soit pour plus de 40 pays ayant déjà répondu présent, la mission de donner une âme à ce nouvel instrument institutionnel de gouvernance internationale, en énonçant ses valeurs et les buts poursuivis, puis en clarifiant ses fonctions.

1/Groupe intergouvernemantal sur l'évolution du climat.
Les chiffres-clés :
. La température moyenne de la terre s'est élevée de 0,6°C au 20e siècle et devrait croître de 1,4 à 5,8°C d'ici la fin de ce siècle.
. La concentration de CO2 dans l'atmosphère a déjà augmenté de 40 % au cours du 20e siècle et continue de croître à raison de 2 à 3 ppm par an.
. Les conséquences du réchauffement pourraient provoquer la migration de plus de 200 millions de personnes.
2/Le contexte en terme de biodiversité :
. 60 % des écosystèmes sont exploités au-delà de leur capacité.
. 1 espèce végétale sur 6, 1 espèce de mammifères sur 4, 1 espèce d'oiseaux sur 8 sont actuellement considérées comme menacées d'extinction dans le monde.
. Près de 30 000 espèces vivantes, terrestres ou marines, disparaissent chaque année. À ce rythme, 50 % des espèces pourraient disparaître d'ici 2100.

Réactions1 réaction à cet article

 
en tant que simple citoyenne de la terre,

Je propose que les gouvernants de tous les pays qui se sentent responsables commencent à donner l'exemple: les paroles les engagements, je n'y crois plus. Les mentalitées doivent changer, cela est sûr!.
Nous sommes plus qu'au seuil de l'irreversible !.
Quand je ne verrais plus tous les mois les 3kg de prostectus dans ma boîte aux lettre, peut être pourrai-je me dire: les conciences avancent, mais c'est loin d'être le cas.
Et c'est pas avec la création d'une ONU "environnement" que vous allez réduire les depenses,c'est mme tout le contraire.*
Les taxes decii et dela que le simple citoyen paye déjà, on sait déjà pas ou il va.
Il serait judicieux que ces reunions Internationales qui par ailleurs font déplacer des centaines de milliers de personnes sur la planete qui se pretendent "ecolo" mais qui ne prend pas en compte leurs propres gaspillages en CO2 au cours de ces déplacements aériens de longue distance,
Par ailleurs,connaissant de ce qu'il en résulte, je propose que ces discutions et ces affrontements et débats soit traité à travers les outils informatiques dont nous disposont webcam...ect et retranmis à la télevision afin que tous citoyens puisent en débattre et être informés.Les avis des scientifiques sont occultés ou sont frlleux, on ne les entend par débattre, ils devraient tout de mêmme avoir obligeance de prendre leurs responsabilité au debat et pas simplement demander des credits.
Cela aurait plusieurs impacts, celui de diminuer les gaz à effet de serre, de réduire les dépenses des ETATS et aussi de limiter les affontements bruteaux et mortels au cours des manifestations entre opposant de toutes sortes......qui n'ont pas encore réalisés que nous sommes tous dans la mêmm galère que nous soyons riche pauvre malades ou bien portant.
Depuis des decennies on nous bassine avec la solidarite entre les peuples à ce jour les pays pauvres sont de plus en plus pauvres les pays riches ne faisant déjà plus aucun efforts avec leurs pauvres j'ai envie de dire et je dis "arrêtez de nous prendre pour des boeufs".

Michele | 09 février 2007 à 13h33
 
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